Boule de feu rare de 6 tonnes vue de jour aux États-Unis, pourrait avoir laissé des météorites dans l’Ohio
Auteur: Mathieu Gagnon
Un spectacle céleste en plein jour
Un phénomène rare a surpris de nombreux témoins hier, dans la région du Midwest américain. En pleine matinée du 17 mars, heure locale, une boule de feu a traversé le ciel, brûlant avec une intensité remarquable avant de se désintégrer. L’événement, visible depuis les États-Unis mais aussi depuis le Canada, a eu pour théâtre l’espace aérien au-dessus du lac Érié.
Ce bolide spectaculaire a terminé sa course en se fragmentant au-dessus de l’Ohio. Pour les scientifiques, le passage d’un tel objet en plein jour soulève une question immédiate : des morceaux ont-ils survécu à la traversée de l’atmosphère ? Selon les premières analyses, il existe une forte probabilité que des météorites aient atteint le sol, ouvrant la voie à une potentielle chasse au trésor pour les passionnés et les chercheurs.
La trajectoire et la nature de l’intrus cosmique

L’objet céleste n’était pas un simple caillou. D’après les estimations de la NASA, il mesurait environ 2 mètres de diamètre pour un poids avoisinant les 6 tonnes. Ces mensurations le classent dans la catégorie des petits astéroïdes plutôt que dans celle, plus commune, des météoroïdes. Sa vitesse de rentrée dans l’atmosphère était de 20 kilomètres par seconde, soit 45 000 miles par heure. Une vélocité élevée, bien que des rentrées atmosphériques plus rapides aient déjà été observées par le passé.
L’événement a été si intense qu’il a été repéré depuis l’orbite terrestre. Le Geostationary Lightning Mapper, un instrument embarqué sur le satellite GOES, a enregistré son entrée à une altitude d’environ 80 kilomètres (50 miles). L’astéroïde a ensuite parcouru 54 kilomètres (34 miles) à travers les couches atmosphériques avant de se disloquer de manière explosive à 48 kilomètres (30 miles) au-dessus du comté de Medina, en Ohio.
La zone de recherche définie par les radars
La NASA Meteor Watch a rapidement analysé les données pour délimiter une zone de chute potentielle. L’agence spatiale américaine se montre optimiste, s’appuyant sur des indices concrets. Selon un communiqué, « Des signatures de chutes de météorites sont visibles dans les données de trois radars météorologiques, KCLE (Cleveland), le radar de l’aéroport de Cleveland TLVE, et KPBZ (Pittsburgh). »
Ces informations ont permis d’établir un périmètre de recherche précis. Les météorites se trouveraient dans une région non loin de la ville d’Akron, s’étendant d’Easton à Echo Lake Glen. Les modèles suggèrent même que les champs situés entre Easton et Rittman sont la zone la plus propice pour retrouver les plus gros fragments. Il faut cependant rester prudent : si les signatures radar indiquent que des roches spatiales ont bien survécu au voyage, les modèles de taille reposent sur des estimations et ne garantissent pas que des fragments de cette dimension se soient réellement formés lors de l’explosion.
Comment reconnaître une roche venue de l’espace ?
Trouver une météorite n’est pas qu’une affaire de chance. Il faut savoir quoi chercher. Plusieurs caractéristiques permettent de les distinguer des roches terrestres. La première est leur densité : composées de fer métallique et d’autres matériaux denses, les météorites sont beaucoup plus lourdes qu’une pierre de même taille. Un bon réflexe est de se munir d’un aimant, car celles contenant du fer métallique sont souvent magnétiques.
Leur aspect extérieur est également un indice précieux. Leur voyage à très haute vitesse à travers l’atmosphère leur confère une « croûte de fusion ». Elles peuvent ressembler à un morceau d’argile informe et fondu. On y observe parfois des cavités étranges, semblables à des empreintes de pouce, que les spécialistes appellent des « regmaglyptes ». La recherche est d’ailleurs facilitée dans les zones où il y a peu de roches au sol, comme ce fut le cas pour la météorite de Winchcombe, où une pierre sombre ou noircie se détache plus facilement du paysage.
Vous avez trouvé une météorite : que faire (et ne pas faire) ?
Avant toute chose, une règle d’or : n’essayez pas d’envoyer vos trouvailles à la NASA. L’agence spatiale ne les collectionne pas. La question de la propriété est plus complexe et dépend du lieu de la découverte. Si une météorite atterrit sur votre terrain, elle vous appartient légalement. C’est le cas le plus simple.
La situation change si la découverte a lieu sur des terres publiques. Si elle est trouvée sur un terrain fédéral, la roche appartient au gouvernement en vertu de l’« Antiquities Act » de 1906. Toutefois, sur les terres gérées par le Bureau of Land Management, il est généralement permis aux individus de conserver leurs trouvailles. Attention cependant à une exception notable : il est formellement interdit de prélever tout élément naturel, y compris une roche, dans les Parcs Nationaux. Il est donc conseillé de bien se renseigner sur le statut du terrain avant de commencer ses recherches.
Selon la source : iflscience.com