Aller au contenu
La NASA publie une image spectaculaire de la Terre depuis Artemis II, et ça intrigue le public
Crédit: NASA/Reid Wiseman

Un départ historique vers la Lune pour l’équipage d’Artemis II

lanature.ca (image IA)

Le mercredi 1er avril marque le début d’une aventure spatiale majeure. Quatre astronautes ont décollé à bord du vaisseau spatial Orion pour une mission d’une durée de 10 jours. L’équipage se compose de Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch, tous trois représentant la NASA, ainsi que de Jeremy Hansen de l’Agence spatiale canadienne.

Ce voyage a pour ambition de tester en conditions réelles les technologies nécessaires à l’exploration lunaire à long terme. Ces essais doivent également préparer le terrain pour de futurs voyages habités vers la planète Mars. Ces pionniers modernes portent sur leurs épaules de lourdes responsabilités scientifiques et techniques.

L’un de leurs objectifs annexes est également visuel. L’équipe d’Artemis II espère en effet capturer au cours de son périple la meilleure vue de la face cachée de la Lune qui n’ait jamais été enregistrée par un appareil photo.

Le défi de photographier notre planète depuis le vide spatial

Les membres de cette nouvelle mission ont une lourde tâche à accomplir s’ils veulent rivaliser avec le travail de leurs prédécesseurs. Les voyageurs lunaires qui ont ouvert la voie il y a 54 ans avaient en effet réussi à prendre des photos exceptionnelles de notre planète, gravant ces images dans l’histoire de la conquête spatiale.

Pendant le trajet, les astronautes sont restés littéralement collés aux hublots, fascinés par le paysage. Jeremy Hansen a d’ailleurs communiqué au centre de contrôle que l’équipage, qui a notamment été envoyé dans l’espace avec des iPhones, disposait d’une « belle vue de la face cachée de la Terre, éclairée par la Lune ».

Photographier un tel spectacle depuis un habitacle n’est pourtant pas une chose aisée. Reid Wiseman a souligné cette difficulté technique en déclarant :  « C’est comme sortir derrière chez soi et essayer de prendre une photo de la Lune. C’est ce que l’on ressent en ce moment. »

« The Blue Marble » de 1972 face à « Hello, World »

On estime que la planète paraissait beaucoup plus colorée lorsque l’équipe d’Apollo 17 est partie en 1972 (NASA).

Le vendredi 3 avril, la NASA a publié les premières images obtenues par l’équipe lors de son trajet vers la Lune, illustrant à quel point notre maison est magnifique vue de l’espace. L’agence spatiale américaine a profité d’une publication sur le réseau social X pour comparer l’une des nouvelles photographies, saisissante, avec un cliché emblématique capturé par les astronautes d’Apollo 17.

L’image prise il y a plus de 50 ans par le marcheur lunaire Harrison Schmitt est connue sous le nom de « The Blue Marble » (« La Bille bleue »). Il s’agit de l’une des œuvres photographiques les plus largement diffusées au monde. La version récente, recréée par Reid Wiseman, a été baptisée « Hello, World » (« Bonjour, le monde »). Chacune de ces deux photographies montre le pôle Sud orienté vers le haut.

En accompagnement de cette comparaison, la NASA a déclaré : « We’ve come so far in the last 54 years, but one thing hasn’t changed: Our home looks gorgeous from space! The left view is from the Apollo 17 crew in 1972 and the right was captured yesterday by the Artemis II crew. » (« Nous avons fait tant de chemin au cours des 54 dernières années, mais une chose n’a pas changé : notre maison est magnifique vue de l’espace ! La vue de gauche est celle de l’équipage d’Apollo 17 en 1972 et celle de droite a été capturée hier par l’équipage d’Artemis II. »)

L’agence a ensuite partagé de nouvelles informations à 4 h 10 le 4 avril 2026 sur la même plateforme : « We can see the Moon out of the docking hatch right now. It’s a beautiful sight. Flight day 3 is in the books, and our @NASAArtemis II crew is now closer to the Moon than to Earth. Check out highlights from our lunar mission. What’s been your favorite moment so far? » (« Nous pouvons voir la Lune par le sas d’amarrage en ce moment. C’est un spectacle magnifique. Le troisième jour de vol est terminé, et notre équipage @NASAArtemis II est maintenant plus proche de la Lune que de la Terre. Découvrez les moments forts de notre mission lunaire. Quel a été votre moment préféré jusqu’à présent ? »)

L’interrogation du public face à des couleurs jugées ternes

La confrontation entre les deux photographies a suscité une vive réaction de la part des utilisateurs sur les réseaux sociaux. De nombreux passionnés de l’espace ont estimé que les clichés capturés par l’équipe d’Apollo 17 en 1972 semblaient beaucoup plus nets que le lot récent. Le public a eu du mal à comprendre pourquoi les photos vieilles de 54 ans paraissaient plus éclatantes malgré les avancées technologiques actuelles.

Les internautes ont soulevé la même plainte, constatant que la Terre semblait beaucoup moins brillante qu’auparavant. Une personne s’est interrogée : « Je ne sais pas si c’est la qualité de l’image ou l’atmosphère, mais cela a l’air terne maintenant. »

D’autres commentaires allaient exactement dans le même sens. Une deuxième personne a demandé : « Pourquoi celle de 1972 a-t-elle l’air mieux ? » Une troisième a écrit :  « L’ancienne image de la Terre a l’air plus nette alors que cette nouvelle image a l’air terne. Qualité de l’appareil photo ou changement climatique ? »

L’inquiétude vis-à-vis de notre environnement s’est même fait ressentir dans l’intervention d’un quatrième utilisateur, qui a ajouté : »Que faisons-nous de si mal ? La Terre a l’air pâle. Nous sommes en train de la perdre. »

Une question de technologie matérielle et de perspective

L’équipage d’Artemis II a pris des photos « spectaculaires » similaires de la Terre (NASA).

Face à ces interrogations, plusieurs internautes ont rapidement apporté des explications rationnelles à cette différence visuelle. L’un d’eux a précisé : « C’est une photo de la face cachée illuminée par la Lune. Elle a été éclaircie. C’est pourquoi vous pouvez également y voir des aurores boréales. » Un second utilisateur a complété cette analyse : « Le côté de la Terre photographié en 2026 semble être de nuit. D’où l’arc de luminosité en bas à droite. »

Un troisième internaute a détaillé l’évolution du matériel photographique de manière approfondie : « La Terre n’a pas changé – c’est la façon dont nous la capturons qui a changé. La différence de couleur entre la ‘Bille bleue’ de 1972 et les images modernes de la Terre se résume à la technologie. Apollo 17 utilisait des appareils photo argentiques, qui augmentaient naturellement les couleurs et les contrastes. Aujourd’hui, on utilise des capteurs numériques, des corrections atmosphériques et un étalonnage des couleurs. La plupart des images modernes sont également des composites et non des clichés uniques. C’est pourquoi la Terre d’aujourd’hui peut sembler moins ‘éclatante’. »

David Melendrez, responsable de l’intégration de l’imagerie de la capsule Orion à la NASA, a d’ailleurs précisé lors d’une entrevue avec National Geographic que l’équipage d’Artemis II utilise des appareils photo portables Nikon D5 DSLR, en plus des iPhones mentionnés précédemment. Ces choix techniques expliquent les variations de lumière et d’apparence.

Évoquant l’importance fondamentale de ces images, David Melendrez a conclu sur une note invitant à l’unité : « Quand vous voyez tous les conflits et les choses qui se passent dans le monde aujourd’hui, je pense qu’il est vraiment important de nous voir comme un tout. Vous regardez cette photo – il n’y a pas de frontières sur cette photo, c’est juste nous tous. Je pense que c’est l’une des choses les plus importantes que nous pouvons en retirer, c’est de rappeler à tout le monde, à tout le monde, que c’est notre maison. Et que nous devons tous la partager. »

Selon la source : nationalgeographic.com

Créé par des humains, assisté par IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu