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Des archéologues découvrent des empreintes humaines vieilles de 115 000 ans là où elles ne devraient pas être
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une trouvaille majeure dans les sables d’Arabie

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Les vestiges enfouis sous le sable détiennent la capacité de réécrire l’histoire des migrations humaines. Ce scénario a pris forme en 2017, au cœur du désert de Nefoud, dans le nord de l’Arabie saoudite. Les archéologues y ont mis au jour un site exceptionnel, connu sous le surnom de « la trace » en langue arabe, ou Alathar.

Cette apparition inespérée n’a été rendue possible qu’après une longue action combinée du temps et des conditions météorologiques, qui ont progressivement balayé la couche de sédiments recouvrant la surface. Les chercheurs se sont alors retrouvés face aux restes d’un ancien lit de lac boueux, témoin d’un passage très fréquenté il y a plus de 100 000 ans, au sein de la péninsule arabique.

Sept marques au milieu de la faune préhistorique

credit : lanature.ca (image IA)

Ce trou de boue préhistorique, figé dans un état de conservation unique, pourrait abriter les plus anciennes marques de pas humains jamais identifiées sur la péninsule arabique, comme l’affirment les scientifiques. Ce ne sont pas moins de sept empreintes d’origine humaine qui ont été formellement repérées sur cette zone archéologique.

Leur âge est estimé à 115 000 ans. Ces vestiges d’un lointain passé ne se trouvaient pas isolés, puisqu’ils ont été découverts au beau milieu d’un enchevêtrement composé de plusieurs centaines d’empreintes d’animaux préhistoriques. Il devient aisé de visualiser cette étendue jadis humide comme un point de convergence pour de multiples espèces de l’époque.

La boue, gardienne silencieuse du temps

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Une grande partie des formidables découvertes de fossiles et d’artefacts provient de situations géologiques comparables à ce lit de lac particulier. Lorsque les populations se déplacent, les traces qu’elles laissent derrière elles survivent jusqu’à ce qu’elles soient finalement recouvertes par les éléments. L’histoire offre d’autres exemples spectaculaires, comme l’événement des schistes de Burgess, beaucoup plus ancien, où certains des tout premiers organismes connus ont été préservés intacts parce qu’ils sont vraisemblablement tombés dans une coulée de boue qui les a tués sur le coup.

Un autre cas emblématique est celui d’un nodosaure cuirassé entier, retrouvé dans un état de conservation sans précédent. Cette intégrité exceptionnelle s’explique par son emprisonnement dans la boue couplé au froid glacial du fond océanique. S’il existait une récompense pour les découvertes archéologiques incroyables, une grande part de celle-ci serait directement versée à la boue.

Identifier les marcheurs du désert

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Dans leur article, les chercheurs examinent les raisons précises pour lesquelles cette boue ancienne s’est révélée si singulière. Les données indiquent que ce petit lot spécial d’empreintes conservées s’est formé sous des conditions uniques. Ces dernières agissent comme une véritable empreinte digitale permettant de rattacher l’ensemble des traces à un seul et même cadre temporel.

À partir de ces observations, les scientifiques ont cherché à déterminer qui avait laissé ces marques. L’Homo sapiens n’était pas le seul primate humanoïde bipède présent à cette époque. Les éléments recueillis suggèrent toutefois avec force que c’est bien notre espèce qui se promenait à travers ce lit de lac en cours d’assèchement.

Une autoroute préhistorique autour du lac Alathar

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L’étendue d’eau qui forme aujourd’hui le site d’Alathar constituait vraisemblablement une portion d’une vaste autoroute préhistorique. Ce couloir naturel attirait la totalité des grands animaux de la région, offrant une série de haltes d’eau douce indispensables aux êtres vivants lors de leurs migrations dictées par la météo ou le climat changeant.

Les chercheurs ont relevé une particularité notable : ils n’ont trouvé que très peu d’autres indices habituels accompagnant les déplacements humains préhistoriques. Aucune marque de couteau ni aucune trace d’outil n’a été repérée sur les ossements d’animaux, ce qui écarte l’hypothèse d’une activité de chasse sur ce lieu précis.

Le dernier passage avant l’ère glaciaire

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« Le manque de preuves archéologiques suggère que le lac Alathar n’a été visité que brièvement par des personnes, » concluent les scientifiques. « Ces découvertes indiquent que l’utilisation transitoire des rives du lac par les humains pendant une période sèche du dernier interglaciaire était probablement principalement liée au besoin d’eau potable. »

Ces individus de l’espèce Homo sapiens pourraient avoir été les tout derniers à traverser cette région alors tempérée, juste avant la descente imminente d’une ère glaciaire. Cette configuration climatique précise expliquerait pourquoi leurs traces n’ont pas été recouvertes par le passage d’un autre groupe, du moins pas avant qu’une nouvelle couche complète de sédiments ne vienne s’accumuler pour les protéger.

Selon la source : popularmechanics.com

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