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Je pouvais sentir que j’avais un cancer avant même que le diagnostic ne soit posé
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une étrange découverte partagée sur TikTok

@itstookate Yes, let’s put y’all’s apathetic jokes over a persons vulnerable experience that y’all are lucky to have shared with you. I’ve answered what it smells like in multiple follow up videos that can easily be found by clicking on the playlist at the bottom of this video named Cancer Smells. If it doesn’t show on your screen, it’s very easy to find at the top of my profile…come on guys.. let’s take the time to try to find things instead of not using your brain. Like, I’m BEGGING for y’all to fix your short-circuited dopamine addicted brains. #cancer #storytime #mentalhealth #healing #fyp ♬ original sound – itstookate🧿

Le corps humain possède-t-il la capacité de détecter olfactivement un cancer avant qu’il ne soit officiellement diagnostiqué ? Cette hypothèse ressemble à première vue au point de départ d’un véritable mystère médical, mais les chercheurs étudient depuis plusieurs années si certaines tumeurs dégagent des odeurs spécifiques. Les cellules cancéreuses peuvent en effet libérer des substances chimiques particulières connues sous le nom de composés organiques volatils (COV).

Les recherches scientifiques ont déjà démontré que les chiens, et de plus en plus de capteurs technologiques spécialisés, parviennent parfois à repérer ces composés avec précision. En revanche, déterminer si l’être humain partage cette même aptitude reste une question beaucoup moins évidente pour la communauté scientifique. Cette interrogation fascinante a récemment refait surface après qu’une femme prénommée Kate a affirmé avoir senti son propre cancer à deux reprises, au travers d’une vidéo devenue virale sur l’application TikTok.

Avant de recevoir un diagnostic de lymphome non hodgkinien, puis plus tard d’un cancer de la thyroïde, cette patiente a remarqué une odeur étrange et persistante qui imprégnait ses vêtements ainsi que ses draps de lit. Elle a décrit cette émanation singulière comme « un mélange de bois pourri, de cannelle et de conséquences d’une gueule de bois ». D’après son témoignage personnel, ce parfum inhabituel a totalement disparu après son traitement médical, pour revenir ensuite avec force lorsqu’un nouveau cancer s’est développé, relancant ainsi l’intérêt général pour ce que la science dit réellement sur ce phénomène.

La biologie complexe derrière la signature olfactive des tumeurs

lanature.ca (image IA)

L’explication fondamentale de cette odeur repose sur la biologie même de la maladie. Les cellules cancéreuses présentent un métabolisme altéré, grandissant et se divisant souvent de manière beaucoup plus rapide que les cellules saines, ce qui modifie inévitablement les déchets chimiques qu’elles génèrent. Cette accélération produit une empreinte chimique radicalement différente par rapport à celle d’un tissu normal. Le mécanisme à l’origine de ce diagnostic olfactif implique une classe de molécules appelées composés organiques volatils, de petites molécules à base de carbone qui s’évaporent facilement et quittent le corps par l’haleine, l’urine et la peau.

Ces composés sont produits par un processus cellulaire spécifique appelé peroxydation lipidique, au cours duquel des espèces réactives de l’oxygène, qui sont des molécules instables endommageant les cellules, attaquent les graisses à l’intérieur des cellules cancéreuses et génèrent ainsi des sous-produits chimiques. Dans ce contexte, les gastroentérologues spécialisés dans le cancer colorectal ont remarqué depuis des années que de nombreux patients ne souffrant d’aucune affection buccale développent tout de même une halitose distincte, une mauvaise haleine, qui transporte un parfum complexe ressemblant un peu à de la viande avariée. Des chercheurs de l’Hôpital Minhang de l’Université Fudan ont d’ailleurs souligné, dans une lettre de 2025 publiée dans une revue de gastroentérologie, avoir trouvé des niveaux significativement élevés de sulfure de diméthyle dans l’haleine des patients atteints de cancer colorectal, un composé qui n’est généralement pas élevé chez les personnes sans la maladie.

Des composés spécifiques ont également été identifiés de manière plus large à travers divers types de cancers. Les aldéhydes, tels que l’hexanal et l’heptanal, sont produits à des concentrations très différentes dans les cellules cancéreuses par rapport aux cellules saines. Dans le cas spécifique du cancer du poumon, la recherche a révélé que les patients présentent des niveaux élevés d’acétone, d’isoprène, d’éthanol, d’hexanal et de sulfure de diméthyle par rapport aux groupes de contrôle sains. Il s’agit d’un profil chimique qu’un capteur entraîné ou un détecteur biologique est, en théorie, parfaitement capable d’isoler à partir d’un simple échantillon d’haleine.

Ce que les patients rapportent ressentir dans la réalité

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Bien que les récits de patients concernant le diagnostic olfactif du cancer soient considérés comme des preuves anecdotiques et non cliniques, ils suivent des schémas remarquablement constants chez des individus n’ayant aucun lien entre eux. Une femme qui a par la suite reçu un diagnostic de cancer du sein bilatéral a raconté avoir senti ce qu’elle ne pouvait comparer qu’à une forte odeur corporelle provenant de son aisselle, et ce, pendant des mois avant son diagnostic officiel. Elle prenait une douche quotidiennement mais ne parvenait pas à se débarrasser de cette odeur, qui s’est brusquement arrêtée après son intervention chirurgicale.

Une autre patiente a décrit une forte odeur de type ammoniac qu’elle pouvait détecter sur elle-même, bien qu’aucun membre de sa famille ne pût sentir quoi que ce soit lorsqu’elle les interrogeait à ce sujet. Elle a modifié son régime alimentaire et a commencé à boire davantage d’eau, mais rien n’y a fait. Après sa première tumorectomie, la majeure partie de l’odeur avait finalement disparu. Les rapports varient d’ailleurs considérablement selon le type de cancer : certaines personnes décrivent des odeurs douces ou fruitées, tandis que d’autres utilisent des termes précis comme « moisi », « métallique » ou « pourri ».

Un professionnel de l’oncologie a même expliqué être capable de détecter le cancer gastro-intestinal sur l’haleine de ses patients avant même qu’ils n’aient reçu un diagnostic formel, attribuant cette odeur particulière à du sang partiellement digéré, et a précisé que cette corrélation s’était révélée exacte à chaque fois qu’elle s’était produite. Actuellement, aucune preuve évaluée par des pairs ne soutient l’idée qu’une personne non entraînée puisse détecter le cancer de manière fiable par l’odeur sur autrui, même si la biologie sous-jacente des COV altérés est bien réelle. Lorsqu’une personne rapporte détecter une odeur sur elle-même, cela pourrait s’expliquer par une concentration de COV plus élevée près de la zone affectée, ou simplement parce que certains individus possèdent un système olfactif beaucoup plus sensible que la moyenne.

L’incroyable précision dévoilée par les études canines

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La nature a doté les chiens d’un odorat 10 000 à 100 000 fois supérieur à celui des humains pour différencier les odeurs, grâce à un nombre bien plus important de récepteurs olfactifs et à une anatomie nasale d’une grande complexité. Cette sensibilité hors du commun leur permet de détecter des COV à des concentrations mesurées en parties par millier de milliards, un seuil qui se situe bien en dessous de ce que n’importe quel instrument clinique actuel peut capter de manière fiable. Les preuves objectives les plus convaincantes démontrant que les tumeurs produisent une signature olfactive distincte proviennent d’ailleurs des études de détection par les chiens, qui s’étendent sur deux décennies et couvrent de multiples types de cancers.

La toute première étude majeure sur le sujet, un essai de validation de principe publié en 2004 dans le British Medical Journal, a impliqué la formation de six chiens de races croisées sur une période de sept mois pour distinguer des échantillons d’urine de cancer de la vessie de ceux de contrôles sains. Ces chiens ont correctement identifié les échantillons cancéreux à 22 reprises sur 54, offrant un taux de détection de 41 %, comparativement au taux de 14 % que le pur hasard prédirait. Bien que la taille de l’échantillon ait été petite, avec 9 échantillons de cancer par test formel tirés d’un total de 36 patients atteints de cancer, les chercheurs ont été très clairs sur le fait qu’il s’agissait d’une première étape et non d’un véritable outil diagnostique prêt à l’emploi. Une décennie plus tard, la précision s’est considérablement améliorée lors d’une étude transversale plus rigoureuse impliquant deux femelles Bergers Allemands de trois ans, préalablement entraînées à la détection d’explosifs.

Testées sur 362 patients atteints de cancer de la prostate et 540 contrôles sains dans un hôpital universitaire italien et un centre vétérinaire militaire, l’un des chiens a atteint une sensibilité de 100 % et une spécificité de 98,7 %, tandis que le second a obtenu une sensibilité de 98,6 % et une spécificité de 97,6 %, selon une étude de 2015 parue dans le Journal of Urology. Plus récemment, un chien unique entraîné pendant un an a été testé lors d’un essai clinique en double aveugle sur 246 participants, incluant 41 patients atteints de cancer du poumon à tous les stades et 205 contrôles sains, parvenant à identifier correctement 40 des 41 cas de cancer, soit un taux de 97,6 % dans une étude de 2021 du BMC Cancer. Une autre étude de 2025 menée en Inde sur 1 502 participants a combiné la détection canine avec une méthode statistique appelée modélisation bayésienne pour atteindre une haute précision sur des échantillons d’haleine. Enfin, les chercheurs ont noté sur des modèles animaux que les signaux odorants liés aux tumeurs apparaissent dans l’urine vers la semaine 5 et dans l’haleine vers la semaine 13, bien avant que l’imagerie conventionnelle ne puisse signaler une masse.

Vers la création de nez électroniques pour remplacer les animaux

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Former un chien détecteur est un processus long qui demande au minimum une année entière d’efforts, et les performances peuvent varier considérablement d’un animal à l’autre. Il est matériellement impossible de faire analyser 10 000 échantillons d’haleine par un Labrador au cours d’une seule après-midi, c’est pourquoi les chercheurs se sont investis dans la création de versions électroniques de la truffe canine, des appareils technologiquement avancés connus sous le nom de eNoses (nez électroniques). Ces équipements de pointe sont conçus pour créer ce que les spécialistes appellent des « empreintes olfactives », à savoir des profils chimiques parfaitement reconnaissables.

Ces nez électroniques ont déjà démontré une très haute précision dans la détection des cancers du poumon, de la tête et du cou, ainsi que du cancer colorectal, en analysant uniquement des échantillons d’haleine humaine. Ils fonctionnent en utilisant des réseaux de capteurs chimiques qui réagissent chacun à différentes molécules, produisant un signal combiné que des algorithmes d’apprentissage automatique vont ensuite comparer avec des échantillons connus, qu’ils soient cancéreux ou non. À titre d’exemple, un essai clinique portant sur l’appareil Aeonose, un système développé commercialement, a démontré une sensibilité impressionnante de 84 % et une spécificité de 97 % dans la détection du cancer du poumon via les COV exhalés.

Cette approche a été confortée par une étude multicentrique de 2025 parue dans les Annals of Oncology, qui a validé de manière prospective un modèle de eNose pour la détection du cancer du poumon dans plusieurs hôpitaux. Cette recherche a confirmé que l’analyse de l’haleine exhalée permet une détection précise au sein des cliniques externes d’oncologie thoracique, et ce, quelles que soient les caractéristiques de la tumeur, le stade de la maladie ou le centre de diagnostic ayant réalisé le test. L’haleine exhalée constitue une cible privilégiée pour ces travaux de recherche car elle offre un prélèvement non invasif reflétant les échanges de COV directement dans les poumons, une méthode particulièrement prometteuse pour les cancers pulmonaires et œsophagiens où le patient a simplement besoin de souffler dans un appareil de collecte, sans subir la moindre aiguille, endoscopie ou radiation.

La réalité réglementaire actuelle et les conseils aux patients

Malgré la force évidente de certaines études individuelles, aucun test basé sur les COV n’est actuellement utilisé en pratique clinique pour un diagnostic précoce du cancer par l’odeur. Les obstacles qui freinent ce déploiement sont majoritairement de nature technique et réglementaire. Du côté des autorités de santé comme la FDA, les défis incluent notamment le manque cruel de protocoles standardisés pour la collecte de l’haleine, des normes analytiques trop inconstantes et d’importants problèmes de reproductibilité des résultats à travers les différents laboratoires et les diverses populations de patients étudiées. Un test qui fonctionne de manière brillante dans un hôpital donné peut en effet afficher des performances très différentes dans un autre établissement si les échantillons ne sont pas collectés et analysés d’une manière strictement identique.

À ce jour, la FDA a bien approuvé certains biomarqueurs de COV dans l’haleine pour des objectifs de diagnostic très spécifiques, incluant l’éthanol, l’hydrogène, l’oxyde nitrique, le monoxyde de carbone et certains hydrocarbures ramifiés, mais aucune de ces approbations ne s’étend spécifiquement à la détection du cancer. Bien que la voie réglementaire pour un test d’haleine spécifique au cancer reste totalement ouverte, elle n’est pas encore franchie. L’analyse des COV basée sur l’haleine offre pourtant des avantages authentiques et majeurs en matière de rapidité, de sécurité pour le patient, de faibles coûts et de capacité à répéter les tests sans infliger le fardeau des procédures invasives habituelles. La question centrale n’est donc plus de savoir si la science est réelle, car c’est clairement le cas, mais bien de déterminer si les chercheurs parviendront à résoudre le problème de standardisation pour satisfaire les régulateurs de la santé publique.

En attendant ces avancées technologiques, il est essentiel d’être à l’écoute de son propre corps. Si vous avez remarqué un changement inexpliqué dans votre odeur corporelle, quelque chose de persistant que les douches successives ne résolvent pas et qui ne correspond à aucun changement de mode de vie évident, c’est une information qui mérite amplement d’être mentionnée à un médecin de confiance. Bien que cela ne constituera jamais la base d’un diagnostic à part entière, et qu’aucun médecin ne confirmera ni n’écartera un cancer en se basant uniquement sur l’odorat, les témoignages de patients ayant vécu exactement cela de manière constante justifient que cette observation intègre la conversation clinique plutôt que d’être simplement ignorée. Le cancer laisse des traces chimiques bien avant de devenir visible ou symptomatique, et vous n’avez pas besoin d’un chien entraîné ou d’un eNose pour agir : si quelque chose d’inexpliqué change dans votre odeur, documentez-le, datez-le et parlez-en lors de votre prochain rendez-vous médical.

Avertissement :
Ces informations ne remplacent en aucun cas un avis médical professionnel, un diagnostic ou un traitement. Elles sont fournies uniquement à titre informatif. Consultez toujours un médecin ou un professionnel de santé qualifié pour toute question concernant votre état de santé ou vos traitements. Ne négligez jamais un avis médical professionnel et ne retardez pas une consultation ou un traitement en raison d’informations lues ici.

Selon la source : nypost.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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