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260 monuments géants découverts dans le désert du Sahara, où une dangereuse ruée vers l’or s’intensifie
Crédit: Google Earth

Une révélation vue du ciel

credit : lanature.ca (image IA)

À l’époque où les pharaons d’Égypte érigeaient les célèbres pyramides au-dessus des sables de Gizeh, il y a 5 000 ans, une autre culture inhumait discrètement ses morts dans des monuments grandioses juste de l’autre côté de l’étendue aride. Ces repères temporels sont restés plongés dans l’obscurité pendant des millénaires, cachés au cœur de l’un des paysages les plus impitoyables de notre planète. De nouvelles recherches scientifiques viennent enfin de mettre en lumière ces vestiges oubliés.

Une équipe internationale d’archéologues a réussi à localiser 260 structures inédites, jusqu’alors totalement absentes des registres documentaires. Ces édifices se cachent dans les profondeurs du désert Oriental, un corridor saharien coincé entre les eaux du fleuve Nil et celles de la mer Rouge, dans la partie orientale du Soudan. Pour réaliser cette trouvaille, les spécialistes n’ont pas eu besoin d’arpenter le terrain brutal composé de dunes infinies.

L’exploration s’est déroulée à distance, grâce aux technologies modernes. Les chercheurs ont minutieusement cherché à travers de vastes ensembles d’images satellites pour repérer ces formes géométriques enfouies sous le sable. Cette méthode non invasive a permis de balayer de gigantesques étendues de territoire sans mobiliser de grandes expéditions terrestres.

Des cercles de pierre et des ossements partagés

credit : lanature.ca (image IA)

Les photographies orbitales révèlent des fosses communes de forme circulaire, dont certaines atteignent des dimensions impressionnantes allant jusqu’à 80 mètres, soit 262 pieds de diamètre. À l’intérieur de ces cercles géants reposent des restes squelettiques d’êtres humains entremêlés avec ceux d’animaux, notamment des bovins, des moutons et des chèvres. La plupart de ces tombes sont délimitées par un muret extérieur de faible hauteur.

Une particularité architecturale fascine les analystes : un individu unique est systématiquement inhumé en plein centre de l’anneau. Étant donné que ces sites n’ont pas encore fait l’objet d’investigations minutieuses par des archéologues déployés sur le terrain avec leurs bottes, des détails précis, tels que la date exacte de leur édification, ne sont pas immédiatement évidents. Toutefois, les scientifiques disposent de points de comparaison solides.

Grâce à des structures remarquablement similaires, connues sous le nom d’enceintes funéraires d’Atbai et fouillées au cours du siècle dernier, les chercheurs estiment que ces nouveaux cercles ont été construits il y a environ 4 500 à 6 500 ans. Tout comme dans ces autres sépultures d’Atbai, les populations enterrées en ces lieux étaient vraisemblablement des pasteurs nomades qui guidaient leurs troupeaux à travers la région. Le positionnement de la majorité des monuments confirme cette hypothèse, puisqu’ils se situent à proximité d’anciens points d’eau, de lits de rivières asséchés et d’oasis.

L’ère florissante du « Sahara vert »

credit : lanature.ca (image IA)

La construction de ces imposants mausolées coïncide avec une période de bouleversement climatique radical pour le Sahara. Loin d’être un environnement figé, ce vaste territoire est enfermé dans un rythme cyclique qui transforme son visage sur le long terme. Le paysage oscille entre un désert aride et une savane luxuriante selon un cycle qui s’étire sur environ 21 000 ans.

La dernière de ces périodes florissantes, couramment identifiée sous l’expression de « Sahara vert », s’est déroulée approximativement entre 15 000 et 5 000 ans avant notre ère. Cette fenêtre temporelle correspond très exactement à l’époque où les bâtisseurs de ces monuments ont prospéré. Ils bénéficiaient alors d’un écosystème généreux, propice au maintien de leurs troupeaux.

La fin de cet âge d’or a marqué un point de rupture pour ces populations. À mesure que les pâturages verdoyants se retiraient pour laisser place à l’avancée inexorable des sables, cette culture semble avoir littéralement disparu. Ce phénomène lié aux fluctuations climatiques extrêmes représente un modèle récurrent dans l’histoire paléoenvironnementale du continent africain.

Le mystère du Ténéré et l’abandon de Gobero

L’effacement de ces éleveurs face à l’avancée du désert n’est pas un événement isolé, et ce ne serait pas la dernière fois que cela se produirait. Dans le désert du Ténéré, une autre zone particulièrement reculée du Sahara, une autre troupe d’archéologues a mis en lumière un site profondément mystérieux portant le nom de Gobero. Les fouilles entreprises y ont révélé la présence de 200 squelettes humains, accompagnés de milliers d’artefacts divers.

Le destin du site de Gobero fait curieusement écho à celui des enceintes d’Atbai. Les éléments recueillis sur place indiquent de nouveau que cet habitat a été abandonné lorsque l’aridification a balayé le Sahara il y a environ 5 000 ans, contraignant ses habitants à fuir vers des contrées plus clémentes. Les vestiges abandonnés sont restés figés sous la poussière.

Si le Sahara peut sembler dénué de vie aujourd’hui, ces différents sites constituent la preuve irréfutable que cette région fut autrefois une scène florissante. D’innombrables cultures humaines y ont évolué et prospéré, laissant derrière elles des histoires complexes que nous commençons tout juste à récupérer.

L’ombre menaçante de l’industrie minière

credit : lanature.ca (image IA)

C’est précisément l’importance historique inestimable de ces découvertes qui pousse aujourd’hui les chercheurs à tirer la sonnette d’alarme. Le désert Oriental se trouve actuellement sous l’emprise d’une nouvelle ruée vers l’or, un phénomène d’envergure qui attire simultanément des personnes, de l’argent et des armes au cœur de cette région autrefois vide.

L’impact de cette activité extractive se fait déjà cruellement ressentir sur le fragile patrimoine archéologique local. L’étude indique qu’au moins 12 des structures anciennes ont d’ores et déjà été endommagées par l’activité minière et par des actes de vandalisme. Les installations et les équipements lourds transforment le paysage, bouleversant irrémédiablement le sol.

À mesure que la soif d’or s’intensifie, la destruction est vouée à s’aggraver. L’ensemble de ces observations géographiques et historiques fait l’objet d’un rapport détaillé, dont les conclusions viennent d’être publiées dans la revue spécialisée African Archaeological Review. Une course s’engage désormais pour documenter ces vestiges monumentaux avant qu’ils ne soient engloutis par les nécessités économiques du présent.

Selon la source : iflscience.com

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