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Le mystère de « l’oiseau du diable » au Sri Lanka : la science sur la piste d’une créature légendaire
Crédit: lanature.ca (image IA)

De la cryptozoologie à la réalité scientifique

Les créatures issues du domaine de la cryptozoologie, cette discipline dédiée à la recherche d’animaux légendaires tels que le Bigfoot ou le monstre du Loch Ness, passent rarement du statut de mythe à celui de réalité. Comme l’explique le journaliste Darren Orf dans une récente analyse, cette transition est exceptionnelle, mais elle n’est pas impossible.

Tout au long des dix-huitième et dix-neuvième siècles, les scientifiques occidentaux ont tourné en dérision l’idée de l’existence d’une insaisissable « licorne africaine », que les indigènes congolais appelaient « o’api ». Ces rires méprisants ont cependant été réduits au silence en 1900, lorsque l’explorateur britannique Harry Johnston a fait parvenir des échantillons de peau de l’animal, que nous appelons aujourd’hui l’okapi, à la Société zoologique de Londres.

L’impact de cette découverte fut tel que la Société internationale de cryptozoologie, aujourd’hui dissoute, a utilisé l’okapi comme une sorte de mascotte pendant quinze ans. Cet exemple historique rappelle que certaines légendes locales reposent sur des bases biologiques bien réelles.

La terreur nocturne de l’ancienne île de Ceylan

credit : lanature.ca (image IA)

L’histoire de l’okapi est loin d’être le seul mystère cryptozoologique fascinant à travers le monde. L’une des énigmes les plus persistantes se trouve sur l’île sud-asiatique du Sri Lanka, autrefois connue sous le nom de Ceylan. Sur ces terres, les habitants vivent depuis plus d’un siècle dans la crainte de l’Ulama, plus communément appelé l’Oiseau du Diable.

La réputation de cette créature est principalement liée aux sons effrayants qu’elle produit dans l’obscurité. Un article publié en 1907 dans le Sunday Times de Sydney rapportait déjà ce phénomène qui terrorisait les populations locales et les explorateurs de passage.

Le journal australien décrivait la situation en ces termes : « La plupart des personnes qui ont visité l’île de Ceylan et ont pénétré dans sa jungle… ont entendu le cri de l’Oiseau du Diable. » L’auteur précisait ensuite : « Ce son impressionnant ne ressemble à rien de plus qu’au hurlement d’un être humain subissant la torture la plus terrible. »

Une macabre légende gravée dans le folklore local

credit : lanature.ca (image IA)

Le folklore associé à l’Ulama est tout aussi glaçant que son cri aux intonations humaines. Selon la légende locale rapportée par les sources historiques, l’origine de l’oiseau remonterait à un drame familial d’une extrême violence, impliquant un mari jaloux qui doutait de la fidélité de son épouse.

Ce récit mythologique raconte que l’homme aurait assassiné leur fils en bas âge, l’aurait cuisiné et l’aurait servi à sa femme qui ignorait tout du drame. En découvrant un doigt laissé dans le plat, la mère aurait fui dans la nuit dans un état de frénésie totale, avant de se transformer en Ulama. Depuis des siècles, entendre le cri de l’Oiseau du Diable est considéré comme un mauvais présage à travers tout le Sri Lanka.

Une analyse folklorique publiée dans la célèbre revue scientifique Nature en 1887 apportait un éclairage sur la perception de ce mythe. Selon cette publication, les hurlements de l’oiseau « représentent les cris à l’agonie de la mère endeuillée lorsqu’elle a quitté la maison de son mari. »

Les premières hypothèses ornithologiques

credit : lanature.ca (image IA)

Bien que cette histoire des origines soit particulièrement effrayante, les naturalistes et les scientifiques ont inlassablement cherché une explication plus ordinaire à ce phénomène sonore. Leur démarche s’inscrit dans la même logique qui a conduit à l’identification de l’okapi, un animal qui, rappelons-le, n’a définitivement rien d’une licorne.

Dès le début du vingtième siècle, les observateurs ont tenté de relier le mythe à des espèces aviaires réelles. Toujours en 1907, le Sunday Times suggérait une piste sérieuse concernant l’inspiration la plus probable qui se cacherait derrière la légende de ce prédateur nocturne.

Le journal désignait alors la chouette leptogramme, connue sous le nom scientifique de Strix leptogrammica. Il s’agit d’une espèce de rapace nocturne très répandue à travers toute l’Asie du Sud, dont le répertoire vocal aurait pu alimenter les peurs ancestrales des habitants de la région.

Les coupables à plumes démasqués par les experts

Les enquêtes plus récentes ont cependant réorienté les recherches vers un autre suspect. Les experts estiment désormais que le chant du grand-duc du Népal (Ketupa nipalensis) pourrait être ce que les habitants prennent depuis des générations pour un terrifiant démon aviaire. Ce rapace, qui est le sixième plus grand hibou au monde, possède de grandes aigrettes très impressionnantes qui lui confèrent une apparence faciale globalement démoniaque.

Le débat scientifique reste néanmoins ouvert, comme le souligne le médecin et auteur srilankais Richard Spittel dans son livre « The Far-Off Things ». L’écrivain y mentionne deux autres candidats potentiels capables de produire des sons similaires : l’aigle huppé, scientifiquement nommé Nisaetus cirrhatus ceylanensis, ou encore la bondrée orientale, dont le nom scientifique est Pernis ptilorhynchus.

Si l’identité exacte de la version bien réelle de l’Oiseau du Diable fait toujours l’objet de débats parmi les spécialistes, une chose est sûre selon l’analyse de Darren Orf. Il semble pratiquement certain que ces cris envoûtants proviennent d’un ami à plumes qui est d’ores et déjà parfaitement connu de la science.

Selon la source : popularmechanics.com

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