Un voyage qui s’annonçait comme une aventure se transforme en une crise sanitaire internationale. Trois passagers du navire de croisière MV Hondius ont perdu la vie après une épidémie d’hantavirus, une maladie extrêmement rare chez l’homme. Le navire, qui comptait à son bord près de 150 passagers de 23 nationalités différentes, est devenu l’épicentre d’une surveillance sanitaire qui s’étend désormais à une douzaine de pays.
Le périple a commencé le 1er avril, lorsque le MV Hondius a quitté le port d’Ushuaia, en Argentine. Son itinéraire devait le mener à travers des destinations exotiques et reculées : l’Antarctique, la Géorgie du Sud, les îles Sandwich, l’île Nightingale, Tristan da Cunha, Sainte-Hélène, l’île de l’Ascension et enfin le Cap-Vert. Mais le voyage a été brutalement interrompu.
Suite à l’épidémie, le navire n’a jamais accosté à Praia, au Cap-Vert, comme prévu. À la place, les passagers ont été évacués le 10 mai sur l’île espagnole de Tenerife, marquant la fin d’une expédition dramatique et le début d’une course contre la montre pour tracer les contacts potentiels à travers le monde.
À la recherche du patient zéro : la piste d'une décharge argentine
Au cœur de l’enquête se trouve un couple néerlandais. Leo Schilperoord, 70 ans, a été identifié comme le probable « patient zéro ». Il voyageait avec sa femme, Mirjam Schilperoord, en Amérique du Sud. Tous deux sont décédés des suites du virus. Les autorités sanitaires suspectent que le couple a contracté la souche Andes de l’hantavirus lors d’une visite bien particulière.
Le lieu suspecté est une décharge infestée de rats, située à environ six kilomètres de la ville d’Ushuaia. Cet endroit, malgré sa nature, est apparemment un site prisé des ornithologues. La raison ? On peut y observer des espèces rares d’oiseaux de Patagonie. C’est dans ce contexte que l’exposition au virus, généralement transmis par les rongeurs, aurait pu se produire.
L’Argentine a depuis ouvert une enquête pour élucider l’origine exacte de cette épidémie qui a pris naissance sur son territoire avant de s’étendre au gré du voyage du navire.
Chronologie d'une tragédie en haute mer
L’enchaînement des événements à bord du MV Hondius révèle une crise qui s’est développée progressivement. Le 6 avril, soit cinq jours après le départ, un passager néerlandais de 69 ans, Leo Schilperoord, signale une fièvre, des maux de tête et une légère diarrhée. Le 11 avril, son état se détériore rapidement et il décède des suites d’une détresse respiratoire. Le lendemain, le capitaine annonce sa mort, évoquant des « causes naturelles » et assurant qu’il n’y a pas de risque de contagion. La vie à bord reprend son cours normal.
La situation bascule le 24 avril. L’épouse du défunt, également âgée de 69 ans, débarque à Sainte-Hélène avec des symptômes gastro-intestinaux. Le même jour, un passager britannique consulte le médecin du bord pour un essoufflement et des signes de pneumonie. Dès le 25 avril, la femme néerlandaise prend un vol Airlink pour Johannesburg, en Afrique du Sud, déclenchant une opération de traçage pour retrouver les 82 passagers et 6 membres d’équipage. Elle décède le 26 avril à son arrivée aux urgences. Le 27 avril, l’homme britannique est évacué de l’île de l’Ascension vers l’Afrique du Sud, où il est admis en soins intensifs. Le plan de sécurité sanitaire SHIELD du navire est alors activé.
La série noire continue. Un passager allemand développe de la fièvre le 28 avril et meurt le 2 mai de symptômes de pneumonie. Ce même jour, des tests en laboratoire confirment que le patient britannique est bien atteint par l’hantavirus, et l’Organisation Mondiale de la Santé est notifiée par le Royaume-Uni. Le 4 mai, le diagnostic d’hantavirus est confirmé post-mortem pour la passagère néerlandaise. L’opérateur du navire, Oceanwide Expeditions, signale que deux membres d’équipage, un Britannique et un Néerlandais, présentent des symptômes respiratoires aigus et nécessitent une attention médicale urgente. Le 6 mai, les autorités suisses confirment un cas chez un passager qui s’est présenté à un hôpital de Zurich après avoir eu connaissance de l’épidémie. Les deux membres d’équipage et un proche contact du passager allemand décédé sont évacués. Le MV Hondius met alors le cap sur les îles Canaries. Enfin, le 8 mai, le Royaume-Uni confirme un troisième cas suspect chez un ressortissant britannique sur l’île de Tristan da Cunha. Le navire est attendu le 10 mai au port de Granadilla à Tenerife.
Des passagers dispersés, une surveillance planétaire
Avec des passagers originaires de 23 pays, l’épidémie du MV Hondius a rapidement pris une dimension mondiale. Selon le journal The Independent, pas moins de treize pays ont désormais des liens potentiels avec le virus. La liste inclut l’Argentine, le Cap-Vert, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Danemark, l’Allemagne, les Philippines, Singapour, l’Afrique du Sud, l’Espagne, la Suisse et la France.
Cette dispersion géographique soulève des questions sur une éventuelle propagation. Le docteur Alexandra Wharton-Smith, chercheuse en santé mondiale et spécialiste des maladies infectieuses, a déclaré qu’il était probable que de nouveaux cas apparaissent dans le monde. S’exprimant auprès du média UNILAD, elle a précisé sa pensée.
« Je pense que nous verrons une petite augmentation des cas dans les semaines à venir et toute personne qui a été exposée devra être surveillée à partir de la date de son exposition à un cas jusqu’à la fin de la période d’incubation, il est donc possible que des cas apparaissent dans les mois à venir », a-t-elle expliqué. Elle ajoute : « Mais nous apprenons encore sur ce type d’hantavirus, les épidémies passées ont été relativement faibles, nous en saurons plus en traçant ces cas et leurs contacts dans les semaines à venir ».
Faut-il s'inquiéter ? Les conseils d'une experte
Face à l’inquiétude que peut susciter une telle nouvelle, la spécialiste des maladies infectieuses, le docteur Alexandra Wharton-Smith, se veut pragmatique. Elle a partagé des conseils clés pour ceux qui s’interrogent sur les risques liés à l’hantavirus. Son message principal vise à éviter la panique tout en encourageant la vigilance.
Son conseil est direct et clair : « Mon conseil pour l’instant est de ne pas s’inquiéter, de se tenir au courant des nouvelles provenant de sources fiables et de continuer normalement ». Cette recommandation souligne l’importance de s’informer correctement, sans céder à l’anxiété que peut générer une couverture médiatique intense.
L’hantavirus reste une maladie très rare et sa transmission interhumaine, bien que possible pour la souche Andes, n’est pas commune. La surveillance des passagers et de leurs contacts dans les différents pays concernés sera donc cruciale pour contenir toute propagation potentielle et mieux comprendre la dynamique de ce virus.
Selon la source : unilad.com
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