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Un bébé dinosaure duveteux nouvellement découvert, si mignon qu’il porte le nom d’un personnage de dessin animé adorable
Crédit: Jun Seong Yi

Une découverte inattendue sur la côte sud-coréenne

La pointe de la Corée du Sud vient de livrer un trésor paléontologique inédit. Sur l’île d’Aphae, au cœur de la formation géologique d’Ilseongsan, une équipe de chercheurs a mis au jour le tout premier crâne partiel de dinosaure jamais découvert dans le pays. La trouvaille initiale a été réalisée par Hyemin Jo, membre du Dinosaur Research Center.

Sur le terrain, les scientifiques effectuaient des fouilles minutieuses lorsqu’ils ont repéré les premiers fragments osseux. Le docteur Jongyun Jung, chercheur postdoctoral invité à l’Université du Texas (UT) et participant à cette expédition, décrit les premiers instants de cette excavation hors du commun. « Quand nous avons trouvé le spécimen pour la première fois, nous avons vu des os de jambe préservés et quelques vertèbres. », précise le scientifique.

La surprise fut totale lorsque l’extraction a révélé la véritable ampleur du fossile contenu dans la roche. L’équipe a rapidement compris qu’elle ne faisait pas face à un squelette incomplet ordinaire. Le docteur Jung ajoute : « Nous ne nous attendions pas à des parties de crâne et à autant d’autres os. Il y a eu pas mal d’excitation quand nous avons vu ce qui était caché à l’intérieur du bloc. »

L’apparence d’un petit agneau de la taille d’une dinde

L’analyse des os a permis d’établir le portrait de cet animal préhistorique. Ce dinosaure individuel possédait des mensurations modestes, comparables à celles d’une dinde. L’étude de son fémur a révélé des marques de croissance indiquant que le spécimen était âgé d’au maximum deux ans au moment de sa mort. Il n’avait donc pas terminé son développement.

Les chercheurs estiment que les spécimens adultes de cette espèce pouvaient atteindre une taille environ deux fois supérieure, bien que cette évaluation reste approximative. Un détail visuel retient particulièrement l’attention des auteurs de la recherche, même s’il n’est pas formellement abordé dans leur publication scientifique : ce jeune dinosaure possédait probablement de fins filaments corporels duveteux, lui conférant une allure très juvénile.

La professeure Julia Clarke, co-auteure de l’étude à l’Université du Texas, imagine volontiers l’apparence de cet animal de son vivant. « Je pense qu’il aurait été plutôt mignon. », indique-t-elle. Elle précise sa pensée en ajoutant : « Il aurait pu ressembler un peu à un petit agneau. »

Le choix d’un nom mêlant pop culture et hommage scientifique

credit : Janet Cañamar, adapté de Jung et al 2026.

Face à ce fossile suffisamment distinct de tous les dinosaures connus ailleurs dans le monde, l’équipe a dû définir un nouveau genre. Ils ont opté pour Doolysaurus. Ce nom fait directement référence à Dooly, un personnage de dessin animé extrêmement populaire en Corée du Sud, dont les traits rappellent ceux de ce nouveau spécimen.

Le docteur Jung justifie cette décision en soulignant l’importance culturelle de cette figure animée pour le grand public. « Dooly est l’un des personnages de dinosaures très célèbres et emblématiques en Corée. Chaque génération en Corée connaît ce personnage. », explique le chercheur. La nature même du fossile a confirmé ce choix : « Et notre spécimen est également un juvénile ou un bébé, c’est donc parfait pour le nom de notre espèce de dinosaure de rendre hommage à Dooly. »

Le nom scientifique complet attribué est Doolysaurus huhmini. L’épithète spécifique, huhmini, a été choisie pour honorer le professeur Min Huh. Ce dernier est reconnu non seulement pour avoir fondé le Dinosaur Research Center, mais il a œuvré activement pour la préservation des sites fossiles de dinosaures les plus importants de Corée.

Scanner, régime alimentaire et origines de la famille

L’extraction physique de tous les os s’avère extrêmement complexe. La roche renfermant ce fossile original et unique de D. huhmini est d’une telle dureté qu’il faudra des années pour la dégager entièrement. Pour contourner cet obstacle immédiat, les chercheurs ont utilisé des micro-scanners CT, parvenant ainsi à créer des représentations détaillées des éléments enfouis dans le bloc.

Ces images de haute précision ont permis de classer le Doolysaurus parmi les thescélosauridés, une famille de dinosaures bipèdes présents en Asie de l’Est et en Amérique du Nord. L’animal a évolué au milieu du Crétacé, bien que la datation de la roche présente encore une large incertitude à ce stade. En tant que membre précoce de ce clade, le Doolysaurus vient renforcer l’hypothèse selon laquelle les thescélosauridés seraient originaires d’Asie.

Du côté de son alimentation, l’animal était omnivore. Les scientifiques ont découvert des gastrolithes, des pierres avalées pour aider à broyer la nourriture, indiquant un régime composé d’un mélange de plantes et d’insectes. En grandissant, les petits vertébrés devenaient probablement une part plus importante de son alimentation. Fait notable : 17 dents appartenant à ce premier Doolysaurus ont été retrouvées. Chez les oiseaux modernes, l’utilisation de gastrolithes est parfois attribuée à leur incapacité à mâcher, ce qui contraste avec la dentition de ce jeune thescélosauridé.

Un nouvel élan pour les recherches paléontologiques en Corée

Cette découverte marque une véritable rupture dans l’histoire de la paléontologie locale. Avant l’identification du Doolysaurus, aucune nouvelle espèce de dinosaure n’avait été formellement identifiée en Corée au cours des 15 dernières années. Les détails de cette étude historique sont désormais publiés dans la revue scientifique Fossil Record.

Bien qu’il s’agisse des tout premiers os de Doolysaurus exhumés par les scientifiques, d’autres vestiges de cette même espèce pourraient exister. La Corée du Sud possède très peu d’ossements de dinosaures, mais son sol est une source riche en traces de pas et en œufs, dont certains appartiennent à des théropodes géants découverts à proximité. La majorité de ces empreintes et nids n’ont d’ailleurs toujours pas été associés à une espèce connue par son squelette.

Le docteur Jongyun Jung se montre résolument optimiste quant à l’avenir des fouilles dans cette région du globe. Le chercheur entrevoit un potentiel immense pour la formation géologique récemment explorée. Il partage ses attentes : « Nous nous attendons à ce que de nouveaux fossiles de dinosaures ou d’autres œufs proviennent d’Aphae et d’autres petites îles. »

Selon la source : iflscience.com

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