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Les VPN deviendraient inutiles sur un Internet quantique : votre position pourrait toujours être détectée
Crédit: lanature.ca (image IA)

La fin programmée du masque numérique

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La vie privée sur Internet s’apparente à une équation complexe, capable d’offrir une protection essentielle tout en présentant de réels dangers. L’anonymat sert parfois d’arme pour harceler autrui, tandis que les réseaux privés virtuels, communément appelés VPN, offrent aux utilisateurs la possibilité de contourner la censure d’État et des lois injustes.

L’émergence d’un internet quantique promet de bouleverser cet équilibre précaire. Sur ce futur réseau, où les données transiteront par des ordinateurs et autres dispositifs quantiques, ces deux scénarios appartiendront au passé. La position géographique d’un individu pourra systématiquement être confirmée, rendant toute dissimulation impossible.

L’informatique quantique et la magie de la superposition

Les ordinateurs quantiques représentent le prochain bond de géant dans le domaine de l’informatique. Bien que ces machines n’en soient pour la plupart qu’à leurs balbutiements, elles possèdent la capacité de réaliser des calculs pratiquement impossibles, même pour les supercalculateurs les plus puissants du monde.

Le secret de cette puissance réside dans l’unité de base de l’information. Tandis que les ordinateurs classiques utilisent des bits binaires constitués de 1 et de 0, les ordinateurs quantiques emploient des bits quantiques, ou qubits. Ces derniers peuvent exister sous forme de 1, de 0, ou d’une superposition de ces deux valeurs.

Cette superposition constitue l’une des propriétés fondamentales les plus fascinantes de la mécanique quantique. Un bit traditionnel fonctionne comme un interrupteur, allumé ou éteint. Le monde quantique s’affranchit de cette limite, permettant aux éléments d’être simultanément allumés et éteints.

L’intrication, cette action fantôme à distance

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Une autre propriété quantique majeure entre en jeu dans cette révolution technologique : l’intrication. Lorsque deux particules sont intriquées, elles se retrouvent placées dans un état quantique tel que, quelle que soit la distance qui les sépare, la mesure des caractéristiques de l’une affectera instantanément celles de l’autre.

Albert Einstein n’appréciait pas du tout ce concept. Le célèbre physicien qualifiait ce phénomène d' »action fantôme à distance ». Il croyait fermement au principe de réalisme local et soutenait l’existence de « variables cachées » capables d’influencer l’expérience.

Cette théorie a été mise à l’épreuve à de multiples reprises grâce au test des inégalités de Bell. Certaines versions de cette expérience ont même mobilisé 100 000 personnes jouant à un jeu vidéo. Le résultat est sans appel : il n’y a aucune communication plus rapide que la lumière, ni aucun phénomène dépassant le cadre de notre physique. La mécanique quantique s’accommode parfaitement de l’intrication, et les particules intriquées forment un système unique qui ne doit pas être considéré de manière indépendante.

La vérification quantique de la position

L’intrication revêt une importance capitale pour la conception d’un internet quantique. Elle permet de transmettre des informations de manière totalement sécurisée, rendant le piratage par un système normal purement impossible. Aujourd’hui, sur l’internet classique, il reste impossible d’avoir la certitude de l’emplacement physique d’un interlocuteur.

Une approche inédite, exploitant un type spécifique de test de Bell, permet désormais d’effectuer une vérification quantique de la position. Cette méthode garantit de savoir exactement qui se trouve à l’autre bout de la communication. Le procédé est détaillé dans une étude qui n’a pas encore fait l’objet d’une évaluation par les pairs.

Lors de la démonstration expérimentale, l’équipe de chercheurs a opposé un interlocuteur distant à des adversaires virtuels. Cet interlocuteur mesure certaines propriétés de photons intriqués en même temps que l’expéditeur. En répétant l’opération à plusieurs reprises, le test de Bell permet de vérifier une corrélation extrêmement forte entre les deux parties légitimes.

Un protocole infaillible présenté à la communauté scientifique

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Le dispositif expérimental prend en compte la présence d’adversaires faiblement intriqués, disposant pourtant de capacités quantiques de calcul et de communication illimitées. Malgré cette puissance, s’ils tentaient d’intercepter un photon qui ne leur était pas destiné, le test ne révélerait pas cette forte corrélation, trahissant immédiatement leur présence.

Cette nouvelle approche met en lumière un protocole totalement indépendant de l’appareil. La méthode présente l’immense avantage de ne nécessiter aucun matériel dédié pour fonctionner efficacement, ouvrant la voie à une sécurisation généralisée des échanges futurs.

Les travaux ont été présentés le mois dernier lors du Global Physics Summit de l’American Physical Society. Une prépublication de l’étude est actuellement disponible sur la plateforme arXiv, suite à une information initialement relayée par la revue ScienceNews.

Selon la source : iflscience.com

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