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Une nouvelle découverte sur l’île de Pâques pourrait réécrire l’histoire telle que nous la connaissons
Crédit: lanature.ca (image IA)

La lente colonisation de l’océan Pacifique

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Aujourd’hui, les humains habitent, ou ont au moins exploré, la quasi-totalité de la planète. Cette immense prolifération d’Homo sapiens à travers le globe s’est révélée être un processus particulièrement lent.

Les premiers humains ont quitté l’Afrique il y a 60 000 à 90 000 ans, se propageant patiemment à travers la Terre au fil de nombreux millénaires. L’un des derniers territoires atteints par ces humains anciens se trouve dans le sud-est de l’océan Pacifique : l’île de Rapa Nui, plus largement connue sous le nom d’île de Pâques.

Située à 2 360 miles au large des côtes du Chili, pays qui a annexé le territoire en 1888, Rapa Nui constitue l’un des lieux les plus isolés au monde. Son peuple autochtone, qui porte également le nom de Rapa Nui, a accosté pour la première fois sur les rivages de l’île entre 1150 et 1280 de notre ère. Cette population a vécu dans un isolement complet jusqu’à l’arrivée du navigateur néerlandais Jacob Roggeveen en 1722.

Le mystère persistant du Rongorongo

credit : lanature.ca (image IA)

En accostant sur l’île, les Européens ont fini par découvrir les impressionnantes statues moai. Ces immenses sculptures de pierre ont rendu le peuple Rapa Nui célèbre à travers le monde entier.

Lors de ces premières explorations, les navigateurs sont tombés sur une autre forme de communication, toujours non déchiffrée aujourd’hui, appelée Rongorongo. Il s’agit d’un système d’écriture tridimensionnel qui utilise des signes picturaux finement sculptés, connus sous le nom de glyphes.

Ce système d’écriture n’a été décrit officiellement pour la première fois qu’en 1864. Depuis cette date, les archéologues et les historiens se posent une question persistante : les Rapa Nui ont-ils inventé ce langage de manière indépendante, ou ont-ils été influencés par les Européens de passage ?

Une datation au radiocarbone révélatrice

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Une étude scientifique tente de résoudre cette énigme linguistique en utilisant les techniques de datation au radiocarbone. Sur l’ensemble des 27 objets en bois portant des inscriptions Rongorongo actuellement recensés, les analyses suggèrent que l’un d’entre eux est antérieur à l’arrivée des Européens, datant d’environ 1493 à 1509.

Cette temporalité indique que les Rapa Nui auraient pu inventer le Rongorongo de manière totalement indépendante. Une telle prouesse reste extrêmement rare dans l’histoire humaine, étant généralement associée à l’émergence d’États complexes. Un autre argument de poids plaide en faveur de la théorie d’un langage purement local : le Rongorongo fonctionne de manière très différente des langues européennes, ce qui suggère l’absence d’influence extérieure perceptible.

L’auteure principale de la recherche, Silvia Ferrara, archéologue et linguiste à l’Université de Bologne en Italie, a mené ces travaux rigoureux. Elle a publié avec son équipe les résultats dans Scientific Reports en 2024.

Une possible réécriture de l’histoire humaine

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L’équipe de recherche de l’Université de Bologne souligne l’enjeu majeur de ces résultats pour la compréhension des civilisations du passé. L’étude invite à repenser la chronologie des développements linguistiques mondiaux.

Le document précise : « La question est d’une importance cruciale, car elle implique la possibilité d’une invention indépendante de l’écriture, de manière similaire à ce qui s’est produit dans d’autres parties du monde où l’écriture fut une création originale, par exemple en Mésopotamie, en Égypte, en Chine et en Mésoamérique ».

Le potentiel historique de ce système tridimensionnel s’avère exceptionnel. La publication scientifique ajoute : « Si le Rongorongo précède l’arrivée de voyageurs extérieurs, il pourrait représenter une autre, et la dernière, invention de l’écriture dans l’histoire humaine. »

Des réserves techniques et des recherches futures

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L’examen approfondi a porté sur quatre tablettes en bois au total. Bien que l’une d’entre elles fournisse des preuves de l’existence de cette langue avant l’arrivée des Européens, la découverte s’accompagne de quelques réserves. La datation au radiocarbone permet uniquement de déterminer le moment où un arbre a été abattu, et non celui où il a été gravé.

Toutefois, Ferrara suggère qu’un bois vieux de plusieurs siècles serait inadapté à une telle tâche d’inscription. L’obstacle principal réside dans la taille de l’échantillon, qui se limite à une seule pièce validée. Les autres tablettes examinées se situent toutes de l’autre côté de la ligne de partage chronologique marquant l’arrivée des Européens.

Pour rassembler davantage de preuves, Silvia Ferrara devra analyser le reste des tablettes, qui constituent les seuls vestiges de ce langage oublié depuis longtemps. Ces objets ont été dispersés à travers le globe et ne sont pas faciles d’accès. La quête se poursuit afin de replacer avec exactitude les contributions de ce peuple autochtone dans le bon contexte historique.

Selon la source : popularmechanics.com

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