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Des années après la mort de Neil Armstrong, son épouse Carol a retrouvé une caméra que la NASA devait laisser sur la Lune
Crédit: NASA

Une découverte inattendue au fond d’un placard

credit : lanature.ca (image IA)

Le 20 juillet 1969 marque un tournant définitif dans l’histoire de l’humanité. Ce jour-là, Neil Armstrong s’extrait du module lunaire « Eagle » de la mission Apollo 11 pour devenir le tout premier être humain à fouler la surface de la Lune. L’événement est gravé dans la mémoire collective, tout comme les images de cet exploit technique absolu.

Sur cette terre extraterrestre, Armstrong et son collègue astronaute Buzz Aldrin passent exactement 21 heures et 36 minutes. Leurs tâches sont multiples et particulièrement exigeantes. Ils mènent diverses activités scientifiques, immortalisent la surface lunaire à travers de nombreuses photographies et plantent le célèbre drapeau américain. Le duo effectue un important travail d’extraction, parvenant à récolter 21,6 kilogrammes (soit 47 livres) de matériaux provenant directement du sol lunaire.

L’astronaute s’est éteint en 2012, emportant avec lui certains secrets. Des années plus tard, en 2015, sa femme Carol fouille dans l’un de leurs placards. Elle y découvre un sac inhabituel et comprend rapidement qu’il contient des objets provenant indéniablement d’un engin spatial. Carol avait déjà abordé la question de faire don d’autres objets ayant appartenu à son mari au National Air and Space Museum de la Smithsonian. Elle les contacte donc pour évaluer leur intérêt. Allan Needell, conservateur au musée, résume la situation dans un article de blog : « Inutile de dire que pour un conservateur d’une collection d’artefacts spatiaux, il est difficile d’imaginer quelque chose de plus excitant ».

Le mystère du « McDivitt Purse »

Lors des missions Apollo, chaque gramme embarqué faisait l’objet de calculs méticuleux. Le poids représentait une préoccupation majeure pour les ingénieurs. C’est pour cette raison précise que la NASA avait initialement prévu d’abandonner un certain nombre d’équipements sur la surface lunaire avant le vol de retour. Parmi ces objets voués à rester dans l’espace se trouvait un sac singulier, familièrement appelé le « McDivitt Purse ».

Ce surnom nécessite une petite explication. Le terme « Purse » (sac à main) a été inventé par les astronautes eux-mêmes. Le style de cet objet, et tout particulièrement son mécanisme de fermeture, ressemblait étrangement à une pochette de soirée féminine. Une touche de légèreté inattendue dans un environnement hautement technologique.

La première partie du nom rend directement hommage au commandant James McDivitt. Lors de la mission Apollo 9, ce dernier avait fait une suggestion pratique brillante. Il avait souligné que lors de manœuvres dans des environnements en microgravité, il est indispensable de disposer d’un petit sac pour ranger temporairement des objets lorsque le temps manque pour les remettre à leur place exacte. L’analogie est simple : ce sac fait office de chaise sur laquelle on jette ses vêtements dans une chambre à coucher, mais transposée dans l’espace.

Quand la NASA change d’avis au dernier moment

credit : lanature.ca (image IA)

Face à la découverte de Carol Armstrong, l’équipe du musée n’a pas laissé place au doute. En s’entourant d’autres experts qualifiés, ils ont entrepris de vérifier si ce fameux sac avait véritablement voyagé dans l’espace. Leurs recherches ont rapidement confirmé son authenticité. Les investigations ont révélé que le sac devait effectivement rester sur la surface lunaire selon le programme initial de la NASA.

Cependant, un changement de plan inattendu s’est produit au cours de la mission. Les transcriptions officielles de la NASA en fournissent la preuve indiscutable. Une conversation entre Armstrong et Michael Collins, l’astronaute chargé de piloter le module de commande pendant que ses deux collègues marchaient sur la Lune, illustre parfaitement ce revirement de situation.

Dans cet échange historique qu’Armstrong a tenu avec Michael Collins, le premier homme sur la Lune déclare : « Vous savez, ça – celui-là n’est qu’un tas de déchets que nous voulons ramener – des pièces du LM [module lunaire], des bricoles, et il ne restera pas fermé tout seul ». Il ajoute ensuite une conclusion pragmatique : « nous allons devoir trouver une solution pour ça ».

Un hamac de fortune entre les étoiles

credit : lanature.ca (image IA)

Le contenu du sac, décrit par la suite comme contenant « 10 livres d’équipements divers du LM », réservait de véritables trésors historiques. L’un des éléments les plus fascinants était une sangle de sécurité. Cet équipement avait été rigoureusement conçu pour attacher les astronautes en cas de problème majeur, notamment s’ils devaient rejoindre le module de commande en effectuant une sortie dans l’espace.

Bien que la sangle n’ait jamais servi à sa fonction première, l’équipe du musée, en poussant ses investigations, a compris son véritable usage. Armstrong l’avait détournée pour s’en faire un hamac improvisé pour ses jambes. Après une longue sortie extravéhiculaire (EVA), les deux hommes avaient droit à une période de repos de sept heures. Le problème résidait dans l’exiguïté de l’espace disponible. Armstrong, toujours confiné dans sa combinaison spatiale non pressurisée, était tout simplement trop grand pour s’installer confortablement dans la cabine.

Le repos fut loin d’être paisible. La lueur de la Terre et les multiples bruits résonnant dans la cabine empêchaient les astronautes de dormir. Armstrong a contourné ce manque d’espace en suspendant ses jambes à l’aide de cette fameuse sangle. « Je pense que c’est ma position (qui) était plus dérangée par le bruit que la vôtre, parce que vous étiez sur le sol – n’est-ce pas ? – et j’étais sur le capot du moteur avec une boucle que j’avais bricolée d’une façon ou d’une autre pour tenir mes jambes, suspendue à quelque chose là-haut, » a raconté Armstrong lors d’une interview ultérieure. Il a ensuite précisé les conditions extrêmes de son repos : « Et ma tête était à l’arrière de la cabine, et il y avait une pompe à glycol ou une pompe à eau ou quelque chose de très proche de l’endroit où se trouvait ma tête. Mais le contrôle de la température était probablement le plus problématique. »

La caméra qui a filmé l’histoire

credit : lanature.ca (image IA)

Si la sangle témoigne de l’ingéniosité des astronautes, une autre pièce maîtresse dormait dans ce sac. L’équipe a eu la stupeur d’y découvrir la caméra d’acquisition de données de 16 millimètres. Cet appareil n’est pas n’importe lequel : il s’agit de la caméra montée sur le module lunaire. C’est elle qui a enregistré le désamarrage du module de commande et filmé le tout premier alunissage habité de l’histoire humaine.

Conformément au protocole lié aux contraintes de poids, cette caméra, tout comme les autres objets et le sac lui-même, devait être simplement abandonnée sur la Lune. La NASA en a finalement décidé autrement juste avant que les astronautes ne quittent la surface lunaire, permettant ainsi à cet inestimable témoin mécanique de faire le voyage retour vers la Terre.

Les conclusions de l’équipe d’experts sont frappantes : au moment de leur découverte en 2015, personne ne savait réellement que ces objets existaient encore, jusqu’à ce que Carol ne les sorte de ce placard. Neil Armstrong lui-même n’en avait jamais parlé à personne au cours des décennies qui ont suivi son retour de la Lune. Il est fort probable qu’il ait tout simplement oublié qu’il les possédait. Oublier l’existence d’une sangle ayant servi de hamac sur la Lune témoigne, d’une certaine manière, d’une vie extraordinairement riche en aventures.

Selon la source : iflscience.com

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