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Québec force netflix et spotify à montrer plus de contenus francophones
Crédit: lanature.ca (image IA)

La découvrabilité, une loi votée mais pas encore appliquée

L’Assemblée nationale a fait un pas décisif pour la survie de la culture locale dans l’univers numérique. Québec a adopté à l’unanimité, jeudi dernier, son projet de loi visant à contraindre les géants du Web – comme Netflix ou Spotify – à offrir une meilleure «découvrabilité» aux contenus francophones sur leurs plateformes. C’est une victoire symbolique pour le gouvernement, mais les utilisateurs ne doivent pas s’attendre à une révolution immédiate sur leurs écrans.

En effet, cette loi ne prendra pas effet avant que les règlements ne soient publiés, un processus qui s’étalera probablement pour une entrée en vigueur graduelle à compter de l’automne prochain. «Évidemment, on ne verra pas la différence demain matin», a tenu à souligner le ministre de la Culture, Mathieu Lacombe, précisant que l’adoption de cette mesure était une nécessité historique pour garantir «l’accès à nos produits culturels dans l’univers numérique».

Pourquoi l’urgence de créer des références communes

credit : lanature.ca (image IA)

Derrière cette question d’algorithme se cache un enjeu d’identité. Contrairement à l’ère de la télévision ou de la radio traditionnelle, où nous partagions tous les mêmes références culturelles, le streaming a créé une fragmentation massive. Le contenu francophone se retrouve aujourd’hui submergé par l’océan de productions internationales, principalement américaines, sur les pages d’accueil des applications.

Le ministre Lacombe déplore ainsi une perte des «références communes». Selon lui, ce phénomène est particulièrement préoccupant pour l’intégration des nouveaux arrivants, mais aussi pour les jeunes Québécois, qui risquent de ne plus se reconnaître dans leur propre culture, bercés quasi exclusivement par les produits étrangers.

Ce que québec veut défendre : l’accent, l’humour, les paysages

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Ce que le gouvernement cherche à protéger est très concret. Lorsqu’il parle de «références culturelles», M. Lacombe ne vise pas un concept abstrait, mais des marqueurs identitaires cruciaux. Il s’agit de nos acteurs, de «nos paysages, de nos comédiens et comédiennes, de nos accents québécois, de notre sens de l’humour, de nos institutions».

L’idée est de s’assurer que les algorithmes ne cantonnent pas ces éléments à des recoins obscurs des catalogues, mais qu’ils leur donnent une place de choix. C’est une manière de rendre visible, aux yeux de tous, ce qui fait la trame narrative de la société d’accueil.

Le piège de l’aceum : le compromis du «francophone»

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Dans l’élaboration de cette loi, Québec a dû naviguer avec prudence pour éviter un conflit commercial majeur. C’est la raison pour laquelle la législation s’est limitée à imposer la promotion de contenu «francophone» en général, plutôt que de cibler uniquement le contenu «québécois».

Cette distinction est vitale pour respecter l’accord de libre-échange unissant les États-Unis, le Mexique et le Canada (l’ACEUM). Bien que stratégique, cette approche ouvre cependant la porte à une offre venant d’autres pays francophones, potentiellement au détriment de la production strictement locale. Le diable est souvent dans les détails quand il s’agit de commerce international.

Les obstacles et la menace des géants numériques

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Malgré l’unanimité politique, le chemin reste semé d’embûches. Le ministre Lacombe se refuse, pour l’instant, à confirmer publiquement le pourcentage de contenu qui sera exigé – même si le premier ministre avait précédemment évoqué le chiffre de 30 % lors d’un Sommet de la francophonie à Paris. Cette prudence s’explique en partie par l’opposition frontale des grandes entreprises technologiques.

Dans leurs mémoires déposés en commission parlementaire, ces dernières ont brandi la menace d’une recrudescence du piratage et, pire encore pour l’économie créative, d’une réduction significative de leurs investissements dans la production locale. Ces menaces à peine voilées ont tenté de freiner l’ardeur de Québec.

l’optimisme face aux choix des plateformes

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Malgré les craintes d’un éventuel chantage et le risque de voir le Québec inondé de productions françaises au détriment des siennes, le ministre Lacombe maintient son cap, assurant que légiférer était «la bonne chose à faire». Il ne craint pas l’arrivée d’une pléthore de séries hexagonales destinées uniquement à satisfaire l’exigence minimale de la loi.

L’espoir de Québec repose sur le pragmatisme des entreprises : si les géants numériques veulent réellement capter l’intérêt du marché québécois, ils devront nécessairement miser sur les accents et les histoires d’ici. Il faudra toutefois attendre l’automne prochain pour déterminer si cet optimisme se traduit par de vrais changements sur nos écrans.

Selon la source : journaldequebec.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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