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Des archéologues découvrent un fragment de l’Iliade d’Homère sur un papyrus, dans la poitrine d’une momie
Crédit: lanature.ca (image IA)

Les sables d’Al-Bahnasa et l’héritage d’une cité millénaire

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Les sables du site archéologique d’Al-Bahnasa, en Égypte, continuent de livrer les vestiges de ce qui fut autrefois l’ancienne cité de Per-Medjed. Fondée pendant la 25e dynastie, cette agglomération a prospéré pendant des siècles en s’imposant comme une plaque tournante commerciale incontournable de la région.

Cette vitalité s’est maintenue bien après sa conquête par Alexandre le Grand, qui a rebaptisé la cité sous le nom d’Oxyrhynchos. Si l’apparence actuelle des lieux diffère grandement de son impressionnante envergure d’il y a plusieurs millénaires, le passé glorieux de la ville s’exprime toujours à travers la découverte d’artefacts rares et de momies dorées enfouies sous le sable.

Le brassage culturel au cœur des rites funéraires

credit : lanature.ca (image IA)

La pratique de la momification ne s’est pas arrêtée avec l’afflux des populations grecques et romaines, venues s’installer en Égypte dans le sillage de leurs empereurs. Dès leur arrivée, ces nouveaux habitants ont intégré leurs propres traditions au sein du rituel de momification local.

L’une de ces coutumes consistait à insérer des liasses de papyrus grecs dans les cavités corporelles laissées vides par l’ablation des organes, une étape qui précédait le processus d’embaumement. Le site d’Oxyrhynchos renferme une grande quantité de ces documents utilisés à des fins funéraires ou pour d’autres usages. Jusqu’à présent, les textes trouvés à l’intérieur des momies contenaient des formules magiques destinées à guider le défunt lors de son périlleux voyage vers l’au-delà.

Une trouvaille littéraire inattendue au cœur d’une momie

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La nature de ces découvertes a pris une tout autre dimension lorsque les archéologues Maite Mascot et Esther Ponce Melado ont dirigé une équipe de l’Université de Barcelone lors de fouilles à Al-Bahnasa. Les chercheurs ont mis au jour un papyrus fragmenté logé à l’intérieur d’une momie non identifiée, lequel relatait une histoire inattendue.

Contrairement aux documents habituels, ce fragment renfermait un extrait de l’Iliade d’Homère. Précisément identifié comme le Catalogue des vaisseaux, le passage enterré avec la dépouille commence par une invocation d’Homère aux Muses, afin que ces dernières lui rappellent exactement combien de navires ont transporté les forces grecques jusqu’à Troie, également nommée Ilion.

Le texte débute ainsi, pour ensuite poursuivre avec la description minutieuse d’une flotte de 1 186 navires se ruant sur les côtes troyennes. Le récit dresse une liste exhaustive des contingents, incluant l’identité de leurs capitaines ainsi que la région de la Grèce dont ils étaient originaires.

Le chef-d’œuvre d’Homère comme talisman pour l’au-delà

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Dans l’Égypte antique, les individus disposant de moyens financiers suffisants commandaient un Livre des morts personnalisé et richement illustré. Il s’agissait d’un rouleau de sorts conçu pour guider l’âme vers le royaume des dieux. Les personnes moins fortunées achetaient une version produite en série, comportant simplement un espace vide pour y inscrire le nom du défunt.

Les papyrus retrouvés dans les autres momies d’Al-Bahnasa servaient très probablement un dessein spirituel similaire, quand bien même ils étaient rédigés en lettres grecques plutôt qu’en hiéroglyphes égyptiens. Selon les hypothèses des chercheurs, cet individu spécifique disposait d’une richesse suffisante pour commander un passage de l’Iliade, transformant l’épopée fondatrice en un talisman personnel pour l’éternité.

Les langues d’or et l’imitation de la chair divine

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Les fouilles menées sur le site d’Al-Bahnasa ont par ailleurs mis en évidence trois langues en or, placées directement dans la bouche des momies. La dorure appliquée après la mort avait pour fonction de reproduire la chair des dieux. Les croyances de l’époque affirmaient que cette chair divine était d’or pur, ce qui se reflétait dans les représentations peintes avec ce métal précieux.

Les méthodes de momification intégrant des dorures visaient à refléter l’image des divinités et à autoriser les morts à entrer en communication avec elles. D’autres parties du corps de la momie, telles que les doigts et les orteils, étaient couvertes de feuilles d’or. Les visages de deux autres momies déterrées à Al-Bahnasa présentaient des traces de dorures similaires.

Comme l’indique un récent communiqué de presse, Hisham El-Leithy, le secrétaire général du Conseil suprême des Antiquités égyptiennes, a déclaré : « cette découverte offre de nouveaux aperçus sur les pratiques funéraires dans la ville de Bahnasa à l’époque grecque et romaine, indiquant que cette découverte ajoute une dimension littéraire et historique importante au site. »

Selon la source : popularmechanics.com

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