Poursuite policière mortelle en Montérégie : deux morts à Coteau-du-Lac impliquant un conducteur au lourd dossier judiciaire
Auteur: Adam David
Introduction

Mercredi, vers 1 h 15 du matin, une poursuite policière s’est soldée par la mort de deux jeunes hommes en Montérégie. Les agents de la Sûreté du Québec (SQ) ont tenté d’intercepter une BMW qui circulait sur le chemin de la Rivière-Delisle-Nord, à proximité de l’autoroute 20, dans la municipalité de Coteau-du-Lac.
L’intervention a débuté lors d’une vérification aléatoire de la plaque d’immatriculation du véhicule. Les patrouilleurs ont alors constaté que le propriétaire de la voiture faisait l’objet d’un couvre-feu ordonné par le tribunal et qu’il se trouvait en infraction par rapport à ses conditions de remise en liberté.
Au lieu de s’immobiliser face aux gyrophares des forces de l’ordre, le conducteur a pris la fuite. Le véhicule a rapidement quitté la chaussée pour percuter des rails de chemin de fer, effectuant un vol plané sur plusieurs mètres avant de sombrer dans les eaux de la rivière Delisle.
Le bilan humain et l’enquête du BEI

Les autorités ont confirmé l’identité du conducteur décédé lors de cette embardée mortelle. Il s’agit de Mohammed Yassin Cherfaoui, un jeune homme âgé de 18 ans.
Son passager, un autre jeune homme qui prenait place à bord de la BMW au moment de la poursuite, a également perdu la vie. Son identité n’avait pas encore été rendue publique au moment des premières communications officielles concernant l’accident.
Conformément au protocole en vigueur lors d’événements impliquant les forces de l’ordre et ayant causé un décès ou des blessures graves, le dossier a été transféré. Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) a été formellement mandaté pour analyser la scène et faire la lumière sur l’ensemble des circonstances entourant cette intervention de la Sûreté du Québec.
L’historique judiciaire récent du conducteur

Avant les événements survenus à Coteau-du-Lac, Mohammed Yassin Cherfaoui était déjà judiciarisé. Le jeune homme, à peine majeur, se trouvait en attente de deux procès distincts portant sur des accusations de nature criminelle.
Ces dossiers criminels concernaient des actes de violence impliquant des conjointes ou des fréquentations récentes. Selon le profil judiciaire de l’individu, l’accusé avait été remis en liberté il y a à peine un mois dans l’attente des procédures judiciaires à venir.
Le premier dossier criminel déposé à Laval

Le premier dossier pendant du conducteur de 18 ans remonte au mois de mars et a été ouvert dans le district judiciaire de Laval. Il devait répondre à des chefs d’accusation d’agression armée, de méfait et de port d’arme dans un dessein dangereux.
Les faits reprochés se sont déroulés dans la soirée du 18 mars. Le jeune homme se serait présenté à la résidence de l’ancien conjoint de sa nouvelle partenaire. Il était alors accompagné de cette dernière ainsi que de deux adolescents. Le conflit entre les deux hommes perdurait depuis quelque temps, alimenté notamment par des échanges sur les réseaux sociaux au sujet de la jeune femme.
Sur place, une violente altercation physique a éclaté. Durant cet affrontement, Mohammed Yassin Cherfaoui aurait utilisé une arme à air comprimé pour tirer des projectiles en direction d’au moins un des individus présents sur les lieux de la dispute.
La seconde arrestation à Montréal en mai

Quelques semaines plus tard, le 6 mai, une seconde arrestation a eu lieu à la suite d’un conflit survenu avec une nouvelle fréquentation dans la région de Montréal. Le différend a débuté à l’intérieur d’un véhicule, alors qu’il raccompagnait la jeune femme à son domicile, trajet au cours duquel il l’aurait giflée.
Quelques heures après cette première altercation, il serait retourné à la résidence de la victime, frappant à sa porte et exigeant qu’elle lui ouvre. Il aurait alors affirmé être en possession d’une arme et menacé de faire feu à travers la porte fermée. Lorsque la victime l’a informé que les policiers étaient en route, il a rétorqué que, même s’il finissait en prison, il finirait par sortir et « ne la manquerait pas ».
Les forces de l’ordre l’ont arrêté peu de temps après ces menaces. Le suspect aurait opposé une résistance aux agents lors de l’intervention. Lors de la fouille, les policiers ont découvert un couteau et une bonbonne de répulsif à ours en sa possession, entraînant de nouvelles accusations pour voies de fait, menaces et port d’arme dans un dessein dangereux.
Selon la source : journaldemontreal.com