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Pete Hegseth perd son sang-froid lors d’une audition au Congrès
Crédit: shutterstock

Un conflit coûteux et controversé

U.S. Secretary of Defense / flickr / CC BY 2.0

C’est un homme sous pression qui a dû faire face au Congrès. Pete Hegseth, le secrétaire à la Guerre de l’administration Trump, a été contraint de témoigner sur la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran. Un conflit initié sans l’accord préalable du Congrès, que Donald Trump qualifie d' »opérations militaires » plutôt que de guerre à part entière. Pourtant, les chiffres racontent une autre histoire.

Depuis le début des hostilités, marquées par les premières frappes américaines le 28 février, le bilan humain est lourd : plus de 6 000 personnes ont été tuées. Une écrasante majorité de ces victimes, plus de 95 %, se trouvaient en Iran et au Liban. Le coût financier pour les contribuables américains est tout aussi considérable, dépassant déjà les 25 milliards de dollars.

Ce témoignage s’inscrit dans un contexte budgétaire tendu. Donald Trump a en effet proposé une augmentation spectaculaire des dépenses militaires pour l’année 2027. Son projet prévoit de faire bondir le budget de la défense de plus de 40 % par rapport à celui de 2025, pour atteindre la somme colossale de 1 500 milliards de dollars.

Une audition sous haute tension

Gage Skidmore from Surprise, AZ, United States of America, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Longue de six heures, l’audition a mis en lumière un Pete Hegseth visiblement mal préparé et prompt à s’emporter. Il aurait, selon certaines sources, réussi à éviter cette confrontation avec les législateurs jusqu’à présent grâce à l’influence de Donald Trump. La séance a rapidement viré à l’affrontement partisan. D’un côté, les membres républicains du Congrès ont affiché leur soutien à la guerre. De l’autre, les démocrates ont soumis le secrétaire à un interrogatoire serré.

Les questions ont porté sur le coût exorbitant du conflit, tant en dollars que sur l’épuisement des ressources militaires américaines. Un point particulièrement sensible a été abordé : le bombardement d’une école primaire iranienne dès le premier jour de l’offensive. Cette frappe, qui a coûté la vie à 120 enfants et 26 enseignantes, a rapidement été attribuée à un missile Tomahawk américain.

Tout au long de l’audition, Pete Hegseth a semblé perdre son sang-froid à de multiples reprises. Il a haussé le ton face aux élus et a émaillé ses réponses d’insultes dirigées contre les démocrates, confirmant une tendance à se laisser déborder par ses émotions sous la pression.

Le duel cinglant avec la députée Goodlander

fficial portrait of Rep. Maggie Goodlander (D-NH) United States House of Representatives via wikimedia Domaine public

La députée démocrate du New Hampshire, Maggie Goodlander, s’est révélée être l’une des interrogatrices les plus redoutables. Après que Pete Hegseth se fut vanté de sa « formidable équipe économique », elle l’a mis au défi sur des faits concrets. Elle lui a d’abord demandé s’il connaissait le prix moyen de l’essence le 28 février, jour du début du conflit. Visiblement pris de court, Hegseth a répondu sur un ton sarcastique : « Si vous viviez en Californie, c’était 8 dollars ». Une affirmation erronée, le prix moyen réel en Californie étant alors de 4,44 dollars. Goodlander a ignoré sa remarque, précisant que la moyenne nationale était de 2,83 dollars.

Poursuivant sur sa lancée, elle lui a demandé le prix moyen de l’essence au 29 avril. Hegseth a de nouveau esquivé avec une autre remarque sur la Californie. Souriante, la députée a fourni la réponse : 4,23 dollars. Elle a alors conclu : « Monsieur Hegseth, vous avez dit que vous disposiez d’une équipe économique de premier ordre qui examine l’impact de cette guerre sur le contribuable américain, et vous êtes incapable de répondre à cette question élémentaire – cela devrait choquer la conscience de chaque Américain. »

Pour conclure son temps de parole, Maggie Goodlander lui a demandé s’il était d’accord avec l’affirmation selon laquelle « les militaires ne suivraient pas des ordres illégaux ». Piqué au vif, Hegseth a rétorqué : « Je suis d’accord, mais je comprends ce que vous insinuez d’un point de vue partisan. » La députée a alors révélé, avec un sourire, qu’elle ne faisait que le citer lui-même. Le temps de parole étant écoulé, Hegseth n’a pu répondre. Maggie Goodlander a ensuite critiqué le secrétaire sur le réseau social X après l’audition.

La justification de la guerre mise à mal

Rep. Adam Smith (WA-09)
US House Office of Photography via wikimedia public domaine

Le représentant démocrate Adam Smith, chef de file de son parti à la commission, a également pressé le secrétaire à la Guerre de justifier le conflit. Ayant noté les déclarations de Hegseth au fil des heures, il a attaqué sur la question nucléaire. « Nous avons dû déclencher cette guerre, comme vous l’avez dit il y a 60 jours, parce que l’arme nucléaire constituait une menace imminente. [Aujourd’hui], vous dites qu’elle a été complètement anéantie ? »

Pete Hegseth a dû concéder que l’Iran n’avait « pas encore » renoncé à ses ambitions nucléaires et que le pays possédait toujours des milliers de missiles, même après deux mois de guerre. Adam Smith a alors souri et lancé : « Donc [cette guerre] nous a laissés exactement au même point qu’avant. » Face à cela, Hegseth a insisté sur le concept d' »ambition », affirmant que si les installations iraniennes étaient détruites, leur ambition demeurait. Jamais auparavant une guerre n’avait été lancée dans le but déclaré de « briser l’ambition d’un pays ».

Le représentant californien John Garamendi a à son tour accusé Hegseth d’induire le public en erreur, qualifiant la guerre de « calamité géopolitique », de « gaffe stratégique » et de « blessure auto-infligée à l’Amérique ». La réponse de Hegseth fut théâtrale : « Pour qui êtes-vous en train d’applaudir ? Votre haine du président Trump vous rend aveugle [au succès de la guerre] ».

Vague de licenciements au sommet de l’armée

L’audition a également été l’occasion d’interroger le secrétaire Hegseth sur le remaniement en profondeur de la hiérarchie militaire depuis sa prise de fonction en janvier. Depuis qu’il a pris la tête du « ministère de la Guerre », comme il a été rebaptisé, plus d’une douzaine de hauts responsables militaires ont été licenciés ou poussés à la retraite.

Parmi les noms cités figurent des postes clés : Randy George, chef d’état-major de l’armée de terre ; Jeffrey Kruse, directeur de l’Agence de renseignement de la Défense ; John C. Phelan, secrétaire à la Marine ; David M. Hodne, commandant du Commandement de l’avenir et de la formation de l’armée ; et William Green Jr, chef des aumôniers. Tous ont été écartés par Pete Hegseth.

Interrogé sur cette purge, le secrétaire a justifié ces changements par sa volonté d’instaurer une « culture guerrière » au sein du Pentagone. Il a reçu le soutien de la députée républicaine de Caroline du Sud, Nancy Mace, qui a déclaré qu’il devait licencier « quiconque se mettait en travers de son chemin ».

Un secrétaire à la Guerre à vif

Si les commentaires de Pete Hegseth durant ces six heures n’ont que peu éclairci le processus décisionnel de l’armée américaine, ils ont en revanche offert un aperçu de sa personnalité. L’audition a confirmé une tendance à l’impulsivité et à la colère lorsque celui-ci est placé sous pression.

Ses réactions face aux critiques des législateurs démocrates ont montré une difficulté à répondre avec calme et respect. Les échanges tendus, les insultes et les réponses émotives ont rythmé son témoignage, dressant le portrait d’un secrétaire à la Guerre réagissant fortement aux remises en question de sa politique et de ses actions.

Selon la source : youtube.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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