Trump menace le Royaume-Uni de “lourdes taxes douanières” si Keir Starmer ne retire pas une politique
Auteur: Simon Kabbaj
Un ultimatum lancé depuis le Bureau Ovale

La tension monte à nouveau entre les États-Unis et le Royaume-Uni. Donald Trump a lancé une menace directe à l’encontre du gouvernement britannique, avertissant qu’il imposerait une taxe douanière massive sur les produits britanniques. La condition pour y échapper ? Que le Premier ministre Keir Starmer abandonne une taxe spécifique visant les géants américains de la technologie.
S’exprimant depuis le Bureau Ovale ce jeudi, l’ancien président américain a clairement indiqué que la période des négociations cordiales était révolue. La menace met en péril l’accord commercial entre les deux pays, ajoutant une pression considérable sur Downing Street.
La DST, cette taxe qui fâche Washington

Au cœur de ce conflit se trouve la taxe sur les services numériques du Royaume-Uni, connue sous le sigle DST (Digital Services Tax). Mais de quoi s’agit-il exactement ? Introduite en 2020, cette législation impose un prélèvement de 2 % sur les revenus que les grandes entreprises technologiques génèrent auprès des utilisateurs britanniques.
Pour qu’une entreprise soit soumise à cette taxe, elle doit répondre à des critères financiers précis : générer environ 673 millions de dollars de revenus à l’échelle mondiale, dont au moins 25 millions de livres sterling provenant de Grande-Bretagne. Cette mesure vise donc directement les plus grands noms de la tech américaine.
Les entreprises concernées sont des poids lourds du secteur. On pense notamment à Nvidia, Apple, Microsoft, Alphabet (la maison mère de Google) ou encore Amazon. Ce sont ces sociétés que Donald Trump estime être la cible d’une attaque déguisée.
« Ils feraient mieux d’être prudents »

Les propos de Donald Trump, rapportés jeudi par des journalistes depuis le Bureau Ovale, ne laissent aucune place au doute. « Nous avons examiné la situation et nous pouvons y répondre très facilement en imposant simplement un gros droit de douane au Royaume-Uni, alors ils feraient mieux d’être prudents », a-t-il déclaré.
Il a ensuite enfoncé le clou : « S’ils ne suppriment pas la taxe, nous mettrons probablement un gros droit de douane sur le Royaume-Uni. » Ce n’est pas la première fois que Trump s’en prend à ce qu’il considère comme une offensive européenne contre les entreprises technologiques américaines.
En août 2025, il avait publié sur son réseau Truth Social un message promettant de « tenir tête aux pays qui attaquent nos incroyables entreprises technologiques ». Il qualifiait alors les taxes et réglementations sur le numérique comme étant « conçues pour nuire aux technologies américaines ou pour les discriminer ». Il a d’ailleurs menacé à plusieurs reprises d’appliquer des « droits de douane supplémentaires substantiels » à toute nation qui ne suivrait pas sa ligne.
Le Royaume-Uni n’est pas un cas isolé

La position du Royaume-Uni n’est pourtant pas unique en Europe. D’autres nations comme la France, l’Italie et l’Espagne ont mis en place des taxes numériques similaires, s’attirant elles aussi les foudres de l’administration Trump par le passé. Le Royaume-Uni est donc loin d’être seul à subir cette pression.
Cependant, la menace résonne avec une intensité particulière dans le contexte de la « relation spéciale » qui lie historiquement Londres et Washington. Ces liens étroits, souvent mis en avant sur la scène diplomatique, donnent un poids supplémentaire aux avertissements de Donald Trump, transformant un différend économique en un véritable test de loyauté.
Un accord commercial de plus en plus fragile

CC BY 3.0, via
Wikimedia Commons.
Ce qui rend la situation encore plus complexe, c’est l’impact potentiel sur l’accord commercial entre les États-Unis et le Royaume-Uni. Annoncé en mai 2025, cet accord avait curieusement laissé la question de la taxe numérique de côté, alors même qu’elle constituait un sujet brûlant durant les négociations. Aujourd’hui, tout indique que Donald Trump souhaite revenir sur ces termes, comme le suggèrent des remarques qu’il a faites à Sky News plus tôt ce mois-ci.
L’accord, qui avait été présenté comme une victoire diplomatique majeure pour les deux pays, semble désormais beaucoup plus fragile. Pour l’heure, Downing Street n’a pas encore réagi officiellement, mais la balle est clairement dans son camp. Le Royaume-Uni est face à un choix difficile : céder, ce qui offrirait une victoire politique à Trump, ou tenir bon et risquer une guerre commerciale qui pourrait durement frapper les exportateurs britanniques.
Avec un accord commercial déjà précaire et un Donald Trump en posture combative, aucune des deux options ne semble idéale. L’affaire est à suivre.
Créé par des humains, assisté par IA.