Le Canada demande à utiliser l’espace aérien d’Oman pour évacuer ses citoyens du Moyen-Orient
Auteur: Simon Kabbaj
Le Canada se prépare au pire au Moyen-Orient

Face à l’escalade de la guerre entre l’Iran, Israël et les États-Unis, le Canada prend des mesures préventives pour ses ressortissants. La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a annoncé mardi avoir contacté le Sultanat d’Oman pour solliciter l’accès à son espace aérien « si nécessaire ». L’objectif : organiser une éventuelle évacuation ou porter assistance aux quelque 100 000 Canadiens présents dans la région.
Cette démarche s’inscrit dans un effort diplomatique intense mené tout au long du week-end. « Notre priorité absolue en ce moment, ce sont les 100 000 Canadiens qui se trouvent dans la région. J’ai été au téléphone avec les ministres des Affaires étrangères des pays du Golfe et du Moyen-Orient tout le week-end », a déclaré la ministre. Le gouvernement travaille activement pour « s’assurer qu’il existe des possibilités pour les Canadiens d’avoir du soutien dans ces pays ».
Un avertissement clair : ne comptez pas sur le gouvernement

Le message des autorités canadiennes est sans ambiguïté. Les Canadiens se trouvant au Moyen-Orient sont invités à préparer des plans d’urgence qui « ne dépendent pas » de l’aide du gouvernement du Canada. Le ministère des Affaires mondiales Canada (AMC) a précisé mardi que près de 97 000 citoyens canadiens et résidents permanents étaient officiellement enregistrés dans la région, un chiffre probablement inférieur à la réalité, l’inscription étant volontaire. L’Iran compte à lui seul près de 3 000 inscrits, tandis que les Émirats arabes unis en recensent le plus grand nombre, avec 24 594.
Le gouvernement conseille d' »éviter tout voyage » à Bahreïn, en Iran, en Irak, en Israël et dans les territoires palestiniens, au Koweït, au Liban, au Qatar, en Syrie, aux Émirats arabes unis et au Yémen. Il recommande également d’éviter les voyages non essentiels en Jordanie, à Oman et en Arabie saoudite. « Notre capacité à fournir des services consulaires aux Canadiens lors d’un conflit actif est limitée, la priorité étant donnée à la fourniture de services essentiels tels que le traitement des documents de voyage », a prévenu AMC. Le ministère a toutefois assuré qu’il partagerait des informations avec les Canadiens enregistrés dès que des options de transport aérien ou terrestre seraient disponibles. Mardi, aucun Canadien n’avait été signalé comme blessé ou tué.
La ministre Anand a souligné la complexité de la situation : « Il y a de très, très nombreuses couches dans notre politique étrangère vis-à-vis de cette guerre, et l’une de ces couches concerne la protection des civils et l’assistance aux citoyens canadiens eux-mêmes, à qui l’on conseille de se mettre à l’abri ». Concernant Oman, elle a précisé que le pays disposait mardi matin d’un « espace aérien qui est encore viable ». C’est dans ce contexte qu’elle a formulé sa demande : « J’ai demandé l’utilisation de cet espace aérien, si nécessaire, pour que les citoyens canadiens puissent sortir ».
Perturbations aériennes et réorganisation des vols

La riposte de l’Iran aux attaques américaines et israéliennes a semé le chaos dans le ciel mondial, laissant des dizaines de milliers de personnes bloquées à travers le Moyen-Orient. La compagnie Air Canada a réagi en annulant ses vols vers Israël et Dubaï jusqu’au 22 mars, avec une reprise prévue pour le 23 mars. « Nous surveillons la situation et ajusterons notre programme en conséquence », a communiqué la compagnie aérienne.
Pour offrir des alternatives aux passagers touchés par ces perturbations, Air Canada a annoncé des mesures spécifiques. La compagnie a temporairement augmenté la fréquence de ses vols directs entre Toronto et New Delhi. De plus, elle utilise des avions plus grands sur certains vols reliant Toronto, Londres et Mumbai afin de « fournir des options d’itinéraire » aux voyageurs.
L’Europe se mobilise : l’Autriche et la Lituanie en action
Face à la crise, plusieurs pays européens et asiatiques ont déjà commencé à évacuer leurs citoyens des régions touchées. La ministre autrichienne des Affaires étrangères, Beate Meinl-Reisinger, a annoncé qu’un vol de rapatriement pour les Autrichiens décollerait mercredi de Mascate, la capitale d’Oman. Elle a précisé qu’un premier vol d’évacuation, transportant des « personnes particulièrement vulnérables », avait déjà eu lieu dimanche. Les autorités estiment que près de 18 000 citoyens autrichiens sont enregistrés dans la région.
De son côté, la Lituanie n’est pas en reste. La Première ministre Inga Ruginiene a également déclaré que son pays commencerait l’évacuation des « groupes les plus vulnérables de citoyens lituaniens » depuis les Émirats arabes unis et d’autres États voisins.
La Pologne et la Corée du Sud organisent le retour de leurs ressortissants

Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a affirmé mardi que la Pologne avait préparé des avions en vue d’une évacuation si la situation dans la région venait à se détériorer. Il a estimé qu’il y avait 14 000 citoyens polonais aux Émirats arabes unis, et un total de 400 000 ressortissants de l’Union européenne dans ce seul pays. M. Tusk a ajouté que plus de 480 citoyens polonais avaient déjà réussi à quitter Israël, la Jordanie et le Liban.
La Corée du Sud a également mené des opérations concrètes. Les autorités sud-coréennes ont indiqué avoir évacué 62 de leurs ressortissants d’Israël vers l’Égypte par bus. Cette opération fait suite à une évacuation antérieure de 23 Coréens depuis l’Iran. Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a précisé mardi avoir aussi évacué d’Israël quatre Américains d’origine coréenne.
La Thaïlande face à un défi logistique majeur

Avec une large diaspora dans la région, la Thaïlande a mis en place un plan d’évacuation d’envergure. Le pays va rapatrier 300 de ses ressortissants d’Iran, y compris ses diplomates, par voie terrestre via la Turquie. Le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, a déclaré mardi que les évacués devraient être transportés vers une ville frontalière en Turquie dès que possible, avant de prendre un vol pour la Thaïlande.
Les chiffres illustrent l’ampleur du défi pour Bangkok. Les responsables thaïlandais ont indiqué qu’environ 100 000 ressortissants thaïlandais vivent et travaillent au Moyen-Orient, dont 60 000 rien qu’en Israël. Aux Émirats arabes unis, environ 1 000 citoyens thaïlandais se sont inscrits pour être rapatriés et pourraient rentrer par des vols commerciaux normaux. Cependant, le Premier ministre a assuré que le gouvernement se tenait prêt à transporter ses citoyens vers d’autres pays si l’espace aérien venait à être fermé.
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