Aller au contenu
Quels effets secondaires les astronautes de Artemis pourraient-ils ressentir en revenant sur Terre ?
Crédit: NASA

Une rentrée atmosphérique sous des températures extrêmes

lanature.ca (image IA)

Les astronautes de la mission lunaire Artemis II s’apprêtent à retrouver la Terre ce vendredi soir, au terme d’un périple spatial de plus d’une semaine. Après ce vol historique d’une dizaine de jours, la capsule amorce sa descente vers ce que les astronomes nomment notre pâle point bleu, ramenant l’équipage de la première mission lunaire américaine depuis cinquante ans.

Lors de son entrée dans l’atmosphère prévue plus tard dans la journée, le vaisseau va se transformer en une véritable boule de feu. L’engin fendra le ciel à une vitesse avoisinant les 25 000 miles par heure, soumettant sa structure à des contraintes thermiques extrêmes lors de la traversée des différentes couches atmosphériques.

Pour survivre à ce choc, l’équipage s’en remettra à un bouclier thermique de pointe. Ce dispositif est spécifiquement conçu pour résister à des températures colossales, représentant environ la moitié de celle régnant à la surface du soleil.

Le dispositif militaire et scientifique déployé au large de San Diego

L’équipage d’Artemis II rentre après avoir été les premiers à observer la face cachée de la Lune (NASA).

Si la manœuvre d’atterrissage, particulièrement critique, se déroule comme prévu, la capsule de rentrée touchera l’eau peu après 20 heures, heure de l’Est. Ce repêchage aura lieu dans les eaux situées juste au large de la ville de San Diego. Les quatre astronautes, Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen, devront alors éteindre leur véhicule spatial et patienter jusqu’à l’arrivée des équipes militaires de récupération.

L’extraction de l’équipage hors du vaisseau Orion est une mission conjointe impliquant la NASA et le département de la Guerre. Jason Endley, un ingénieur sous contrat avec la NASA, détaille son rôle : « C’est là que mon travail intervient, pour récupérer le module d’équipage aux côtés de tous les autres employés de la NASA et d’Amentum que nous avons sur le navire. »

Selon les informations du journal Florida Today, quatre hélicoptères survoleront la zone de l’amerrissage : deux seront dédiés au sauvetage et deux autres à la prise d’images. L’un de ces appareils fera descendre un collier de stabilisation pour maintenir Orion dans le bon sens. Une nacelle sera ensuite treuillée pour remonter le premier astronaute. L’ensemble de l’équipage sera transféré sur un navire de la marine situé à proximité, l’USS John P. Murtha, pour un bilan médical complet avant d’être rapatrié à Houston.

Les effets biologiques de dix jours passés dans l’espace

Bien que l’équipage d’Artemis II ait passé un temps relativement court dans l’espace, l’absence de gravité laisse des traces physiques immédiates. À titre de comparaison, les astronautes Suni Williams et Butch Wilmore ont passé 608 jours loin de la Terre au cours des années 2024 et 2025.

Cependant, même une dizaine de jours d’apesanteur suffit à provoquer des modifications corporelles significatives. Kevin Fong, fondateur du Centre pour la médecine de l’altitude, de l’espace et des environnements extrêmes à l’University College de Londres, a détaillé ce phénomène physiologique lors d’une intervention auprès de la BBC.

Le scientifique précise l’ampleur et la rapidité de cette détérioration physique : « Dans certaines expériences avec des rats, ils ont vu jusqu’à un tiers du muscle de groupes musculaires particuliers être perdu en sept à dix jours de vol – c’est une perte énorme, énorme. »

Une salle de sport miniature à bord de la capsule Orion

 

View this post on Instagram

 

A post shared by Exxentric (@go_exxentric)

Pour tenter de contrer cette importante perte musculaire en apesanteur, l’équipe d’Artemis II a été contrainte d’intégrer des séances d’entraînement régulières à son emploi du temps spatial. Ces exercices s’effectuent sur un équipement spécifique baptisé le volant d’inertie, qui s’apparente à un rameur polyvalent.

La conception de ce matériel a nécessité une adaptation stricte aux contraintes d’espace à bord. Comme le souligne la radio NPR, la capsule Orion ne dispose que d’un volume de 316 pieds cubes, ce qui correspond approximativement à la taille d’une petite chambre à coucher. L’équipement d’exercice se doit donc d’être particulièrement compact pour ne pas entraver les autres opérations.

Avant le lancement de la mission, l’astronaute Jeremy Hansen avait détaillé le fonctionnement technique de cette machine d’entraînement : « Nous pouvons changer la dynamique de cet appareil pour pouvoir faire de l’haltérophilie avec. Nous pouvons donc faire des squats. Nous pouvons faire des soulevés de terre. Nous pouvons faire des flexions des biceps. Nous pouvons faire des tirages hauts. »

Les témoignages sur la délicate réadaptation à la gravité terrestre

Une fois les astronautes revenus sur notre planète, leur statut et leurs défis ne s’arrêtent pas immédiatement. Les effets secondaires liés au retour à la gravité nécessitent une période d’ajustement rigoureuse. Cela est dû au fait que l’équilibre de l’oreille interne, utilisé par les humains pour s’orienter sur Terre, est effectivement désactivé lors d’un séjour dans l’espace. Jasmin Moghbeli, astronaute de la NASA revenue en 2024 après 200 jours dans l’espace, a témoigné : « Les yeux fermés, il était presque impossible de marcher en ligne droite. »

Lors de la même mission, l’astronaute de l’Agence spatiale européenne (ESA) Andreas Mogensen a également fait part de ses difficultés physiques lors de son retour sur la terre ferme. Il a déclaré : « Je me suis senti chancelant pendant les deux premiers jours. Mon cou était très fatigué de retenir ma tête. »

La sensation d’écrasement est un autre phénomène couramment rapporté par les équipages. L’astronaute de la NASA Jeanette Epps, qui a passé 235 jours dans l’espace avant de revenir en octobre 2024, a affirmé que la chose principale à laquelle il a fallu s’habituer était la lourdeur de la Terre. Elle a partagé une règle essentielle sur cette phase de récupération physique : « Vous devez bouger et faire de l’exercice tous les jours, peu importe à quel point vous vous sentez épuisé. »

Selon la source : npr.org

Créé par des humains, assisté par IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu