Des archéologues ont découvert une tombe vieille de 5 000 ans, remplie d’anciens trésors jusqu’au bord
Auteur: Mathieu Gagnon
Une découverte majeure dans le sud de l’Espagne
C’est une fenêtre sur un passé lointain qui vient de s’ouvrir à Malaga, en Espagne. Des archéologues ont mis au jour un monument funéraire en pierre, vieux de 5 000 ans, dans un état de conservation exceptionnel. Long de 42 pieds, soit près de 13 mètres, ce tombeau regorge d’artefacts qui promettent de nouvelles révélations sur les coutumes et les rituels de nos ancêtres.
Ce type de structure, un dolmen, est constitué de grosses pierres mégalithiques. La richesse culturelle des objets retrouvés à l’intérieur laisse les experts penser qu’ils sont sur le point d’enrichir considérablement leur connaissance des civilisations de la péninsule Ibérique au troisième millénaire avant notre ère.
Une architecture funéraire complexe et monumentale
La structure elle-même est une prouesse. Elle est composée de dalles orthostatiques, des pierres dressées verticalement, qui dépassent les six pieds de hauteur. À l’intérieur, plusieurs compartiments distincts témoignent d’une organisation complexe, qui pourrait éclairer les pratiques funéraires de l’époque. Selon Serafin Becerra, professeur à l’Université de Cadix, l’importance du site est indéniable : « Nous pourrions parler de l’un des dolmens les plus monumentaux et complets de toute l’Andalousie », a-t-il déclaré dans un communiqué traduit de l’université.
La construction ne s’arrêtait pas là. Eduarda Vijande Villa, professeure associée de préhistoire à l’Université de Cadix et co-directrice des fouilles, a précisé à Live Science : « L’ensemble du dolmen était également recouvert de grandes dalles de pierre horizontales, et par-dessus cette couverture, il y avait un tumulus [un monticule artificiel] de sable et de petites pierres ». Cette protection a sans doute contribué à son incroyable préservation.
Des trésors et des ossements révélés
Une fois à l’intérieur, les chercheurs ont découvert plusieurs chambres-conteneurs, aussi appelées ossuaires. Ces espaces abritaient les ossements de plusieurs défunts, suggérant que le site servait de lieu de sépulture collectif. Les fouilles, menées sur plusieurs saisons, ont confirmé cette hypothèse en localisant plusieurs de ces ossuaires.
À côté des restes humains se trouvait une gamme de biens funéraires qualifiés de « prestigieux ». Les équipes ont répertorié des matières premières exotiques comme de l’ivoire et de l’ambre, ainsi que des coquillages. Une collection de ce que les archéologues nomment des « pièces de silex sophistiquées » a également été trouvée. Elle comprend des pointes de flèches, des lames de grand format et une « hallebarde exceptionnelle », une arme d’hast ressemblant à une hache à deux mains.
Ce que le tombeau nous apprend sur le passé
Pour les chercheurs, chaque objet est une pièce d’un immense puzzle. Eduardo Vijande, co-directeur du projet, souligne le potentiel du site : « Le véritable potentiel de cette structure réside dans son extraordinaire état de conservation, qui nous permettra d’acquérir une compréhension détaillée des modes de vie et des croyances de ces communautés ».
Les artefacts offrent des indices précieux sur l’organisation de la société de l’époque. Juan Jesús Cantillo, professeur à l’Université de Cadix, explique que certains objets racontent une histoire de commerce et de statut. « La présence de coquillages dans une zone intérieure reflète l’importance de la mer comme élément de prestige et l’existence de réseaux d’échanges à longue distance », analyse-t-il. Ce tombeau n’est donc pas seulement un lieu de repos, mais aussi le témoin d’une société connectée et structurée.
Les dolmens, un héritage partagé à travers le monde
L’usage des dolmens n’était pas une pratique limitée au sud de la péninsule Ibérique. On retrouve ces constructions mégalithiques dans de nombreuses régions du monde et à différentes périodes de l’histoire. Leur fonction n’était pas toujours uniquement funéraire. Certains avaient une signification culturelle ou rituelle importante, d’autres servaient d’abris, et d’autres encore marquaient des territoires pour délimiter la propriété des terres.
De l’Europe à l’Asie, des dolmens célèbres parsèment les paysages. Parmi les plus connus en Europe, on peut citer le Dolmen de Guadalperal en Espagne, vieux de 7 000 ans et surnommé le « Stonehenge espagnol ». Habituellement submergé, il ne réapparaît qu’en période de sécheresse. En Angleterre, la Pierre d’Arthur, âgée de 5 000 ans, impressionne avec ses neuf pierres dressées dont le poids est estimé à 27 tonnes. Chaque nouvelle découverte, comme celle de Malaga, continue d’élargir notre compréhension de ces pratiques ancestrales.
Selon la source : popularmechanics.com