Une chute spectaculaire des hospitalisations

À l’Île-du-Prince-Édouard, le programme d’immunisation contre le virus respiratoire syncytial (VRS) montre des résultats plus qu’encourageants. Depuis que la province l’a élargi pour inclure les nouveau-nés et les personnes de plus de 75 ans vivant dans la communauté, les hospitalisations au sein des groupes les plus vulnérables ont littéralement plongé.
Les chiffres sont sans appel. Pour la saison en cours, seulement trois nourrissons de moins d’un an ont été hospitalisés, contre 40 durant la période 2023-2024. Cela représente une baisse vertigineuse de 93 %. Chez les aînés, la diminution est également significative, atteignant 52 %. Une situation qui soulage la Dre Heather Morrison, médecin hygiéniste en chef de la province.
« La prévention est l’un des outils les plus puissants dont nous disposons en santé publique et ce programme de protection contre le VRS en est un exemple concret », déclare-t-elle. Elle ajoute : « Si nous pouvons limiter les formes graves, ainsi que la durée de la maladie, et limiter les hospitalisations, nous faisons quelque chose pour garder les insulaires en meilleure santé ».
Un virus particulièrement redoutable aux âges extrêmes

Bien que le virus respiratoire syncytial puisse infecter n’importe qui, il se révèle particulièrement dangereux pour les plus jeunes et les plus âgés. Selon le Dr Jesse Papenburg, pédiatre infectiologue à l’hôpital de Montréal pour enfants du Centre universitaire de santé McGill, la physiologie des patients explique cette vulnérabilité accrue.
« Pour les nouveau-nés, l’absence d’immunité au VRS et leurs voies respiratoires plus étroites font en sorte que c’est plus facile pour le virus de descendre dans les poumons », explique le spécialiste. Ce phénomène peut entraîner une bronchiolite, qui est une inflammation des voies respiratoires inférieures du bébé. « Ce qui pourrait nécessiter une hospitalisation », poursuit-il.
Pour les personnes âgées, le risque de complications graves augmente de manière exponentielle, notamment chez celles qui souffrent déjà de troubles cardiaques ou respiratoires, observe le Dr Jesse Papenburg.
Une double protection pour les tout-petits

Pour garantir la sécurité des nourrissons dès leurs premiers jours, la province de l’Île-du-Prince-Édouard a mis en place une approche complémentaire. Deux méthodes sont utilisées pour offrir un bouclier efficace contre le VRS.
La première stratégie repose sur le Nirsévimab, un anticorps autorisé depuis 2023. Il est administré directement au bébé et lui confère une protection qui dure au moins cinq mois. La seconde approche concerne les futures mères. Les femmes enceintes peuvent en effet se faire vacciner, permettant ainsi aux anticorps de traverser le placenta. Le nourrisson bénéficie alors d’une protection passive qui le couvrira durant ses six premiers mois de vie.
Un vaccin « révolutionnaire » pour les aînés

Le Dr Jesse Papenburg qualifie l’impact de ces nouvelles protections de majeur. « Les gens de première ligne ont observé une réduction marquée des hospitalisations, des visites à l’urgence dues au VRS chez les tout-petits. C’est vraiment révolutionnaire en pédiatrie », affirme-t-il. Les aînés ne sont pas en reste et bénéficient eux aussi d’une avancée notable.
Un autre type de vaccin, disponible sur le marché depuis 2024, leur est destiné. Sa principale caractéristique est sa durabilité. Contrairement au vaccin contre la grippe, qui nécessite un rappel annuel, celui-ci offre une défense à long terme. « Les dernières études démontrent que le vaccin pour les personnes âgées offre une protection pour au moins trois ans », rapporte le Dr Papenburg.
Les données confirment son efficacité : les études montrent que ce vaccin réduit les risques d’hospitalisation de 50 % à 80 % chez les personnes âgées.
La prévention, une stratégie payante

En conclusion, l’expérience menée à l’Île-du-Prince-Édouard démontre une vérité fondamentale en santé publique. En allégeant la charge de travail qui pèse sur les hôpitaux et en évitant des complications graves aux patients les plus fragiles, la province prouve que l’investissement dans la prévention demeure la stratégie la plus efficace pour protéger une population.
C’est la conviction de la Dre Heather Morrison, qui voit dans ce succès la confirmation du bien-fondé de cette approche proactive. Cet article a été rédigé avec des informations de CBC.
Selon la source : ici.radio-canada.ca