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Arnaque à 2,3 millions de dollars : une institution financière condamnée pour manque de vigilance
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une escroquerie redoutablement sophistiquée

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L’institution financière Desjardins se voit contrainte par la justice de verser une importante compensation financière à une entreprise de transport de Drummondville. Le groupe TYT a en effet été la cible d’une manœuvre criminelle en ligne particulièrement bien ficelée au mois de juin 2020. Cette affaire met en lumière les vulnérabilités complexes qui subsistent au cœur des systèmes comptables corporatifs face aux menaces numériques.

L’entreprise a été frappée par ce que les spécialistes de la sécurité nomment une « fraude du président ». Cette méthode redoutable consiste pour des cybercriminels à usurper l’identité d’un haut dirigeant d’une société. L’objectif de cette tromperie est de convaincre un employé stratégique d’effectuer, dans la plus grande urgence, un transfert de fonds massif vers des comptes inconnus.

Le piège se referme sur la comptabilité

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Dans ce dossier précis, les fraudeurs ont minutieusement endossé le rôle de Patrick Turcotte, le président du Groupe TYT. La cheffe comptable de l’entreprise, pensant répondre de manière légitime aux requêtes de son supérieur hiérarchique direct, a obtempéré sans se douter qu’elle suivait en réalité les directives strictes d’un escroc opérant sous une fausse identité.

Sous la pression de ces messages trompeurs, l’employée a puisé une somme totale de 2,3 millions de dollars directement depuis les comptes Desjardins de son employeur. Ces fonds colossaux ont été rapidement dirigés vers des comptes situés à Hong Kong et en Chine. L’intégralité de ces opérations de transfert s’est déroulée en l’espace de quelques jours seulement.

Des doutes bancaires balayés par le mensonge

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Face à ces mouvements de capitaux massifs, l’institution financière n’est pas restée inactive. Le résumé des faits déposé au tribunal indique que Desjardins a nourri de sérieux doutes quant à la fiabilité de ces transactions. Une employée de la banque a pris l’initiative de contacter l’entreprise de transport afin de s’assurer que tout était conforme aux directives internes.

Entièrement convaincue que la consigne émanait de son propre patron, la comptable a confirmé à son interlocutrice que les transferts étaient parfaitement légitimes. L’argent a donc été libéré et envoyé dans les comptes contrôlés par les fraudeurs. L’arnaque n’a été découverte que quelques jours plus tard. Cette prise de conscience tardive a tout de même permis à l’entreprise de transport de récupérer près d’un million de dollars, laissant un déficit de plus de 1,4 million de dollars dans sa trésorerie.

La bataille judiciaire autour de la responsabilité

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S’estimant lésé par le traitement de ce dossier, le Groupe TYT a intenté une poursuite judiciaire de 1,5 million de dollars contre Desjardins. L’entreprise alléguait formellement que l’établissement financier ne s’était pas comporté en banquier prudent, que ce soit au moment d’autoriser les transferts internationaux ou après la dénonciation officielle de la fraude par la victime.

Le dossier a été étudié par le juge David E. Roberge, qui a rendu une décision basée sur le principe de la responsabilité partagée. D’un côté, le magistrat a conclu que l’institution financière avait manqué à son obligation de prudence en acceptant de libérer les fonds. Ces transactions ne concordaient absolument pas avec les activités habituelles de l’entreprise de transport, qui n’avait jamais réalisé la moindre transaction financière vers l’Asie auparavant.

Une facture finale partagée

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Le tribunal a cependant souligné les torts de l’entreprise victime. Le Groupe TYT ne disposait pas d’un mécanisme de contrôle interne suffisant pour contrer les fraudes modernes. Les déclarations assurées de la cheffe comptable lors de l’appel de vérification ont faussé le processus qui aurait normalement permis à la caisse d’évaluer adéquatement la légitimité des mouvements de fonds. Conséquence directe de cette analyse, le juge a ordonné à Desjardins d’indemniser l’entreprise, mais à hauteur de 356 756,90 dollars, somme incluant les intérêts. Le reste de la perte de 1,4 million devra être assumé par le transporteur.

Appelé à commenter cette décision de justice, Desjardins a tenu à rappeler publiquement que « tous les efforts nécessaires » avaient été déployés « afin de tenter de récupérer les sommes fraudées » aussitôt que l’entreprise cliente a porté la situation à son attention. Au moment de la rédaction de ces informations, le groupe TYT n’avait pas fourni de réponse aux demandes d’entrevue concernant ce jugement.

Selon la source : journaldequebec.com

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