Une piste prometteuse venue de Corée du Sud

La recherche sur les maladies neurodégénératives explore de multiples pistes pour freiner le déclin cognitif. Une vaste étude menée par des chercheurs sud-coréens s’est récemment penchée sur un marqueur biologique bien connu du grand public : le cholestérol LDL, couramment désigné sous l’appellation de « mauvais cholestérol ».
Les résultats de ces travaux ont été publiés dans le Journal of Neurology Neurosurgery & Psychiatry. Ils suggèrent qu’un faible taux de ce cholestérol LDL dans le sang pourrait être associé à une diminution significative du risque de développer une démence. Cette observation englobe notamment la maladie d’Alzheimer, l’une des formes de démence les plus répandues à travers le monde.
L’analyse de 570 000 dossiers médicaux

Le point de départ de cette investigation repose sur des observations antérieures. Plusieurs travaux scientifiques avaient déjà mis en évidence un lien entre un excès de cholestérol dans le sang et un risque accru de développer diverses pathologies neurodégénératives. L’équipe sud-coréenne a donc cherché à déterminer si l’inverse était vérifiable, à savoir si le risque de démence recule à mesure que les taux de mauvais cholestérol diminuent.
Pour mener à bien cette recherche, les scientifiques ont déployé des moyens considérables. Ils ont analysé les données médicales de plus de 570 000 patients. Ces individus étaient suivis au sein d’un réseau composé de 11 hôpitaux universitaires différents. La méthode a consisté à comparer des groupes distincts de patients, classés en fonction de leurs taux de LDL-C sanguin.
Les seuils mesurés et leurs effets protecteurs

Les comparaisons entre les différents groupes ont permis d’isoler des chiffres précis. Les chercheurs ont constaté que les personnes présentant un taux de cholestérol LDL inférieur à 1,8 millimole par litre de sang (mmol/L), ce qui correspond à 70 milligrammes par décilitre (mg/dl), bénéficiaient d’une protection notable. Chez ces patients, le risque de démence globale apparaissait réduit de 26 %.
Concernant spécifiquement la maladie d’Alzheimer, la réduction du risque atteignait 28 % pour ce même groupe. Ces pourcentages sont calculés par rapport aux personnes affichant un taux supérieur à 3,4 mmol/L (soit 130 mg/dl). À titre indicatif, en l’absence de tout autre facteur de risque cardiovasculaire, un taux de mauvais cholestérol est médicalement considéré comme normal lorsqu’il se situe sous la barre des 160 mg/dl.
Une limite à ne pas franchir vers le bas

La publication, dont les conclusions détaillées figurent dans The Journal of neurology, neurosurgery and psychiatry, apporte une nuance importante à cette dynamique de baisse. Si la diminution du LDL protège le cerveau, abaisser ce taux à des niveaux extrêmement bas n’apporte aucun bénéfice supplémentaire en termes de prévention de la démence.
L’étude révèle en effet que l’effet protecteur observé commence à diminuer progressivement lorsque les taux de LDL-C deviennent très bas. Plus précisément, cet avantage préventif disparaît complètement en dessous du seuil de 0,8 mmol/L, soit 30 mg/dL. Un taux excessivement bas ne constitue donc pas une garantie supérieure contre le déclin cognitif.
L’impact des traitements par statines

L’analyse des dossiers a permis de mettre en lumière le rôle des traitements médicamenteux. Les chercheurs ont observé que les statines, qui sont des médicaments spécifiquement utilisés pour faire baisser la cholestérolémie, renforçaient la protection offerte par un faible taux de LDL-C. Chez les patients ayant atteint un taux inférieur à 1,8 mmol/L, la prise de ces statines était associée à une baisse supplémentaire des risques.
Concrètement, cette thérapie ajoute une réduction du risque de démence de 13 %, et de 12 % pour la maladie d’Alzheimer. Les auteurs de l’étude formulent leur conclusion ainsi : « Ces résultats soulignent le rôle crucial de la gestion du LDL cholestérol dans la réduction du risque de démence ».
L’équipe scientifique apporte une précision finale indispensable à la lecture de ces données. Elle admet qu’il s’agit d’une étude observationnelle. Par conséquent, si une forte corrélation est démontrée par les statistiques, ce type d’analyse n’établit pas formellement de lien direct de cause à effet entre les deux phénomènes.
Selon la source : futura-sciences.com