Un passionné de détection métallique fouillait un champ et a découvert un trésor de l’âge du bronze vieux de 2 500 ans
Auteur: Mathieu Gagnon
Une découverte fortuite sous les terres polonaises

Comme l’a documenté le spécialiste Tim Newcomb, un détectoriste de métaux muni d’une licence menait des recherches dans le sud-est de la Pologne lorsqu’il a fait une trouvaille inattendue. Enfouis à environ un pied de profondeur dans le sol, des objets anciens attendaient d’être mis au jour. Ce chercheur a ainsi exhumé un trésor rare datant de l’âge du bronze, comprenant un total de 18 bracelets et bracelets de cheville.
L’ensemble de cette cachette a été minutieusement dissimulé au même endroit. Les spécialistes datent ces pièces entre 550 et 400 avant notre ère. Cet enfouissement interroge les archéologues sur les raisons qui ont poussé quelqu’un à laisser une collection d’une telle valeur dans la terre il y a 2 500 ans. Ces artefacts se présentent souvent sous la forme de paires identiques, toutes façonnées en bronze, pour un poids totalisant près de huit livres.
L’intervention rapide des experts du patrimoine

Selon une déclaration traduite émanant du Conservateur des monuments de la voïvodie de Lublin, le détectoriste a immédiatement signalé sa découverte aux autorités compétentes. Suite à ce signalement, des archéologues en provenance de Zamość et de Cracovie se sont rendus sur le terrain pour examiner le site avec précision.
Sur place, les experts ont comptabilisé exactement 18 bracelets et bracelets de cheville. Le métal utilisé pour la fabrication de ces éléments est exclusivement le bronze. L’ensemble de la trouvaille pèse presque huit livres au total, ce qui témoigne de la densité matérielle et de la richesse exceptionnelle de la collection exhumée.
Un savoir-faire rare et des ornements complexes

L’aspect décoratif de ces pièces apporte une dimension supplémentaire à la découverte, car elles ont été façonnées dans le style distinctif de la culture lusacienne. Trouver un tel trésor adoptant ce style précis reste un événement rare pour la région de Zamość, située dans l’actuelle Pologne. Cette ancienne culture était pourtant largement reconnue pour son travail du bronze à travers de nombreuses régions d’Europe.
Les lourds bracelets pour les poignets et les chevilles ont été fabriqués à partir de morceaux de bronze, prenant souvent la forme d’une tige unique. Celle-ci était ensuite torsadée, sculptée et gravée pour y ajouter des ornements. Une grande partie de ces objets possédait un jumeau identique, suggérant qu’ils pouvaient servir d’ensembles assortis pour les deux poignets et les deux chevilles. Les artefacts étaient équipés de fermoirs et se trouvaient, selon les rapports, en bon état de conservation.
La plupart des bracelets affichaient un intérieur lisse, tandis que l’extérieur présentait des gravures à motifs, généralement des formes géométriques et des lignes. Ces ornements recouvraient parfois intégralement les objets avec une précision impressionnante. Les artisans ont opté pour des rainures, des chevrons et d’autres formes géométriques, mêlant de multiples styles et dessins sur une seule et même pièce. Quelques rares objets présentaient des gravures sur leur face intérieure, alors que d’autres ne comportaient aucune gravure. Une paire spécifique de bracelets de cheville présentait des nodules en saillie sur l’extérieur, le bronze ayant apparemment été repoussé depuis l’intérieur concave pour obtenir l’effet désiré à l’extérieur. Le professeur Wojciech Blajer, de Cracovie, a qualifié les motifs lusaciens de la manière suivante : « une démonstration d’un artisanat hautement qualifié ».
L’influence commerciale de la culture lusacienne

À ce stade, les experts ignorent l’identité exacte du propriétaire de ce trésor. La culture lusacienne, qui a existé de 1300 à 500 avant notre ère, s’étendait sur un territoire englobant ce qui constitue aujourd’hui la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, l’Allemagne et l’Ukraine. Ce peuple était particulièrement connu pour l’établissement de ses colonies fortifiées à proximité des sources d’eau.
Les Lusaciens concentraient généralement leurs activités sur l’agriculture et l’élevage d’animaux. Ils travaillaient néanmoins le bronze avec une grande dextérité et maîtrisaient d’autres types d’artisanat, la poterie s’avérant particulièrement populaire au sein de leurs communautés. Leurs implantations, stratégiquement situées le long de routes commerciales clés, ont permis d’intégrer harmonieusement leur travail au sein de multiples cultures de l’époque.
Les secrets millénaires d’un trésor préservé

Les 18 bracelets et bracelets de cheville ont très probablement été placés ensemble de manière intentionnelle. Ils ont potentiellement été enterrés dans le but de préserver un trésor personnel, bien que la possibilité d’un enfouissement rituel demeure toujours envisageable selon les chercheurs. Les spécialistes estiment que cette cachette aurait appartenu à un individu de haut rang, compte tenu du raffinement de l’artisanat et de la grande valeur que représente une si vaste collection de biens en bronze.
Aujourd’hui, l’ensemble du trésor a été transféré en sécurité au musée de Zamość. Les restaurateurs prévoient d’étudier en détail la composition des bronzes ainsi que les techniques de fabrication utilisées par les artisans de l’époque. Ils espèrent ainsi tirer de nouveaux secrets de ces objets fascinants qui sont restés cachés sous la terre pendant deux millénaires et demi.
Selon la source : popularmechanics.com