Aller au contenu
Crise de l’itinérance : la demande à 3,5 milliards des maires canadiens face à Ottawa
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un appel massif à Ottawa : repenser l’itinérance comme un projet national

credit : lanature.ca (image IA)

Les dirigeants des plus grandes municipalités du pays haussent le ton. Réunis à Edmonton ce jeudi dans le cadre du congrès annuel de la Fédération canadienne des municipalités, plusieurs élus ont exigé que le gouvernement fédéral aborde la lutte contre l’itinérance avec la même envergure que les grands chantiers d’infrastructure ou d’énergie. Une urgence qui nécessite des capitaux considérables afin d’épauler les initiatives locales.

Josh Morgan, le maire de London en Ontario, a pris la parole lors de cette conférence de presse pour définir les contours de cette vision ambitieuse. « Soyons clairs : ces investissements sont essentiels et nous en avons besoin plus que jamais, mais ils ne constituent qu’une partie du tableau », a-t-il affirmé devant les journalistes. L’élu ontarien a tenu à recentrer le débat sur la base de la société. « La force du Canada repose également sur des éléments plus proches de nous : des communautés solides et des centres-villes dynamiques. »

Accompagné du maire d’Edmonton, Andrew Knack, et de la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, Josh Morgan a formulé une requête financière précise : consacrer 3,5 milliards de dollars par an à la réduction de l’itinérance chronique. Fait curieux survenu ailleurs sur Info dans un tout autre registre scientifique, l’actualité souligne que des vaccins expérimentaux contre la maladie d’Ebola se trouvent actuellement dans des congélateurs à Winnipeg et au Texas.

Des statistiques préoccupantes à travers les centres-villes canadiens

credit : lanature.ca (image IA)

Le montant colossal de 3,5 milliards de dollars n’a pas été choisi de manière arbitraire par les élus municipaux. Cette somme émane directement d’une recommandation formulée en 2024 par Yves Giroux. L’ancien directeur parlementaire du budget avait alors estimé qu’il s’agissait précisément du niveau de dépenses supplémentaires nécessaire si Ottawa souhaitait réduire de moitié l’itinérance chronique à travers le pays.

La réalité sur le terrain justifie cette demande budgétaire exceptionnelle. Soraya Martinez Ferrada, ancienne ministre fédérale libérale, a énoncé que ce problème touchait tous les centres-villes. Elle a pris soin de citer sa propre ville, tout en mentionnant celles d’Edmonton et de Winnipeg comme étant particulièrement préoccupantes. Les données dévoilées illustrent cruellement l’ampleur du phénomène : plus de 3000 personnes dans la capitale de l’Alberta seraient en situation d’itinérance, tandis que le total à Winnipeg s’élevait à au moins 1200.

Face à ces constats, l’élue montréalaise a lancé un appel à la solidarité nationale. « Ces chiffres proviennent peut-être de villes différentes, mais ils racontent la même histoire », a souligné Mme Martinez Ferrada. L’édile a insisté sur l’interdépendance des territoires face à cette crise : « Aucune communauté n’est à l’abri, et aucune ville ne peut relever ce défi seule. » Elle a ensuite précisé la nature du travail à accomplir : « Mettre fin à l’itinérance ne sera pas simple – ce n’est pas simple, c’est très complexe –, mais cela nécessite des efforts. Et cela nécessite des efforts coordonnés au sein de nos gouvernements. »

Revenir aux modèles éprouvés des décennies passées

credit : lanature.ca (image IA)

En tant que président du groupe des maires des grandes villes de la Fédération, Josh Morgan a tenu à rappeler que les municipalités ne partent pas d’une page blanche. De nombreuses solutions existent déjà sur le terrain, à l’image des logements accompagnés d’un ensemble de services de soutien. Le véritable obstacle demeure que les niveaux de financement actuels ne suffisent pas pour changer véritablement la donne.

La demande du caucus municipal vise donc une expansion massive des pratiques victorieuses pour inverser la tendance. « C’est ce que nous demandons. Nous demandons des solutions dont nous savons qu’elles fonctionnent, et nous demandons qu’elles soient mises en œuvre à une échelle suffisante pour s’attaquer efficacement aux défis auxquels nos villes sont confrontées », a insisté le maire de London devant l’assemblée.

De son côté, Andrew Knack a plaidé pour un retour aux politiques publiques ayant marqué la fin du vingtième siècle. Il a ajouté qu’il aimerait voir Ottawa investir dans le logement social comme il l’a fait dans les années 1970 et 1980. Mettant de côté toute volonté de confrontation, il a précisé l’intention derrière cette requête : « Il ne s’agit pas de transférer la responsabilité. Il s’agit simplement de demander au gouvernement fédéral de faire ce qu’il faisait il y a longtemps », a-t-il dit.

Un front uni pour la prévention, la sécurité et les infrastructures

credit : lanature.ca (image IA)

Entourés de 16 de leurs collègues lors de la conférence de presse, les leaders municipaux ont élargi le spectre de leurs revendications. Parallèlement à l’appel lancé à Ottawa pour qu’il consacre 3,5 milliards de dollars par an à la réduction de l’itinérance, le caucus des maires des grandes villes demande la mise en place d’une véritable refonte stratégique. Ils réclament que des mesures de prévention et d’intervention soient intégrées dans une stratégie nationale du logement actualisée.

Les attentes des maires envers le prochain budget fédéral dépassent le simple cadre de l’habitat. Ils ont annoncé vouloir voir des mesures plus larges prises pour soutenir leurs communautés face aux divers enjeux contemporains. Parmi les priorités identifiées figure une augmentation des subventions pour lutter contre le crime organisé, un fléau qui fragilise grandement la sécurité urbaine.

Le développement physique des territoires s’inscrit pleinement dans ces doléances collectives. Une autre demande consiste à doubler le financement mis à la disposition des municipalités dans le cadre du Fonds pour bâtir des collectivités fortes. Une telle bonification budgétaire garantirait que les villes puissent investir davantage dans les infrastructures locales, pierres angulaires de la vitalité économique.

Les retombées des programmes actuels défendues par Ottawa

La réaction du gouvernement fédéral face à ces multiples sollicitations met en exergue l’importance absolue de la collaboration intergouvernementale. Un porte-parole du ministre du Logement et des Infrastructures, Gregor Robertson, a écrit dans un communiqué que la lutte contre l’itinérance exigeait une coordination entre tous les ordres de gouvernement.

Le représentant Mohammad Hussain a pris la parole pour défendre l’approche de l’administration fédérale. Il a indiqué qu’Ottawa souhaitait s’appuyer sur le succès des programmes existants. Il a spécifiquement nommé l’initiative « Reaching Home », qui consiste à financer les collectivités locales et les organismes à but non lucratif pour lutter contre l’itinérance. Josh Morgan avait d’ailleurs concédé que c’est l’un des programmes qui pourrait avoir un impact plus important si des fonds supplémentaires étaient mis à disposition.

Pour illustrer l’efficacité de cette méthode, le gouvernement a mis en avant des statistiques particulièrement fournies concernant les bénéficiaires de ces subventions. « Au cours de ses six premières années, \ »Reaching Home\ » a aidé plus de 112 000 personnes à trouver un logement plus stable et a permis de fournir à plus de 203 000 personnes des services essentiels de prévention de l’itinérance », a rapporté M. Hussain pour clore cette discussion stratégique.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu