Des archéologues découvrent un mystérieux réseau de tunnels antiques dont l’origine reste inexpliquée
Auteur: Simon Kabbaj
Une trouvaille inattendue sous les chantiers de Jérusalem

L’histoire, rapportée par le journaliste Tim Newcomb le 28 mai 2026 à 8 h 30 (heure de l’Est), débute par une trouvaille pour le moins singulière. Alors que des équipes d’ouvriers de la construction préparaient le terrain pour de nouveaux bâtiments à Jérusalem, l’imprévu a surgi des profondeurs. Une fouille archéologique de routine, habituellement menée avant ce type de travaux, a pris une tournure inattendue et révélé l’entrée d’un système de tunnels énigmatique.
Le secteur ciblé par ces investigations préalables se trouve dans la zone du Kibboutz Ramat Rachel. Les spécialistes s’attendaient logiquement à inventorier de simples fragments de poterie ou, tout au plus, à mettre au jour le morceau d’un mur antique. Au lieu de ces vestiges classiques, la terre s’est ouverte sur un escalier plongeant dans l’obscurité totale. L’âge de l’édifice, son origine et la fonction de ces cavités restent à ce jour totalement inconnus, même si quelques indices dispersés sur le sol esquissent un début de réponse.
Une architecture souterraine aux dimensions vertigineuses

La structure dévoilée sous la surface impressionne par ses mensurations. Le réseau de tunnels, entièrement creusé à même la roche massive, s’étend sur une longueur dépassant les 150 pieds. Ses passages souterrains atteignent des hauteurs vertigineuses de 16 pieds, pour une largeur de 10 pieds. L’identité de ses bâtisseurs, l’époque exacte de sa construction et sa raison d’être demeurent de vastes énigmes.
Sivan Mizrahi et Zinovi Matskevich, les directeurs des fouilles rattachés à l’Autorité des antiquités d’Israël (IAA), ont partagé leur stupéfaction dans un communiqué officiel. « Nous fouillions dans un terrain relativement rocheux et exposé quand soudain nous avons découvert une cavité karstique naturelle », précisent-ils. Leurs observations n’ont cessé d’évoluer au fil des jours. « À notre grand étonnement, au fur et à mesure que les fouilles progressaient, cette cavité s’est développée en un long tunnel. Certaines de ses parties sont encore effondrées, de sorte que le tunnel n’a pas encore révélé tous ses secrets. »
L’effort déployé pour réaliser un tel ouvrage soulève de nombreuses questions chez les experts, qui qualifient l’ampleur de la construction de stupéfiante. Les archéologues ajoutent avec certitude : « Il est clair que quiconque a creusé ce tunnel a investi des efforts considérables, une planification minutieuse, et possédait les capacités et les ressources nécessaires pour atteindre cet objectif ». L’objectif final reste toutefois la grande inconnue de cette excavation.
L’abandon de la thèse hydraulique ou industrielle

Face à une telle infrastructure, l’équipe scientifique a d’abord échafaudé une théorie initiale. Ce passage souterrain aurait pu fonctionner comme une sorte d’aqueduc, destiné à relier les citoyens à une source d’eau douce. Cette hypothèse séduisante a rapidement rencontré des obstacles géologiques majeurs.
L’analyse d’un géologue a en effet mis en évidence qu’aucune source d’eau souterraine ne se trouvait à proximité du site. Les parois de pierre n’avaient par ailleurs reçu aucun enduit, un traitement pourtant standard et indispensable pour les installations hydrauliques de l’Antiquité. La piste d’un usage agricole ou industriel a logiquement été envisagée dans un second temps. L’absence totale d’artefacts ou d’installations voisines venant appuyer cette idée a contraint les archéologues à repenser complètement leur approche.
Des indices suggérant une vocation géologique

La théorie actuelle, qui demeure pour l’instant une simple hypothèse de travail, prend une direction géologique. Les chercheurs estiment que des ouvriers ont pu tailler cette galerie dans le but spécifique d’atteindre une couche de craie. Cette matière est reconnue comme étant idéale pour l’extraction de pierres de construction ou pour la production de chaux.
Plusieurs éléments physiques viennent renforcer cette piste. Un puits de ventilation a été délibérément intégré dans la conception du système souterrain. Des débris d’extraction, caractéristiques des carrières, ont été découverts éparpillés sur le sol du tunnel, pointant directement vers un objectif pratique. Une alternative subsiste dans l’esprit des scientifiques : il est possible que le tunnel soit un travail en cours qui n’est jamais devenu un projet achevé.
Le casse-tête de la datation et l’influence du voisinage

Le manque d’éléments matériels identifiables complique fortement le processus de datation de cet édifice rupestre. L’absence de petits objets du quotidien laisse les chercheurs dans le flou le plus total. « La date du tunnel est également un mystère pour nous, car pas même la plus petite trouvaille n’a été découverte qui pourrait indiquer quand il a été créé », soulignent les directeurs des opérations.
Le contexte géographique de la zone apporte cependant quelques pistes de réflexion indirectes. « Dans le même temps, le tunnel se trouve à seulement quelques centaines de mètres, à vol d’oiseau, de deux sites antiques importants : un bâtiment public de l’âge du fer (période du Premier Temple) dans le quartier d’Arnona, et Tel Ramat Rachel, où des restes de peuplement datant de l’âge du fer jusqu’à la période islamique ont été documentés. » Ces illustres voisins géographiques incitent les spécialistes à évaluer l’âge du tunnel entre 2 500 et 3 000 ans, bien que la preuve finale reste encore enfouie sous les gravats.
L’émerveillement face aux mystères continus de la ville

L’exploration du sous-sol de Jérusalem n’en finit pas de surprendre la communauté scientifique. Ce labyrinthe de pierre vient rejoindre un catalogue archéologique urbain d’une densité exceptionnelle, où chaque coup de pelle peut faire basculer les certitudes historiques.
Amit Re’em, archéologue de l’IAA, rappelle la fréquence de ces exhumations dans une déclaration qui souligne l’effervescence archéologique locale. « Cette découverte s’ajoute à de nombreuses autres qui sont mises au jour chaque jour, heure par heure, à travers la ville », indique-t-il. Il conclut en admettant les limites de la science face à la grandeur du site mis au jour. « Habituellement, nous avons des explications pour les découvertes que nous mettons au jour, mais parfois, comme dans ce cas, nous restons étonnés et émerveillés. »
Selon la source : popularmechanics.com