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Frappes en Iran : la phrase choc de Mark Carney qui interpelle ses alliés
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une déclaration qui fissure le front des alliés

En plein cœur d’une visite officielle en Australie, le premier ministre canadien Mark Carney a jeté un pavé dans la mare. Mercredi, au deuxième jour de son déplacement, il a publiquement questionné la légalité des récentes frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Selon lui, ces opérations militaires « semblaient de prime abord être contraires au droit international ».

Cette déclaration a été faite à Sydney, dans le sud-est de l’Australie, lors d’une intervention au Lowy Institute, un influent groupe de réflexion. Au-delà de cette critique juridique, le dirigeant a lancé un appel clair à une « désescalade rapide » des tensions qui secouent actuellement le Moyen-Orient.

Une position en équilibre, entre condamnation et pragmatisme

La position de Mark Carney est tout en nuance. D’un côté, il a réaffirmé que le Canada se réjouissait des initiatives visant à changer le régime iranien. Il n’a pas hésité à qualifier ce dernier de « principale source d’instabilité et de terrorisme » dans la région. Une manière de rappeler l’hostilité de son gouvernement envers Téhéran.

Pourtant, c’est bien sur le plan du droit qu’il émet ses plus fortes réserves. « De prime abord, cela semble ne pas être conforme, ou être contraire au droit international », a-t-il insisté. Conscient de la portée de ses mots, il a toutefois aussitôt tempéré son propos en concédant : « C’est à d’autres qu’il appartient d’en juger. Je ne suis pas juriste, et encore moins expert en droit international ».

La critique d’un ordre mondial « fracturé »

Cette prise de parole s’inscrit dans une critique plus large de l’état du monde, portée par Mark Carney depuis plusieurs mois. Le dirigeant canadien est en effet devenu l’une des voix les plus critiques à l’égard du président américain Donald Trump, avec qui les relations ont été tendues, marquées par des menaces d’annexion et l’imposition de droits de douane jugés exorbitants.

En janvier dernier, lors du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, l’ancien banquier central avait déjà livré un discours très remarqué. Il y estimait que l’ordre mondial des dernières décennies était « fracturé », appelant les « puissances moyennes » à s’unir pour faire face aux forces « hégémoniques ». Mercredi, il a enfoncé le clou, qualifiant la guerre au Moyen-Orient de « nouvel exemple de la faillite de l’ordre mondial ».

Son message aux belligérants se veut sans ambiguïté. « Nous implorons toutes les parties, y compris les États-Unis et Israël, de respecter les règles d’engagement internationales », a-t-il lancé, avant d’ajouter que « le Canada appelle à une désescalade rapide des hostilités et est prêt à aider à atteindre cet objectif ». Il a ensuite martelé : « Le Canada réaffirme que le droit international s’impose aux belligérants ».

L’engrenage de la violence au Moyen-Orient

Les frappes américano-israéliennes ont été lancées tôt samedi. Elles ont très vite conduit à la mort du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei. Ce raid est survenu seulement deux jours après que des émissaires américains se sont entretenus avec des représentants iraniens à Genève, en Suisse, au sujet d’un accord sur le nucléaire.

Depuis, la région s’est embrasée. L’Iran a intensifié ses tirs de missiles et de drones de représailles à travers le Moyen-Orient, allant jusqu’à frapper mardi un consulat et une base américains. De leur côté, Washington et Tel-Aviv affirment avoir pilonné des sites stratégiques à Téhéran. Le conflit a des répercussions graves jusqu’au Liban, où le Hezbollah, mouvement armé soutenu par l’Iran, a lancé des drones et des roquettes sur Israël.

La position de Mark Carney a elle-même évolué. Samedi, juste après le début de l’opération, il avait assuré les États-Unis du soutien du Canada, arguant que l’Iran avait failli à démanteler son programme nucléaire et à cesser son appui à des groupes armés. Mais mercredi, le ton avait changé. Il a exprimé ses « regrets » que les efforts diplomatiques n’aient pu désarmer l’Iran, et a souligné un point crucial : « Les États-Unis et Israël ont agi sans saisir les Nations unies ni consulter leurs alliés, y compris le Canada ».

En Australie, la quête d’un nouvel axe stratégique

La visite de Mark Carney en Australie n’est pas anodine. Elle vise à attirer des investissements et à approfondir les liens avec cette puissance d’Océanie. Jeudi, il doit rencontrer son homologue australien Anthony Albanese et s’adresser au Parlement dans la capitale, Canberra. Cette démarche est la concrétisation de sa politique économique extérieure, dont la pièce maîtresse est de réduire la forte dépendance de son pays à l’égard de l’économie américaine.

Le premier ministre canadien répète depuis des mois que le monde est devenu plus dangereux et que les États-Unis ne sont plus un partenaire aussi fiable qu’auparavant. Une vision manifestement partagée à Canberra. Le bureau d’Anthony Albanese a présenté Mark Carney comme un « dirigeant partageant les mêmes idées ».

Le déplacement doit se concentrer sur la sécurité économique et les minerais critiques, dont l’Australie regorge, ainsi que sur les questions de défense. « Alors que nos pays sont confrontés à de nouveaux défis et opportunités, nous devons approfondir notre coopération avec nos partenaires afin de promouvoir nos intérêts nationaux », avait expliqué M. Albanese la semaine dernière, posant les bases d’une alliance renforcée.

Selon la source : journaldemontreal.com

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