Une photo virale de la mission Artémis par IA contient une petite erreur de 81 billions de milliards de tonnes
Auteur: Mathieu Gagnon
Une illusion virale dans l’espace

Une image générée par une intelligence artificielle, prétendant provenir de la mission Artemis II autour de la Lune, est devenue massivement virale. Cette publication a généré des dizaines de milliers de partages sur les réseaux sociaux, suscitant un engouement immédiat auprès du public.
Il devient aujourd’hui de plus en plus complexe de distinguer les créations artificielles des véritables photographies ou vidéos. Cette difficulté est particulièrement marquée lorsque l’image ne présente pas de mains mal formées ou ne met pas en scène Will Smith mangeant des spaghettis.
Le nouveau visuel en question prétend montrer le bassin Oriental situé sur la Lune et ne comporte aucun de ces défauts évidents. Selon diverses publications, dont certaines qualifient la vue de « le cliché d’une vie », l’équipage aurait capturé cette image lors de sa descente vers la face cachée de la Lune.
L’enquête qui remonte à la source
Face à l’ampleur du phénomène, Full Fact, une organisation de vérification des faits basée au Royaume-Uni, a mené l’enquête. Leurs recherches ont permis de remonter la piste de ce cliché jusqu’à une page Facebook intitulée « Science and Astro ».
L’image diffusée par cette page comportait un filigrane Gemini, une indication technique prouvant qu’elle avait été fabriquée par le biais d’une intelligence artificielle. Cependant, la personne administrant la page a formellement nié que l’œuvre soit entièrement artificielle.
Dans une réponse publiée en ligne, le responsable a affirmé : « cette image est juste mise à jour en utilisant l’IA mais est originellement prise par la NASA, le monde est toujours le vrai comme dans les images originales, juste éditée pour éviter les droits d’auteur ». Que l’auteur ait demandé à un ordinateur de la créer ou l’ait reprise d’un tiers, cette explication ne tient pas, car aucune image originale ne correspond à ce visuel.
Une bévue algorithmique monumentale

Un détail majeur permet pourtant de démasquer la supercherie : en arrière-plan, l’intelligence artificielle a manifestement peiné à conceptualiser la présence de la Terre. L’objet céleste placé en fond ressemble à s’y méprendre à la Lune elle-même, intégrant des caractéristiques lunaires directement sur notre planète.
Ce choix algorithmique donne l’illusion de la présence de deux Lunes dans le même ciel. Une telle anomalie soulève deux questions amusantes selon votre niveau de scepticisme ou de consommation de cannabis : « cette image est-elle faite par l’IA » ou « la NASA est-elle allée sur la mauvaise Lune ».
Il est possible d’être clément envers cette production artificielle en considérant qu’elle a simplement généré un objet semblable à la Terre avec des traits lunaires en ajoutant un peu de bleu supplémentaire. Le résultat final revient néanmoins à introduire une seconde Lune dans l’espace, ce qui constitue une erreur pesant environ 7.34767309 × 1022 kilogrammes, soit une aberration colossale de 81 milliards de milliards de tonnes.
Le véritable exploit photographique
L’aspect le plus frustrant de cette diffusion virale réside dans le fait que les astronautes de la mission Artemis ont bel et bien photographié le bassin Oriental dans toute sa splendeur. La réalité se suffit à elle-même, comme le prouve une publication partagée par la NASA (@nasa).
L’agence spatiale décrit sa véritable photographie sur son site officiel en ces termes : « Le grand cratère à l’ouest des coulées de lave est le bassin Oriental, un cratère de près de 600 miles de large qui chevauche les faces visible et cachée de la Lune ».
L’explication officielle de la NASA se poursuit avec précision : « La moitié gauche de l’Oriental n’est pas visible depuis la Terre, mais sur cette image, nous avons une vue complète du cratère. Tout ce qui se trouve à gauche du cratère est la face cachée, l’hémisphère que nous n’avons pas l’occasion de voir depuis la Terre car la Lune tourne sur son axe à la même vitesse qu’elle orbite autour de nous. »
La prudence face aux mirages numériques

Il est probable que ce rappel s’adresse à un public déjà convaincu, mais la prudence reste de mise sur les réseaux sociaux. Il est primordial de toujours vérifier que ces images proviennent de sources officielles certifiées avant de les considérer comme authentiques.
L’exercice de vérification devient d’autant plus nécessaire face à des anomalies astronomiques générées par des algorithmes. L’absence de discernement d’une machine peut transformer un moment d’histoire spatiale en une simple aberration visuelle destinée à générer du clic.
Il convient donc de redoubler de vigilance en ligne. La méfiance doit s’imposer de manière systématique, particulièrement lorsqu’un document met en évidence une seconde fausse Lune positionnée juste derrière une première fausse Lune.
Selon la source : iflscience.com