Filière batterie : François Legault conteste les conclusions du rapport de la vérificatrice générale
Auteur: Adam David
Le désaccord de François Legault face au rapport d’enquête

L’ancien premier ministre du Québec, François Legault, a publiquement contesté, lundi, les conclusions émises par la vérificatrice générale concernant la gestion gouvernementale de la filière batterie. Cette prise de position a été diffusée par le biais d’une longue publication sur son compte X, où l’homme politique a tenu à clarifier sa perspective face aux constats de l’institution.
En réponse directe au document d’évaluation, l’ex-chef du gouvernement caquiste a posé les bases de son argumentaire en assumant personnellement son rejet du bilan. Il a ainsi entamé sa déclaration numérique par ces mots : « Je m’exprime ici à titre personnel. Je ne suis pas d’accord avec les conclusions de la vérificatrice générale ».
Les critiques formulées par la vérificatrice générale, Christine Roy
Rapport de la vérificatrice générale sur la filière batterie.
Je m’exprime ici à titre personnel.
Je ne suis pas d’accord avec les conclusions de la vérificatrice générale.
La vérificatrice générale nous reproche essentiellement deux choses : ne pas avoir assez planifié…
— François Legault (@francoislegault) June 15, 2026
Le rapport d’enquête au centre de ce différend politique a été officiellement déposé mercredi dernier par la vérificatrice générale, Christine Roy. Les observations qui s’en dégagent dressent un portrait sévère de la situation, soulignant notamment un manque de rigueur de la part de l’administration provinciale dans le développement rapide de ce secteur industriel.
Selon les conclusions présentées par madame Roy, le gouvernement caquiste a injecté des milliards de dollars sous forme de subventions au sein de la filière batterie sans avoir procédé à des analyses suffisantes ni assuré un suivi adéquat des risques inhérents. Le document révèle que plus de la moitié des projets soutenus par ces fonds publics se trouvent aujourd’hui en difficulté, une situation qui a déjà entraîné la perte de centaines de millions de dollars pour le Québec.
La défense de la CAQ concernant la planification industrielle

Face aux reproches d’une planification déficiente émis par la vérificatrice générale, François Legault a fermement défendu les orientations prises par son administration. Il a soutenu qu’il s’avérait extrêmement complexe de prévoir avec exactitude l’intégralité du développement de ce qu’il qualifie d' »industrie naissante ». L’ancien premier ministre a également souligné que le Québec demeurait intrinsèquement tributaire des entreprises disposées à investir des capitaux sur son territoire.
La stratégie du gouvernement visait principalement à capitaliser sur la présence de ressources naturelles spécifiques. François Legault a détaillé cette vision dans sa publication en affirmant : « Nous étions dans une dynamique de cas par cas. Mais avec la présence au Québec de minéraux critiques comme le lithium, il était souhaitable qu’une partie de la transformation se fasse au Québec, plutôt que d’exporter nos ressources non transformées ».
L’évaluation des risques et la stratégie d’attraction des investissements
Le rapport de Christine Roy pointait par ailleurs du doigt une évaluation inadéquate des risques associés aux investissements massifs dans la filière batterie. Abordant cet aspect précis de l’enquête, l’ancien dirigeant caquiste a rétorqué que la nature du risque principal lié à l’implantation de ces entreprises technologiques était avant tout « géopolitique ».
Pour justifier l’approche de la CAQ, François Legault a rappelé l’orientation stratégique adoptée par son gouvernement dès l’année 2018. Il a expliqué que le choix s’était porté sur une méthode d’intervention beaucoup plus proactive, spécifiquement conçue pour attirer de nouveaux investissements commerciaux et implanter des infrastructures industrielles au sein de la province.
Le bilan économique global revendiqué par l’ex-premier ministre
Malgré les centaines de millions de dollars perdus par l’État et les difficultés structurelles actuelles rencontrées par la majorité des projets subventionnés de la filière batterie, l’ex-premier ministre maintient que l’approche proactive de la CAQ a globalement bénéficié à la province sur le plan macroéconomique.
En s’appuyant sur des indicateurs de richesse pour clore son argumentaire sur le réseau social X, François Legault a défendu le bilan financier de son administration par rapport aux autres provinces. Il a ainsi conclu son message en déclarant : « Dans l’ensemble, nous avons bien réussi puisque, depuis 2018, la croissance économique par habitant a été plus forte au Québec que dans le reste du Canada ».
Selon la source : journaldemontreal.com