Un premier bilan positif, un an après le vote

Voilà un an, le 28 avril 2025, Mark Carney prenait les rênes du pouvoir. Depuis, son gouvernement semble vivre une lune de miel d’une longueur surprenante avec l’électorat. Les Canadiens, de leur côté, paraissent toujours en accord avec le pari qu’ils ont fait en le portant à la tête du pays.
Le véritable marqueur de cette première année se résume en un mot : le virage. Le Canada a amorcé un recentrage économique net, une approche disciplinée qui rappelle le monde de la finance. Ce style tranche radicalement avec les années Trudeau, qui pouvaient donner l’impression d’une surenchère de générosité étatique financée par la dette.
Le Canada géré comme une entreprise

Mark Carney ne s’en cache pas : il gouverne comme il dirigeait autrefois, avec une méthode rigoureuse et un sang-froid constant. Sous sa direction, le Canada prend des allures d’une grande organisation à piloter, d’une entreprise qu’il faut redresser. Dans cette vision, les citoyens deviennent un conseil d’administration exigeant, qui a le pouvoir de le congédier à la moindre erreur de parcours.
Pour l’épauler, un véritable comité de gestion des risques a été mis en place. Sa mission est de surveiller les secousses mondiales, qu’il s’agisse des décisions de Donald Trump ou des tensions avec l’Iran. Pendant ce temps, le premier ministre se concentre sur un objectif clair : regagner des parts de marché pour le pays, tant sur la scène internationale qu’au niveau national.
Une réponse aux turbulences passées

Ce changement de cap correspondait précisément aux attentes du contexte. Après avoir subi les turbulences d’une guerre tarifaire qui avait ébranlé bien des certitudes, les électeurs ne voulaient plus d’effets de tribune ou de slogans accrocheurs. Ils cherchaient avant tout une tête froide.
Le besoin était celui d’un stratège, d’un pilote capable de naviguer en pleine tempête sans se laisser distraire. L’élection de Mark Carney a été le reflet de ce désir de stabilité et de compétence technique face à un environnement international imprévisible.
Remise à niveau et pragmatisme en action

La première année du mandat Carney peut être vue comme celle de la remise à niveau. L’effort principal a été de relancer la machine économique. Parallèlement, un travail de fond a été mené pour réparer des relations diplomatiques et politiques qui avaient été malmenées.
Cela concerne aussi bien des partenaires internationaux comme la Chine et l’Inde que des provinces au sein même du pays, notamment l’Alberta et la Saskatchewan. Pour redonner du lustre à l’image du Canada, le gouvernement a misé sur des discours calibrés, comme celui prononcé au Forum économique mondial de Davos. Surtout, cette approche rompt avec certains réflexes idéologiques pour privilégier un pragmatisme plus ancré dans le réel.
Un modèle qui inspire, mais jusqu’à quand ?

Jusqu’à présent, cette formule semble tenir la route. Son succès est suffisant pour inspirer au-delà des frontières fédérales, jusque dans les rangs provinciaux. On peut penser par exemple à Christine Fréchette, qui emprunte déjà certains accents de cette rigueur économique dans son propre discours.
La question demeure : cette gestion, aussi prudente soit-elle, survivra-t-elle aux inévitables chocs politiques qui l’attendent ? Car en politique comme en finance, une règle prévaut toujours : les cycles finissent par rattraper même les acteurs les plus précautionneux. L’épreuve du temps reste le véritable juge.
Selon la source : journaldemontreal.com