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Le hantavirus peut-il se propager dans le monde ? Une experte répond
Crédit: Alexandra Wharton-Smith EECCGLOBAL / lanature.ca (image IA)

Une épidémie en mer qui ravive de mauvais souvenirs

Alexandra Wharton-Smith EECCGLOBAL

La nouvelle a de quoi inquiéter. Une épidémie de hantavirus s’est déclarée à bord d’un navire de croisière néerlandais, le MV Hondius, qui transportait environ 150 passagers. Le bilan est déjà lourd : trois personnes sont décédées, et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a confirmé cinq autres cas.

Cet événement a immédiatement fait les gros titres, ravivant chez beaucoup la peur d’une nouvelle crise sanitaire mondiale. La souche identifiée à bord est le virus des Andes, une forme de hantavirus connue pour sa capacité à se transmettre d’une personne à l’autre par contact. Face à cette situation, l’OMS a tenu à rassurer en affirmant que le hantavirus n’est « pas le prochain Covid ».

Pourtant, de nombreuses questions demeurent. Pour y voir plus clair, le média UNILAD a interrogé le Dr. Alexandra Wharton-Smith, une chercheuse en santé mondiale et spécialiste des maladies infectieuses, qui travaille actuellement comme conseillère pour l’organisation Essential Emergency & Critical Care Global.

Le risque de pandémie : l’avis d’une experte

lanature.ca (image IA)

Devrions-nous nous préparer à une nouvelle pandémie ? La réponse du Dr. Wharton-Smith se veut optimiste. « Je suis optimiste sur le fait que cela ne deviendra pas une pandémie mondiale, car les preuves que nous avons jusqu’à présent sur la souche Andes montrent historiquement qu’elle reste relativement contenue et que la transmission interhumaine ne s’est produite principalement que par un contact étroit et prolongé avec des personnes infectées », explique-t-elle.

Elle souligne que l’épidémie actuelle est suivie de très près pour éviter toute propagation supplémentaire. « Il n’y a pas eu beaucoup de cas confirmés jusqu’à présent. Les contacts de ces cas sont en cours de traçage pour nous assurer que nous pouvons arrêter toute nouvelle propagation », précise la spécialiste.

Le Dr. Wharton-Smith ajoute un élément de comparaison important : « D’après ce que nous savons, les hantavirus sont beaucoup moins infectieux que d’autres virus comme la grippe, la rougeole ou le COVID-19 et la période pendant laquelle les gens peuvent infecter les autres est plus courte, bien que la période d’incubation (le temps qui peut s’écouler entre l’exposition au virus et la maladie) soit assez longue – possiblement jusqu’à 6-8 semaines. »

Une propagation mondiale est-elle possible ?

Le Dr. Wharton-Smith estime probable que d’autres cas de hantavirus apparaissent à travers le monde. La raison est simple : les anciens passagers du MV Hondius, potentiellement exposés au virus, ont débarqué à différents moments et dans différents lieux au cours du voyage. Le navire a en effet commencé son périple le 1er avril en Argentine, puis a navigué vers les îles Sandwich, Tristan da Cunha et Sainte-Hélène. Le 27 avril, il a atteint l’île de l’Ascension avant de mettre le cap sur le Cap-Vert. C’est durant ce dernier trajet que le premier cas positif a été confirmé, le 2 mai, selon CBC.

Malgré cette perspective, la spécialiste reste confiante quant à la capacité des autorités à contenir la maladie. « Les cas confirmés et ceux qui sont tombés malades jusqu’à présent semblent bien contenus pour éviter que cela ne se propage à plus de personnes », dit-elle. Elle ajoute : « Les travailleurs de la santé sont bien équipés pour pratiquer une bonne prévention et un bon contrôle des infections et, grâce à notre expérience avec le COVID-19, les gouvernements savent quelles mesures mettre en place pour arrêter l’augmentation des cas si et quand des cas se produisent. »

Se basant sur les données historiques, elle conclut : « Sur la base des informations limitées que nous avons sur les épidémies passées en Amérique du Sud, il ne semble pas se propager aussi rapidement et intensément que d’autres virus respiratoires, donc j’ai bon espoir que ces cas seront bien contenus et que nous ne verrons pas une forte augmentation des cas. »

Quels conseils pour les personnes inquiètes ?

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Face à l’anxiété que peut générer cette situation, le Dr. Alexandra Wharton-Smith livre un conseil simple et direct : « Mon conseil pour l’instant est de ne pas s’inquiéter, de se tenir au courant des nouvelles provenant de sources fiables et de continuer comme d’habitude. »

Elle explique pourquoi la panique n’est pas de mise. « L’OMS et les autorités sanitaires nationales suivent de près toute personne ayant été exposée aux cas du navire de croisière et les surveillent pour empêcher le virus de se propager davantage. »

La spécialiste rappelle également les modes de transmission du virus. « Le hantavirus est transmis par l’exposition à des rongeurs infectés et à leurs fluides et/ou déjections. Avec la souche Andes du hantavirus, la transmission interhumaine est possible par contact étroit et par les fluides de personnes infectées, mais actuellement il n’y a qu’une poignée de cas et ils sont suivis de près et reçoivent des soins. »

Chronologie d’une épidémie en mer : 1er avril

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Le 1er avril marque le début du voyage. Le navire de croisière MV Hondius quitte Ushuaia, en Argentine, pour une expédition ambitieuse. À son bord se trouvent environ 150 personnes de 23 nationalités différentes.

L’itinéraire prévu est exceptionnel, emmenant les passagers vers des destinations reculées comme l’Antarctique, la Géorgie du Sud, l’île Nightingale, Tristan da Cunha, Sainte-Hélène et l’île de l’Ascension. L’ambiance est à l’aventure, personne ne se doute encore du drame qui va se jouer.

6 – 11 avril : Premiers symptômes et premier décès

Le 6 avril, soit cinq jours seulement après le départ, un premier signal d’alarme retentit, bien que discret. Un passager néerlandais de 69 ans se plaint de fièvre, de maux de tête et d’une légère diarrhée. Ces symptômes sont alors considérés comme bénins.

Cependant, l’état de l’homme se détériore rapidement. Le 11 avril, il succombe des suites d’une détresse respiratoire. C’est le premier décès à bord, plongeant le navire dans une atmosphère de tristesse et d’incertitude.

12 – 24 avril : Une annonce rassurante et de nouveaux cas

Le 12 avril, le capitaine du MV Hondius annonce la nouvelle du décès aux passagers. Selon le témoignage d’un des voyageurs, le capitaine aurait affirmé que l’homme était mort de causes naturelles et qu’il n’y avait aucun risque de contagion. La vie à bord reprend alors son cours normal.

Mais le répit est de courte durée. Le 24 avril, la situation prend une nouvelle tournure. L’épouse du défunt, une femme néerlandaise également âgée de 69 ans, débarque à Sainte-Hélène, une île isolée de l’Atlantique Sud, en présentant des symptômes gastro-intestinaux. Le même jour, un passager britannique consulte le médecin du bord pour un essoufflement et des signes de pneumonie.

25 – 27 avril : Un deuxième décès et une évacuation d’urgence

Le 25 avril, la passagère néerlandaise embarque sur un vol Airlink à destination de Johannesburg, en Afrique du Sud. Cet événement déclenchera dans les jours suivants une vaste opération de recherche pour retrouver les 82 passagers et les six membres d’équipage de ce vol.

Le lendemain, 26 avril, la femme de 69 ans décède après son arrivée aux urgences de Johannesburg. Pendant ce temps, à bord du navire, l’état du passager britannique s’aggrave. Le 27 avril, il est évacué par voie médicale depuis l’île de l’Ascension vers l’Afrique du Sud, où il est admis en soins intensifs. Le MV Hondius active alors son plan de santé et de sécurité, nommé SHIELD.

prompt image: IMAGE_PROMPT: Vue d’un avion de ligne sur le tarmac d’un aéroport isolé, avec des paysages volcaniques en arrière-plan. Des équipes au sol s’affairent autour de l’appareil. La scène est capturée en fin de journée, avec une lumière dorée. Photo documentaire.

28 avril – 2 mai : Le hantavirus est enfin identifié

La série noire se poursuit. Le 28 avril, un passager allemand développe à son tour de la fièvre. La situation devient critique le 2 mai : ce même passager décède des suites de symptômes s’apparentant à une pneumonie. C’est le troisième décès lié à cette mystérieuse maladie.

Le même jour, une information cruciale arrive enfin. Les analyses de laboratoire confirment que le passager britannique hospitalisé en Afrique du Sud est porteur du hantavirus. L’alerte est donnée au plus haut niveau : le Royaume-Uni notifie immédiatement l’Organisation Mondiale de la Santé.

4 – 6 mai : Confirmations, nouveaux cas et évacuations

Le 4 mai, les analyses post-mortem confirment que la passagère néerlandaise était elle aussi atteinte du hantavirus. L’opérateur du navire, Oceanwide Expeditions, reconnaît publiquement que deux membres d’équipage, un Britannique et un Néerlandais, présentent des symptômes respiratoires aigus et nécessitent une attention médicale urgente.

Le 6 mai, l’affaire prend une dimension européenne. Les autorités suisses confirment un cas de hantavirus chez un passager du MV Hondius qui, ayant eu connaissance de l’épidémie, s’était présenté de lui-même dans un hôpital de Zurich. Le même jour, les deux membres d’équipage malades, ainsi qu’un contact proche du passager allemand décédé, sont évacués du navire. Sur ces trois personnes, deux sont désormais dans un état stable à l’hôpital, et la troisième est asymptomatique en Allemagne. Le MV Hondius met alors le cap au nord, vers les îles Canaries, Oceanwide Expeditions affirmant qu’aucune personne symptomatique ne reste à bord.

8 – 10 mai : Les derniers développements

Le 8 mai, le Royaume-Uni annonce un nouveau cas suspect de hantavirus. Il s’agit d’un troisième ressortissant britannique, localisé sur l’île isolée de Tristan da Cunha, une des escales du navire.

Le parcours du MV Hondius doit s’achever. Le navire est attendu le 10 mai au port de Granadilla, à Tenerife, dans les îles Canaries. La fin d’un voyage qui aura viré au cauchemar pour de nombreux passagers et membres d’équipage.

Selon la source : unilad.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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