L’explication scientifique derrière le rapprochement céleste de Vénus et Jupiter dans le ciel de juin
Auteur: Mathieu Gagnon
Les merveilles célestes de notre propre voisinage

Alors que le reste de l’univers continue de nous envoyer des signaux mystérieux et de petits points rouges datant de l’aube des temps, il est facile d’oublier les merveilles astronomiques qui se trouvent un peu plus près de chez nous.
Le mois dernier, un astéroïde récemment découvert a frôlé la Terre, passant suffisamment près pour être observé à l’aide de télescopes amateurs. Ce mois-ci nous a apporté un astéroïde plus imposant, découvert en 1997, qui ne s’était pas approché d’aussi près de notre planète depuis au moins l’an 1600 de notre ère, selon les données relayées par la source originelle.
En complément de ces passages rocheux, le mois de juin a réservé une petite surprise supplémentaire aux passionnés d’espace. Ce phénomène s’est déroulé directement au sein de notre propre système solaire et mérite que l’on s’y attarde.
La mécanique complexe des orbites planétaires

Cet événement astronomique se produit assez régulièrement, bien qu’il ne soit pas toujours aussi spectaculaire à observer. Les planètes de notre système solaire gravitent autour de notre étoile à des rythmes très différents, créant un ballet céleste perpétuel.
Leurs mouvements sont régis par la troisième loi de Kepler. Ce principe fondamental stipule que le carré de la période orbitale d’une planète, c’est-à-dire le temps qu’il lui faut pour effectuer une révolution complète autour du Soleil, est directement proportionnel au cube de sa distance moyenne par rapport à notre étoile.
En résumé, la mécanique spatiale implique que la vitesse de révolution d’un corps planétaire dépend intimement de sa position. Plus une planète est éloignée, plus son voyage autour du Soleil s’étire dans le temps.
De Mercure à Neptune : les extrêmes du temps

La distance d’une planète par rapport au Soleil dicte le temps nécessaire pour y célébrer un anniversaire extraterrestre fictif. Mercure, par exemple, est projetée autour de notre étoile par la gravité de cette dernière en seulement 88 jours terrestres.
À l’autre bout du spectre, la situation est radicalement différente pour les corps célestes les plus éloignés. Si un observateur grandissait sur Neptune, l’attente serait particulièrement longue avant de pouvoir fêter son année de naissance.
Il faudrait en effet patienter 60 190 jours terrestres, soit l’équivalent d’environ 165 années terrestres, pour accomplir une seule révolution sur cette lointaine géante de glace.
L’héritage de Kepler face à la gravitation universelle

L’agence spatiale américaine apporte des précisions sur l’histoire de cette découverte majeure. « Bien que Kepler n’ait pas connu la gravitation lorsqu’il a formulé ses trois lois, elles ont joué un rôle déterminant pour Isaac Newton dans l’élaboration de sa théorie de la gravitation universelle, qui explique la force inconnue se cachant derrière la troisième loi de Kepler », explique la NASA dans ses archives publiques.
L’institution ajoute que « Kepler et ses théories ont été cruciaux pour mieux comprendre la dynamique de notre système solaire et ont servi de tremplin à de nouvelles théories qui se rapprochent de plus près de nos orbites planétaires. »
Ces bases mathématiques demeurent essentielles aujourd’hui. Elles permettent aux astronomes de calculer avec une immense précision les moments exacts où les planètes semblent se croiser dans notre champ de vision terrestre.
Le baiser cosmique entre Vénus et Jupiter

Le phénomène photographié en juin est le résultat direct d’une planète qui en « rattrape » une autre avant de s’aligner avec elle. Vénus, située un peu plus près de notre étoile que la Terre, met 224,7 jours terrestres pour orbiter autour du Soleil. Jupiter, de son côté, met 4 333 jours terrestres pour achever sa propre orbite, ce qui équivaut à environ 11,86 années terrestres.
En raison de cette différence de rythme, Vénus rejoint la lente Jupiter tous les 10 à 15 mois. De notre point de vue, les deux astres apparaissent alors proches l’un de l’autre dans le ciel. Toutefois, ces conjonctions ne sont pas toujours visibles au-dessus de l’horizon, ou elles se produisent parfois trop près du Soleil pour être observées correctement.
Tous les trois ans environ, les planètes sont suffisamment éloignées de l’éclat solaire dans nos cieux pour nous offrir une vue dégagée. C’est lors de cette fenêtre idéale que se produit un « baiser cosmique », comme celui capturé récemment par le Virtual Telescope dans la constellation des Gémeaux.
Selon la source : iflscience.com