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Bernard Drainville : l’égalité sans l’étiquette féministe ?
Crédit: Side-by-side fusion: "Bernard Drainville Janvier 2024 (1; cropped).jpg" by TVA Nouvelles licensed under CC BY 3.0 via Wikimedia Commons + "Christine Fréchette (cropped).jpg" by TVA Nouvelles licensed under CC0 via Wikimedia Commons

Un positionnement clair : partisan de l’égalité, pas « féministe »

C’est une distinction qu’il tient à faire. Bernard Drainville, aspirant à la chefferie de la Coalition avenir Québec (CAQ), refuse l’étiquette de « féministe ». Il se définit plutôt comme un « chaud partisan de l’égalité entre les hommes et les femmes ». Une nuance sémantique qui accompagne une stratégie politique claire : convaincre l’électorat féminin de rejoindre le giron de la CAQ.

Pour y parvenir, le candidat mise sur des propositions concrètes, notamment sur l’accès à la propriété et la fécondation in vitro. Il fait le pari que ces mesures, au cœur des préoccupations de nombreux couples et de nombreuses femmes, sauront trouver un écho favorable et inverser une tendance pour le moment défavorable à son parti dans les sondages.

Opération séduction : parité et propositions ciblées

L’un des engagements phares de Bernard Drainville, s’il accède à la tête du parti, est d’atteindre la zone paritaire pour les candidatures aux élections d’octobre 2026. Mais son ambition ne s’arrête pas là. Il souhaite également rajeunir les rangs. « Mais pas juste la zone paritaire. J’ai pris un engagement qu’on allait avoir aussi des jeunes de moins de 30 ans comme candidats. Alors ça pourrait être des jeunes hommes, mais ça pourrait être des jeunes femmes également », a-t-il précisé lors d’une entrevue accordée à La Presse Canadienne.

Conscient que les femmes peuvent être plus réticentes à s’engager en politique, il croit que son programme peut faire la différence. Il met en avant sa volonté d’aider les premiers acheteurs d’une propriété neuve et de financer jusqu’à trois cycles de fécondation in vitro. « C’est le genre de propositions qui pourraient attirer des jeunes femmes parce que ça va permettre aux couples, aux premiers acheteurs de se doter d’une propriété […] et ça pourrait permettre à des jeunes couples de vivre leur rêve de devenir parent », explique-t-il.

Cette offensive de charme est une nécessité pour la CAQ, actuellement malmenée dans les intentions de vote. Un récent sondage Léger publié cette semaine révèle un soutien particulièrement faible chez les femmes, avec seulement 11 % des appuis.

Face aux violences, un front commun

Le contexte est lourd au Québec, avec déjà sept féminicides recensés depuis le début de l’année 2026. Sur ce front, Bernard Drainville se montre résolu. Il soutient activement la Loi de Clare, un dispositif qui permettrait aux femmes de s’informer sur le passé de violence conjugale de leur partenaire. Sur ce point, il est aligné avec son adversaire dans la course, Christine Fréchette. Le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, s’est d’ailleurs déjà engagé à mettre en place cette mesure.

L’aspirant chef ne manque pas de souligner les actions déjà entreprises par son parti. « Le gouvernement de la CAQ en a fait un bout, notamment avec l’implantation des bracelets antirapprochements », rappelle-t-il. Il considère que la mise en avant de ces dispositifs de protection est cruciale. « Donc il faut aussi mettre de l’avant ce type de mesures qui vont protéger les femmes contre les violences sexuelles et conjugales et donc ça pourrait aussi être un argument à faire valoir à une éventuelle candidate », poursuit-il.

Le refus de l’étiquette et l’enjeu de l’éducation

Interrogé sur la montée du discours masculiniste chez les jeunes, Bernard Drainville se dit « énormément » préoccupé. Il met en avant son action passée, citant le projet de loi 94 qui a permis d’inscrire dans le code de vie des élèves « l’obligation d’avoir des comportements qui respectent l’égalité entre les hommes et les femmes ». C’est pour lui une preuve de son engagement de longue date sur ce terrain.

Pourtant, l’étiquette de féministe lui reste étrangère. Pourquoi ce refus ? « J’ai pas le goût de devenir prisonnier de quelque définition que ce soit », tranche-t-il. Il préfère mettre l’accent sur son parcours et ses combats. « J’ai été exposé à la bataille pour l’égalité sous de multiples facettes et donc je suis un fervent partisan de cette lutte pour l’égalité entre les hommes et les femmes », ajoute-t-il, affirmant s’être battu pour cette cause « notamment dans le dossier de la laïcité ».

L’Assemblée nationale : un milieu sexiste ?

Plusieurs observateurs ont dépeint l’Assemblée nationale comme un milieu de travail sexiste. Bernard Drainville ne partage pas ce constat. À cette question, il répond par la négative, tout en concédant qu’il a pu y avoir des « manquements » par le passé. Son expérience personnelle semble le conforter dans cette opinion.

« Je n’ai pas été témoin de comportements sexistes ou misogynes de la part de mes collègues, peu importe le parti », soutient-il. Il va plus loin, estimant qu’une forme d’autorégulation existe au sein de l’institution. « Et je pense que s’il y en avait eu, ils auraient été dénoncés rapidement. Je pense que l’homme qui se serait montré irrespectueux envers une femme députée, se serait fait remettre à sa place très rapidement par les autres hommes, sinon par les autres femmes », conclut l’aspirant chef.

Selon la source : lapresse.ca

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