Des scientifiques ont découvert une chambre souterraine secrète vieille de 2 600 ans — mais des pilleurs de tombes étaient passés avant eux
Auteur: Mathieu Gagnon
Une découverte princière dans la plaine du Danube
Des archéologues ont récemment mis au jour une découverte fascinante dans le sud de l’Allemagne, plus précisément dans la plaine du Danube. Les experts ont identifié un tertre funéraire d’un diamètre de 213 pieds (environ 65 mètres). Selon les estimations scientifiques, ce tumulus s’élevait probablement à une hauteur de 20 pieds (environ 6 mètres) à l’origine. Cette taille spécifique permet de classer la structure comme un tertre funéraire princier appartenant à la civilisation celte, un type de sépulture exclusivement réservé aux individus de haut rang.
Dans le cadre de cette exploration, l’équipe a effectué une trouvaille tout aussi captivante en poursuivant ses recherches sous le monticule. Ils ont découvert une chambre en bois étonnamment bien conservée, enfouie sous la terre. Ces tertres, datés entre 620 et 450 avant J.-C., abritent souvent des secrets, mais l’état de préservation de celui-ci est exceptionnel.
La réaction des spécialistes ne s’est pas fait attendre face à cette exhumation rare. Dirk Krausse, professeur à l’Office d’État pour la préservation des monuments au sein du Conseil régional de Stuttgart, a déclaré selon un communiqué traduit : « La tombe de Riedlingen est un coup de chance pour l’archéologie ». Cette découverte offre une opportunité unique d’étudier les pratiques funéraires de cette époque lointaine.
Une capsule temporelle en chêne massif
La chambre funéraire de Riedlingen, dont l’achèvement remonte probablement aux alentours de 585 avant J.-C., présente une caractéristique remarquable : elle possède un plafond, des murs et un sol entièrement conservés, tous construits en chêne massif. Cette structure était dissimulée à environ 27 pouces (68 centimètres) sous la surface actuelle. La préservation exceptionnelle du bois sur une durée stupéfiante de 2 600 ans s’explique par les conditions humides du sol du site, qui ont empêché l’oxygène d’atteindre le bois et de le dégrader.
L’architecture de la chambre révèle un savoir-faire complexe. Le sol est constitué de « planches solides » posées dans un axe nord-sud, tandis que les murs sont formés de planches verticales qui se croisent aux angles. Une poutre transversale, située au milieu et au sommet des murs, soutenait le lourd plafond avant que celui-ci ne finisse par s’effondrer sous le poids du tertre à un moment donné de l’histoire. Des poteaux en bois placés aux angles permettaient de maintenir la forme rectangulaire de l’ensemble.
Les dimensions de la chambre sont imposantes : les murs mesuraient environ trois pieds de haut (environ 90 cm), et la pièce s’étendait sur 11 pieds de large (3,35 m) pour 13 pieds de long (3,96 m). Le plafond était composé de deux couches d’épaisses planches de chêne fendues, une couche étant posée en angle sur l’autre. Un artefact en bois « ressemblant à une massue », probablement utilisé lors de la construction de la chambre, a été daté de 585 avant J.-C. Les experts estiment que la datation de ce bois confirmera leurs premières observations selon lesquelles la chambre de Riedlingen a également été construite en 585 avant J.-C.
Les traces indélébiles des pilleurs de tombes
L’épaisseur particulière du plafond n’était pas un choix esthétique, mais probablement une tentative délibérée pour contrecarrer les potentiels pilleurs de tombes, selon les experts. Cependant, cette précaution ne s’est pas révélée suffisante. Les archéologues ont localisé deux tunnels de pillage, menant tous deux au coin sud-est de la chambre. Les pilleurs ont malheureusement réussi à percer le plafond de la chambre et ont gagné l’accès à l’intérieur par un petit trou d’entrée.
Le vol a dû être particulièrement extensif, car les fouilles récentes n’ont permis de localiser aucun métal ni aucun matériau précieux à l’intérieur de la chambre elle-même. La pièce a été vidée de ses trésors initiaux. Néanmoins, de nombreux clous décoratifs en bronze ont été retrouvés dans l’un des tunnels creusés par les voleurs, confirmant ainsi que la chambre contenait à l’origine de nombreux objets à dérober.
Ces clous décoratifs fournissent un indice précieux sur le contenu original de la tombe. Les experts pensent qu’ils provenaient probablement d’un char à quatre roues. La présence d’un tel véhicule est un élément commun dans les premières tombes celtes réservées à l’élite, soulignant le statut social élevé du défunt qui reposait en ces lieux avant la violation de sa sépulture.
Qui étaient les occupants du tertre ?
Malgré le pillage, des restes humains ont été retrouvés dans la chambre, ainsi que dans deux autres tombes situées près de la surface du tertre. Le squelette bien conservé découvert à l’intérieur de la chambre principale appartenait à un jeune homme, probablement âgé de 15 à 20 ans. Cette découverte soulève des questions sur l’identité de ce jeune individu pour qui un tel monument a été érigé.
Une tombe supplémentaire située à proximité contenait le squelette partiellement conservé d’un homme âgé de 25 à 35 ans. Cette sépulture comprenait deux agrafes de vêtement en bronze et un petit cristal de roche, probablement porté autour du cou en guise d’amulette. Les experts ont daté cette tombe spécifique de 500 avant J.-C., ce qui indique une utilisation continue ou ultérieure du site.
La troisième tombe identifiée sur le site contenait des restes incinérés placés dans des poteries. Cette sépulture date d’environ 600 avant J.-C. La présence de ces différentes formes d’inhumation et de crémation sur une période s’étendant de 600 à 500 avant J.-C. témoigne de l’importance durable de ce lieu pour les populations locales de l’époque.
Un trésor destiné au musée
L’importance de cette découverte dépasse le simple inventaire archéologique. Andrea Lindlohr, secrétaire d’État au ministère du Développement régional et du Logement du Bade-Wurtemberg, a souligné la valeur patrimoniale du site. Elle a déclaré : « La chambre funéraire nouvellement découverte représente un témoignage exceptionnel de notre riche paysage monumental. Elle est encore complètement préservée 2 600 ans après sa création. Le patrimoine archéologique du Bade-Wurtemberg est impressionnant et nous donne un aperçu des temps et des sociétés révolus. »
Dirk Krausse a ajouté pour sa part que la signification scientifique de la tombe s’étend bien au-delà des frontières locales. La communauté scientifique internationale pourra bénéficier des données recueillies sur ce site exceptionnellement préservé pour mieux comprendre la civilisation celtique et ses rites.
Quant à l’avenir de la structure elle-même, un projet d’envergure est déjà programmé. Claus Wolf, président du Conseil régional de Stuttgart, a indiqué dans une déclaration que tout le bois de la chambre sera récupéré. Il sera ensuite préservé et restauré au cours des prochaines années, dans l’objectif final de réaliser une reconstruction complète de la chambre au sein d’un musée.
Selon la source : popularmechanics.com