Une mère en bonne santé met fin à sa vie dans une clinique suisse, après avoir expliqué sa décision
Auteur: Simon Kabbaj
Une décision planifiée au cœur de la Suisse

Une mère de famille britannique, Wendy Duffy, a mis fin à ses jours comme elle l’avait prévu, dans une clinique suisse. Âgée de 56 ans et originaire des West Midlands, elle ne souffrait d’aucune maladie en phase terminale et était en parfaite santé physique. Pourtant, un chagrin insurmontable l’a conduite à prendre cette décision radicale.
Pour mener à bien son projet, elle a déboursé 10 000 livres sterling auprès de la clinique Pegasos, située à Bâle. Après s’être envolée pour la Suisse en début de semaine, la procédure a eu lieu le 24 avril, une date qui marque désormais la fin de son histoire. La nouvelle a été confirmée, précisant que tout s’était déroulé selon ses volontés.
Le drame originel : la perte de son fils unique

La source de cette douleur inextinguible remonte à quatre ans. Wendy Duffy a perdu son fils unique, Marcus, alors âgé de 23 ans, dans des circonstances tragiques et soudaines. Le jeune homme s’est étouffé avec une tomate qui s’était logée dans sa trachée alors qu’il mangeait un sandwich. Il s’était endormi avec de la nourriture dans la bouche, après une soirée arrosée.
Sa mère a tenté de le sauver en pratiquant une réanimation cardio-pulmonaire avant qu’il ne soit transporté d’urgence à l’hôpital. Mais les efforts furent vains. Cinq jours plus tard, Wendy a dû prendre la décision la plus difficile de sa vie : débrancher l’assistance respiratoire de Marcus. Ce jour-là, son propre monde s’est effondré.
Un deuil impossible et une vie sans saveur

Depuis la mort de Marcus, Wendy Duffy a tout essayé pour surmonter son chagrin. Elle a suivi une thérapie et pris des antidépresseurs, mais rien n’y a fait. Elle sentait qu’elle ne pourrait jamais se remettre de cette perte. Dans un entretien accordé au Daily Mail avant son départ, elle a confié l’intensité de sa peine : « Au funérarium, j’y allais tous les jours, et je m’asseyais simplement avec lui, en écoutant sa playlist Spotify. J’ai craqué quand je l’ai vu là-bas. Mon garçon, sur une table en métal. On ne se remet pas de ça, vous savez. »
Elle a poursuivi en décrivant son état intérieur : « C’est là que je suis morte aussi, à l’intérieur. Je ne suis plus la même personne maintenant. Avant, je ressentais des choses. Plus rien ne m’importe désormais. » Pour son dernier voyage, Wendy a choisi de porter l’un des t-shirts de son fils, expliquant qu’il « sent encore son odeur ».
Le choix de Pegasos, une clinique aux critères plus souples

Le gouvernement suisse autorise depuis plusieurs années les médecins à aider les personnes gravement malades à mourir en leur fournissant des médicaments, une pratique encadrée par la loi et définie comme le respect du « droit de mourir » du patient. L’établissement le plus connu pour cela est Dignitas, qui facture en moyenne entre 10 000 et 15 000 livres sterling aux ressortissants étrangers, couvrant les frais de voyage, administratifs et médicaux.
Cependant, comme Wendy était en bonne santé physique, elle n’était pas éligible chez Dignitas. Elle s’est donc tournée vers Pegasos, une organisation dont les pratiques en matière de mort assistée sont considérées comme plus libérales. Ruedi Habegger, le fondateur de Pegasos, a déclaré au Daily Mail : « Je peux confirmer que Wendy Duffy, à sa propre demande, a été aidée à mourir le 24 avril et que la procédure s’est achevée sans incident et en pleine conformité avec ses souhaits. »
Il a également ajouté : « Je peux aussi confirmer que ni nous, ni aucun des professionnels ayant évalué sa capacité mentale n’avions le moindre doute quant à son intention, sa compréhension et son indépendance de pensée et d’action. En termes historiques du droit anglais, son cas était celui d’un ‘suicide sain d’esprit’. »
Une fin préparée dans les moindres détails

Le processus chez Pegasos impose aux patients de fournir une longue évaluation écrite de leur demande, ainsi qu’une grande quantité d’informations médicales. Ils doivent également prouver leur compétence mentale et l’absence de toute pression extérieure lors d’entretiens en face à face avec des médecins. Wendy Duffy justifiait aussi son choix d’une mort encadrée : « Je pourrais sauter d’un pont d’autoroute ou d’un immeuble, mais cela obligerait la personne qui me trouverait à vivre avec ça pour le reste de sa vie. Je ne veux infliger ça à personne. »
La procédure elle-même exigeait que Wendy s’administre elle-même la substance létale. « Je dois m’administrer le médicament moi-même, c’est ce que dit la loi », a-t-elle expliqué. « Ils posent la perfusion [dans votre bras] mais c’est à vous de tourner le ‘doobra’ [le cadran] pour que ça coule. Ensuite – ding, ding, ding – en une minute, vous êtes dans le coma, et une minute plus tard, vous êtes parti. »
Avant sa mort, en plus de payer les 10 000 livres, Wendy a écrit des lettres à ses proches, choisi sa tenue et sélectionné la musique qui l’accompagnerait. « Vous pouvez choisir la chanson que vous voulez », a-t-elle précisé. « Je vais partir sur Lady Gaga et Bruno Mars qui chantent ‘Die With A Smile’ (Mourir avec le sourire). »
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