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Hantavirus : 4 Canadiens en isolement, une période critique commence
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un retour sous haute surveillance

Bonnie Henry speaking during a BC COVID-19 update. ProvinceofBC via wikimedia CC BY 3.0

Quatre passagers canadiens, de retour d’une croisière touchée par une épidémie d’hantavirus, sont désormais en isolement en Colombie-Britannique. La médecin en chef de la province, le Dr Henry, a qualifié la situation de « période critique ». Elle insiste cependant sur un point : il ne faut pas les appeler des « patients », car ils ne sont pas considérés comme infectés et ne présentent aucun symptôme à ce jour.

Les autorités sanitaires vont suivre ces quatre personnes de très près. Elles devront respecter une période d’isolement minimale de 21 jours. Durant ce laps de temps, tout sera mis en œuvre pour s’assurer de leur bien-être et de leur suivi médical. C’est une mesure de précaution indispensable face à un virus dont le comportement reste à surveiller.

L’inquiétude vient principalement de la durée d’incubation du virus. « Nous savons aussi que la période d’incubation de cette souche du virus peut aller jusqu’à six semaines, nous sommes donc réellement dans une période critique », a expliqué le Dr Henry aux journalistes. « Nous savons que la période d’incubation médiane est d’environ 15 à 18 jours, donc nous sommes encore dans une phase où nous pourrions voir apparaître de nouveaux cas. »

Le long voyage depuis l’Europe

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L’aventure de ces quatre Canadiens a commencé à bord du navire de croisière MV Hondius. C’est sur ce bateau qu’une épidémie d’hantavirus s’est déclarée, entraînant huit cas confirmés et trois décès. Le navire a finalement accosté à Tenerife, en Espagne, un dimanche matin, marquant le début d’un rapatriement complexe.

Pour leur retour, aucune précaution n’a été négligée. Les quatre résidents de Colombie-Britannique ont dû porter des équipements de protection intégrale au moment de monter à bord d’un avion spécialement affrété. Leur première destination au Canada fut l’aéroport de Saguenay-Bagotville, situé à environ deux heures de la ville de Québec. Selon Affaires mondiales Canada, ils devaient ensuite changer d’appareil pour un vol vers la côte ouest, bien que la destination finale en Colombie-Britannique n’ait pas été communiquée par les autorités.

Le rapatriement a été une opération coordonnée entre plusieurs agences. Les Forces armées canadiennes ont prêté leur concours à Affaires mondiales Canada et à l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Leur rôle s’est limité à faciliter le transfert des quatre personnes sur le vol de retour et à assurer la transition entre l’ASPC et les autorités sanitaires provinciales à leur arrivée en Colombie-Britannique.

Un protocole d’isolement strict

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Une fois arrivés en Colombie-Britannique, les quatre voyageurs ont été immédiatement pris en charge. Le Dr Henry a précisé qu’ils devaient subir une évaluation de santé menée par les responsables locaux de la santé publique. Ils ont ensuite été transportés directement vers des logements individuels pour commencer leur période d’isolement, loin de tout contact public.

La médecin en chef a été catégorique sur ce point : « À aucun moment nous ne nous attendons à ce qu’ils soient en contact avec le public durant ce processus d’arrivée ou pendant leur période d’isolement ». La société propriétaire du navire, Oceanwide Expeditions, a confirmé la présence de quatre Canadiens parmi les quelque 130 passagers asymptomatiques. L’entreprise a également indiqué que des représentants de plusieurs organisations, dont l’Organisation mondiale de la Santé, avaient procédé à un dépistage des passagers au port de Tenerife.

La durée de cet isolement est calculée avec précision. La période minimale de 21 jours a commencé à courir à partir du 6 mai, date estimée du dernier contact potentiel avec une personne porteuse du virus. Une fois ces 21 jours écoulés, les autorités sanitaires locales réévalueront la situation. Elles pourront alors décider de prolonger la quarantaine jusqu’à un maximum de 42 jours au total depuis la dernière exposition potentielle, ce qui correspond à la durée maximale d’incubation connue.

Qu’est-ce que l’hantavirus de la souche Andes ?

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Le virus au cœur de cette alerte est une souche particulière connue sous le nom de virus Andes. Comme les autres hantavirus, il trouve son origine chez les rongeurs. Sa particularité, et ce qui le rend unique, est qu’il s’agit de la seule souche connue capable de se transmettre d’un être humain à un autre. Toutefois, sa contagiosité reste faible.

Face aux inquiétudes que pourrait susciter cette situation, surtout après la pandémie de COVID-19, le Dr Henry a tenu à rassurer le public. La transmission n’est pas comparable. « Il provoque des infections plus profondes dans les poumons, il peut causer une insuffisance rénale et un certain nombre d’autres symptômes, et il ne se propage pas aussi facilement par la toux », a-t-elle expliqué.

Pour qu’une transmission interhumaine ait lieu, les conditions doivent être très spécifiques. « D’après ce que nous avons appris des personnes qui ont traité ce virus, et tous les hantavirus, il faut avoir un contact très étroit avec une personne infectée. Même dans ce cas, il est encore très rare qu’il soit transmis de personne à personne », a ajouté le Dr Henry. C’est pourquoi les quatre Canadiens sont considérés comme des « contacts » et non des malades. « Nous les traitons donc comme des contacts, nous espérons qu’aucun d’entre eux n’est infecté et qu’aucun ne développera la maladie », a-t-elle conclu sur ce point, avant de rappeler : « Mais la période d’incubation […] peut aller jusqu’à six semaines, nous devons donc attendre ces six semaines pour nous assurer que personne n’a été infecté ».

Un plan d’urgence en place si des symptômes apparaissent

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Les autorités sanitaires de Colombie-Britannique se sont préparées à toutes les éventualités. Si l’un des quatre individus venait à développer des symptômes durant sa période d’isolement, des plans détaillés sont déjà en place pour permettre des évaluations et des tests en toute sécurité. Rien n’est laissé au hasard.

En cas de nécessité, la province dispose même d’infrastructures de pointe. Le Dr Henry a mentionné l’existence d’un centre de traitement spécialisé en bioconfinement à l’hôpital Surrey Memorial. Cette unité a déjà été utilisée par le passé pour gérer des cas similaires, prouvant son efficacité et sa disponibilité.

Malgré la situation stressante, le retour au pays est une étape importante pour les passagers. « Je sais qu’ils (les passagers) ont sans aucun doute hâte d’être de retour chez eux au Canada, où ils peuvent recevoir les soins et la surveillance dont ils ont besoin », a commenté le Dr Henry, soulignant l’aspect humain de cette opération de rapatriement.

Selon la source : globalnews.ca

Créé par des humains, assisté par IA.

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