Aller au contenu
Donald Trump, victime des théories du complot ? L’incroyable retournement de situation
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un complotisme à double tranchant

credit : lanature.ca (image IA)

Pour conquérir le pouvoir, Donald Trump a abondamment navigué sur la vague des théories conspirationnistes. Sans forcément adhérer à leurs croyances, lui et ses équipes ont fait un calcul simple : ce mouvement jouait en leur faveur. Il était convaincu qu’une large diffusion de ces thèses sur les réseaux sociaux se traduirait par des votes en sa faveur.

Ce qui n’était alors qu’un outil politique semble aujourd’hui se retourner contre son créateur. À la suite de la tentative d’attentat survenue un samedi soir, un phénomène surprenant a pris de l’ampleur : l’émergence de théories du complot visant directement l’ancien président. L’homme qui a utilisé la suspicion comme une arme se retrouve désormais au cœur de récits qu’il ne maîtrise plus.

L’arsenal conspirationniste de l’ère Trump

credit : lanature.ca (image IA)

Durant son ascension et son mandat, Donald Trump n’a pas hésité à s’appuyer sur plusieurs narratifs alternatifs. Il s’est notamment fait le complice du mouvement QAnon. Ses adeptes croyaient en l’existence d’un complot mondial orchestré par des élites corrompues, un complot que seul Trump pourrait démanteler. Durant son premier mandat, certains fanatiques du mouvement attendaient avec ferveur ce qu’ils appelaient « The Storm » (La Tempête). Ils fantasmaient le jour où Trump dévoilerait l’intégralité du complot, livrerait les noms des coupables et déclencherait des centaines d’arrestations à travers le monde.

Plus tard, après sa défaite, Trump a popularisé la théorie de l’élection volée. Ses allégations ont été systématiquement rejetées par tous les tribunaux saisis. Les décisions ont été rendues par des juges de tous bords, y compris de nombreux républicains, dont certains avaient été nommés par Trump lui-même.

L’ancien président a également tenté de tirer profit des théories du complot liées à la pandémie. C’est dans cette optique qu’il a recruté Robert F. Kennedy, espérant ainsi rallier les électeurs sensibles à ces discours. Une alliance de circonstance, puisqu’avant de le recruter, Trump se moquait de Kennedy, le qualifiant de gauchiste radical à ne pas prendre au sérieux.

L’effet boomerang : quand la cible devient le complot

credit : The White House, Wikimedia Commons (Public domain)

Le coup de théâtre est saisissant : le président connu pour son toupet a perdu le monopole en matière de complotisme. L’ampleur des théories conspirationnistes anti-Trump qui ont circulé après la tentative d’attentat de samedi soir est renversante. La machine qu’il a contribué à alimenter semble désormais fonctionner sans lui, et même contre lui.

Que racontent exactement ces nouvelles théories ? Elles prétendent que la fusillade n’était rien d’autre qu’une mise en scène. Un événement orchestré pour servir les intérêts de Donald Trump lui-même. L’objectif aurait été multiple : le faire passer pour une victime, lui permettre d’accuser les démocrates et les médias de tenir un discours violent à son encontre, et enfin, détourner l’attention de la situation en Iran.

Des « preuves » qui ne tiennent pas la route

credit : lanature.ca (image IA)

Comme toute théorie du complot, celle-ci s’appuie sur des éléments présentés comme des preuves irréfutables. Certains internautes soulignent que Donald Trump ne se lève pas assez vite pour quitter la salle, qu’il ne semble pas avoir peur. Leur conclusion est sans appel : « Il savait ».

Un autre argument brandi est une phrase de la porte-parole de la Maison-Blanche, qui avait utilisé l’expression « shots fired » (« coups de feu tirés ») en amont de la soirée. Pour les complotistes, c’est la preuve qu’elle annonçait l’événement presque ouvertement. Or, le contexte est tout autre : elle faisait référence aux piques humoristiques que s’échangent traditionnellement les journalistes et les politiciens lors de ce dîner annuel. Qui peut sérieusement croire qu’elle annonçait l’arrivée d’un tireur fou ?

D’autres éléments sont mis en avant pour « prouver » que tout était arrangé : la réaction jugée « lente » des services secrets, le calme de certains invités ou encore le placement des caméras. Aucun de ces arguments ne résiste à une analyse factuelle. De toute façon, un complot d’une telle ampleur, impliquant autant de personnes, ne resterait jamais secret. Jamais, jamais.

Une contagion mondiale et l’ironie d’un discours

credit : lanature.ca (image IA)

Ces thèses, plus ou moins farfelues, ont rapidement envahi les médias sociaux, non seulement aux États-Unis mais dans le monde entier. Le phénomène a touché le Québec, où des publications de ce type ont été largement partagées. Certaines étaient présentées de manière sérieuse, d’autres sur le ton de l’humour, et beaucoup naviguaient entre le sarcasme et une suspicion bien réelle.

Cette situation place Donald Trump dans une position pour le moins inconfortable. Comment pourrait-il aujourd’hui recommander au public de se référer aux médias fiables et de ne pas croire tout ce qui circule sur les réseaux sociaux ? Lui qui a bâti une partie de son succès sur la défiance envers ces mêmes institutions se retrouve piégé par la logique qu’il a lui-même encouragée.

Selon la source : journaldemontreal.com

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu