Une boulette présidentielle pour commencer l’année

On le sait, Donald Trump n’a jamais porté les énergies renouvelables dans son cœur, c’est le moins qu’on puisse dire. C’est même l’une de ses bêtes noires favorites. Mais là, en ce début d’année 2026, l’ancien (et actuel) locataire de la Maison-Blanche a peut-être été un peu vite en besogne. Mardi dernier, sur sa plateforme fétiche Truth Social, il a voulu frapper fort en partageant une image choc pour dénoncer l’éolien.
Le souci ? Ce qu’il pensait être une preuve accablante s’est transformé en une petite gaffe qui fait sourire les réseaux sociaux. Il a publié la photo d’un rapace gisant au pied d’une éolienne, avec cette légende pour le moins dramatique : « Les éoliennes tuent tous nos beaux aigles ! ». Sauf que… eh bien, ce n’était pas vraiment un aigle, et ça ne se passait même pas en Amérique. Une petite erreur d’identification qui, forcément, fait tache quand on touche au symbole national des États-Unis.
Israël, 2017… Retour sur l’origine du cliché

Il faut toujours vérifier ses sources, comme on dit. Parce que là, le cliché utilisé par le président américain n’a absolument rien à voir avec les États-Unis. D’après une enquête minutieuse de l’AFP, cette image remonte en fait à des années en arrière… en 2017 pour être précis, et elle a été prise en Israël. Ce n’est pas une photo amateur, non, elle avait été publiée à l’époque par le journal israélien Haaretz.
Le journal attribuait d’ailleurs ce cliché au service israélien de gestion des parcs naturels. Il y a même un détail qui ne trompe pas sur l’image d’origine : on peut distinguer des caractères hébreux sur le tronc de l’éolienne. Difficile de faire plus clair, non ? Et pour couronner le tout, l’oiseau malheureux sur la photo n’est pas un pygargue à tête blanche (le fameux « Bald eagle » américain), mais bel et bien un faucon. Bref, tout faux sur toute la ligne.
Malgré ces incohérences, la machine de communication s’est emballée. La publication a été joyeusement relayée sur X (l’ancien Twitter) par un compte géré par la Maison-Blanche, et même par le ministère américain de l’Énergie. Eux, ils en ont profité pour rappeler leurs arguments habituels : les éoliennes seraient une menace pour la biodiversité, coûteraient cher et, selon eux, enlaidiraient le paysage.
L’aigle, ce symbole qu’on ne devrait pas confondre

Ça n’a pas manqué de faire réagir, vous vous en doutez. L’aigle, aux États-Unis, c’est sacré. On le voit partout : sur les billets de banque, les timbres, les insignes militaires… C’est l’emblème de la nation ! Normalement, il est assez facile à reconnaître avec sa taille imposante et sa tête toute blanche caractéristique. L’espèce est d’ailleurs très commune en Amérique du Nord. Or, l’oiseau partagé par Donald Trump est beaucoup plus petit et de couleur foncée. C’est quand même curieux de se tromper là-dessus quand on est président.
Évidemment, l’opposition politique s’en est donné à cœur joie. Gavin Newsom, le gouverneur démocrate de Californie, n’a pas raté l’occasion de placer un tacle bien senti. Il s’est moqué ouvertement sur les réseaux sociaux avec cette petite phrase assassine : « Don l’endormi ne sait-il pas reconnaître l’emblème de l’Amérique ? ». C’est de bonne guerre, j’imagine, entre démocrates et républicains.
Cela dit, le fond du problème reste un sujet sérieux. Est-ce que les éoliennes tuent des oiseaux ? Oui, c’est vrai. Le Massachusetts Institute of Technology (le fameux MIT) estime que des centaines de milliers d’oiseaux meurent chaque année à cause des turbines aux États-Unis. Mais attention aux raccourcis ! L’université a bien précisé en 2023 que ces chiffres, aussi tristes soient-ils, ne représentent qu’une « infime partie » des décès d’oiseaux. Les vrais coupables ? Les collisions avec les immeubles et… les attaques de chats domestiques, qui font bien plus de ravages.
Conclusion : Une tempête dans un verre d’eau ?

Au final, cette histoire restera probablement comme une anecdote un peu embarrassante de plus dans la longue liste des sorties médiatiques de Donald Trump. C’est une petite erreur factuelle, certes, mais elle en dit long sur la rapidité avec laquelle les images circulent et sont utilisées pour servir un discours politique, parfois au mépris de la réalité géographique ou zoologique.
On retiendra surtout que, même si les éoliennes ont leurs défauts, il vaut mieux s’assurer que l’aigle qu’on pleure n’est pas un faucon de l’autre bout du monde avant de crier au scandale sur internet.
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.