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Tucker Carlson admet avoir induit ses téléspectateurs en erreur sur Donald Trump
Crédit: Gage Skidmore from Surprise, AZ, United States of America — Tucker Carlson via wikimedia CC BY-SA 2.0 / shutterstock

“Je suis désolé d’avoir trompé les gens”

Gage Skidmore from Surprise, AZ, United States of America — Tucker Carlson via wikimedia CC BY-SA 2.0

Le revirement est de taille. Tucker Carlson, ancien animateur vedette de Fox News et autrefois fervent partisan de Donald Trump, a exprimé de profonds regrets concernant son soutien à l’ancien président. Dans une vidéo diffusée ce lundi, il confie qu’il sera « tourmenté par cela pendant longtemps » et présente ses excuses pour avoir « trompé les gens ».

Ces déclarations ont été faites dans son émission, « The Tucker Carlson Show », alors qu’il interviewait son propre frère, Buckley Carson. « Je pense vraiment que c’est un moment pour se colleter avec nos propres consciences », a-t-il affirmé, en évoquant le rôle que son soutien, et celui d’autres personnalités, a joué. Il ajoute avec insistance : « Vous savez, nous serons tourmentés par cela pendant longtemps. Je le serai, et je veux dire que je suis désolé d’avoir trompé les gens. Ce n’était pas intentionnel. »

Conscient de son influence passée, Carlson a admis avoir fait campagne pour Trump, concluant par une phrase sans équivoque : « Nous sommes impliqués là-dedans, c’est certain. » Pour lui, un simple changement d’avis ne suffit pas à se dédouaner. « Il ne suffit pas de dire, ‘Eh bien, j’ai changé d’avis' », a-t-il poursuivi. « Ou du genre, ‘Oh, c’est mal. Je me retire.’ C’est comme si, de manière très modeste, mais de manière réelle, vous et moi et des millions de personnes comme nous sommes la raison pour laquelle cela se produit en ce moment. »

La gestion de l’Iran, point de rupture

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D’où vient ce changement de cap radical ? Les remarques de Tucker Carlson s’inscrivent dans un contexte de fracture croissante au sein de la droite américaine, notamment sur la gestion de la guerre en Iran par Donald Trump. Ce dernier fait d’ailleurs face à la cote de popularité la plus basse de son second mandat, un nombre grandissant d’Américains désapprouvant fortement sa politique sur l’inflation et le coût de la vie, des sujets majeurs pour les électeurs.

Ce n’est pas la première fois que Carlson critique l’ancien président sur ce dossier. Il était devenu de plus en plus critique au cours du second mandat de Trump, exhortant par le passé les conseillers militaires du président à rejeter tout projet visant à tuer des civils iraniens.

Plus récemment, il a fustigé une publication de Trump qui sommait l’Iran avec véhémence : « ouvrez ce P—– de détroit, bande de bâtards fous. » Une sortie que Carlson a qualifiée de « méprisable » à « tous les niveaux ».

La réponse cinglante de la Maison Blanche

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Face à ces accusations, la réaction de l’entourage de Donald Trump ne s’est pas fait attendre. Sollicitée pour un commentaire, la Maison Blanche a simplement renvoyé vers une publication de l’ancien président sur le réseau social Truth Social, datée du 9 avril. Dans ce long message, Trump affirme que Carlson et d’autres alliés devenus critiques « ont une chose en commun, un faible QI. »

Le ton est direct et insultant. « Ce sont des gens stupides, ils le savent, leurs familles le savent, et tout le monde le sait aussi ! » a écrit Trump. Plus tôt dans le mois, après une première critique de Carlson sur le dossier iranien, Trump avait déjà confié au New York Post qu’il considérait l’animateur comme « une personne au faible QI » qui n’a « absolument aucune idée de ce qui se passe ».

Une vague de défections à droite

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Tucker Carlson n’est pas un cas isolé. Plusieurs figures de la droite, autrefois partisanes de Trump, ont rompu avec l’ancien président ces derniers mois. Le théoricien du complot Alex Jones et l’ancienne représentante Marjorie Taylor Greene ont ainsi appelé à invoquer le 25e amendement pour le destituer de ses fonctions.

D’autres voix se sont jointes à ce concert de critiques. Carrie Prejean Boller, qui a siégé jusqu’en février à la Commission sur la liberté religieuse sur nomination de Trump, a qualifié ce dernier de « psychopathe diabolique » dans une publication Instagram. De son côté, l’influenceuse d’extrême droite Candace Owens a jugé l’administration Trump « satanique ».

La « manosphère » et les podcasteurs s’en mêlent

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Le mécontentement s’étend également à la sphère des podcasts, notamment au sein de ce qu’on appelle la « manosphère ». Des podcasteurs influents ont exprimé leurs doutes sur la gestion de la guerre en Iran par Donald Trump. En mars, Joe Rogan a déclaré que certains partisans de Trump se sentaient « trahis » par ce conflit. De son côté, Theo Von s’est interrogé sur les bénéfices de cette guerre pour les citoyens américains ordinaires.

Cependant, les critiques de ces personnalités ne datent pas uniquement du conflit iranien. Avant même la guerre, des podcasteurs de premier plan avaient déjà pris leurs distances avec Trump sur d’autres sujets sensibles, comme l’immigration, les fichiers Epstein ou encore les relations entre les États-Unis et Israël.

Le parcours de Carlson, de Fox News à la rupture

Ce mea culpa public marque une nouvelle étape dans la carrière de Tucker Carlson. Il a quitté Fox News en 2023, peu de temps après que la chaîne a accepté de verser un dédommagement de 787,5 millions de dollars à Dominion Voting Systems pour régler des allégations de diffamation.

Sur le plan personnel, un changement est également à noter. Le fils de l’animateur, qui porte le même nom, Buckley Carlson, travaillait au service de presse du vice-président JD Vance. Il a récemment quitté ce poste pour fonder sa propre entreprise.

Selon la source : nbcnews.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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