Voyage de Carney en Inde : Entre ambitions commerciales et un incident de sécurité
Auteur: Adam David
Une arrivée protocolaire à New Delhi
C’est dimanche soir que le Premier ministre, Mark Carney, a atterri à New Delhi. Cette visite marque la dernière étape de son voyage en Inde, avec comme point d’orgue une rencontre prévue le lendemain avec son homologue, le Premier ministre indien Narendra Modi. L’accueil a été réglé au millimètre près : à sa descente d’avion, M. Carney a foulé un tapis rouge, flanqué d’une garde d’honneur militaire indienne.
La cérémonie ne s’est pas arrêtée là. Une troupe de danseurs Bihu a exécuté une performance pour le dirigeant canadien. En toile de fond, une grande affiche montrait les portraits des deux Premiers ministres. Le long de la route menant de l’aéroport, des photos de Mark Carney avaient également été installées, témoignant de l’importance de cette visite dans le cadre d’une relance des relations commerciales et diplomatiques entre les deux pays.
L’économie au cœur des discussions
L’ambition économique est la pierre angulaire de ce déplacement. Samedi, Mark Carney a clairement affiché son objectif : la signature d’un accord commercial global avec l’Inde. Un tel traité, selon lui, permettrait de doubler les échanges commerciaux bilatéraux d’ici l’horizon 2030. Un but ambitieux qui nécessite de tisser des liens solides avec le monde des affaires local.
Dans cette optique, le Premier ministre a consacré sa journée de dimanche à une série de rencontres stratégiques. Il s’est entretenu avec des figures majeures de l’industrie indienne. Parmi elles, Arvinder Singh Sahney, le président d’Indian Oil, mais aussi Shri B. Sairam, président-directeur général de Coal India, et enfin Dilip Asbe, qui occupe le poste de PDG de la National Payments Corporation Of India.
Une visite à l’ombre du conflit iranien
Malgré l’importance des enjeux diplomatiques et commerciaux en Inde, ce voyage a été en partie éclipsé par l’actualité brûlante au Moyen-Orient. Les récentes attaques contre l’Iran ont inévitablement pesé sur l’agenda et les communications de la délégation canadienne. Dès samedi, Mark Carney a dû clarifier la position de son pays face à cette escalade.
Le Premier ministre a ainsi déclaré qu’il soutenait l’action menée par les États-Unis en Iran. Il a cependant précisé que le Canada ne prendrait pas une part directe au conflit. Ces commentaires ont été faits avant la confirmation officielle de la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, survenue lors de ces attaques militaires conjointes américaines et israéliennes. Pour l’heure, ni M. Carney ni la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, n’ont commenté publiquement ce décès.
Un protocole de sécurité draconien
La sécurité est une préoccupation majeure tout au long de ce déplacement. Une consigne stricte a été appliquée à l’ensemble de la délégation accompagnant le Premier ministre : politiciens, membres du personnel gouvernemental et représentants des médias. Tous doivent utiliser des appareils jetables, ou « burner phones », pendant leur séjour en Inde pour des raisons de sécurité.
Cette mesure s’accompagne d’une autre précaution. Dès leur atterrissage à Mumbai plus tôt dans la semaine, tous les participants ont dû laisser leurs ordinateurs portables et téléphones personnels dans l’avion gouvernemental. Ces appareils ont été placés dans des sacs spéciaux conçus pour bloquer tous les signaux entrants et sortants, afin d’éviter toute tentative d’espionnage ou de piratage.
Incident à bord : des appareils déplacés sans préavis
Un incident est venu perturber le voyage lors du vol entre Mumbai et New Delhi, dimanche. En montant à bord, plusieurs journalistes de la délégation ont constaté que leurs sacs contenant leurs appareils personnels n’étaient plus à l’endroit où ils les avaient laissés. Une situation qui a provoqué une certaine confusion, obligeant de nombreux reporters à fouiller l’avion pour retrouver leurs effets.
Face à l’émoi, le cabinet du Premier ministre a fourni une explication par la voix de sa porte-parole, Audrey Champoux. Elle a déclaré que, dans le contexte des événements au Moyen-Orient, « certains appareils de télécommunication du gouvernement ont été déplacés par les responsables de la sécurité canadiens de l’endroit où ils étaient entreposés, au cas où ils seraient nécessaires en cas d’urgence ». Son communiqué ne précisait toutefois pas la nature de ces appareils.
Concernant le matériel de la presse, la porte-parole a ajouté : « Les appareils appartenant aux membres de la presse ont également été déplacés par inadvertance, mais les responsables ont confirmé qu’ils étaient restés en sécurité, qu’ils n’avaient pas été ouverts ni consultés, et qu’ils avaient été remis à leur place dès que les responsables s’étaient aperçus de l’erreur. » Malgré ces assurances, de nombreux journalistes ont dû chercher eux-mêmes leurs téléphones et ordinateurs portables, qui n’avaient pas été remis à leur place initiale.
Selon la source : ici.radio-canada.ca