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Des scientifiques ont trouvé une nouvelle cause de la maladie de Parkinson et expliquent l’augmentation des diagnostics
Crédit: freepik

Une inquiétude grandissante face à une pollution omniprésente

lanature.ca (image IA)

La pollution plastique n’est plus un lointain problème écologique. Elle s’infiltre partout : dans les sols, dans la faune et, de plus en plus, à l’intérieur de nos propres corps. Une nouvelle synthèse de recherche met en lumière une hypothèse préoccupante : les microplastiques et les nanoplastiques, ces fragments infimes, pourraient perturber des processus cérébraux directement liés à la maladie de Parkinson.

Si la maladie de Parkinson est multifactorielle, avec une large gamme de facteurs de risque identifiés, son évolution interpelle. Le nombre de diagnostics a doublé au cours des 25 dernières années. Cette augmentation spectaculaire pourrait-elle être, au moins en partie, la conséquence d’une hausse des polluants dans notre environnement quotidien ? C’est la question que soulèvent des scientifiques, ouvrant une nouvelle voie d’investigation.

Cette analyse a été publiée le 6 mars 2026 par David Nield. Elle met en garde contre un risque potentiel qui, bien que non formellement prouvé, justifie une vigilance accrue de la part de la communauté scientifique et du grand public.

Une analyse chinoise compile plus de cent études

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Pour étayer leur théorie, une équipe de chercheurs de l’Université Médicale de Gannan et de l’Université Médicale de Guangzhou en Chine a mené un travail de fond. Ils ont examiné et référencé plus d’une centaine d’études antérieures. Ces travaux incluaient des études sur les animaux, des expériences en laboratoire ainsi que des modèles informatiques, constituant un faisceau d’indices reliant les plastiques à la maladie de Parkinson.

Les chercheurs insistent sur le fait qu’il est encore trop tôt pour affirmer que les microplastiques sont directement responsables. Ils appellent cependant à une enquête approfondie sur cette association. Il existe un besoin urgent de données supplémentaires pour comprendre comment ces particules omniprésentes s’accumulent dans l’organisme et affectent la santé humaine. Dans leur article, ils écrivent : « Avec l’intensification de la pollution plastique mondiale, les menaces potentielles que représentent les micro et nanoplastiques (MPs/NPs) pour la santé humaine sont devenues une préoccupation majeure ».

Ils précisent le mode d’action suspecté : « Les MPs/NPs pénètrent dans l’organisme par ingestion, inhalation et contact cutané, pour ensuite s’accumuler dans de multiples organes – en particulier le cerveau ».

Le voyage des plastiques jusqu’au cœur du cerveau

Les chercheurs ont identifié plusieurs voies d’entrée des plastiques dans l’organisme. (Lin et al., NPJ Parkinson’s Dis., 2026)

Mais comment ces particules voyagent-elles dans notre corps ? Les chercheurs ont identifié plusieurs portes d’entrée. Nous les ingérons à travers notre nourriture et nos boissons, nous les respirons dans l’air ambiant, et nous pourrions même les absorber par la peau. Les microplastiques sont définis comme des fragments de moins de 5 millimètres, tandis que les nanoplastiques sont encore plus petits, mesurant moins d’un micromètre, soit un millième de millimètre. Ils proviennent de nombreuses sources, comme la désintégration des déchets plastiques ou les eaux de lavage des vêtements synthétiques.

Une fois à l’intérieur, ces fragments microscopiques ne s’arrêtent pas. Ils parviendraient à se frayer un chemin jusqu’à notre cerveau. Pour cela, ils utiliseraient deux voies principales : soit en traversant la barrière hémato-encéphalique, une membrane qui protège normalement le cerveau des substances nocives, soit en pénétrant par les cellules nerveuses qui tapissent notre cavité nasale.

Les mécanismes de dégradation neurologique suspectés

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Une fois dans le cerveau, que pourraient faire ces particules de plastique ? En se basant sur les études existantes, les chercheurs avancent plusieurs hypothèses. Ils pointent vers des travaux montrant que les micro et nanoplastiques favoriseraient la formation d’amas toxiques de la protéine alpha-synucléine. L’agrégation de cette protéine est l’une des caractéristiques typiques observées dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

La revue scientifique présente d’autres pistes. Les fragments de plastique pourraient déclencher une neuroinflammation, c’est-à-dire une réaction inflammatoire chronique du système nerveux central. Ils pourraient également perturber la communication essentielle entre le cerveau et l’intestin. Enfin, ils pourraient agir comme des transporteurs de métaux lourds toxiques jusque dans le cerveau, un processus connu sous le nom de ferroptose. Il est crucial de noter que tous ces types de dommages ont déjà été associés, par le passé, à la maladie de Parkinson.

Un lien intrigant, mais un appel à la prudence et à la recherche

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Malgré cette chaîne d’indices, les auteurs de la revue soulignent que la recherche actuelle sur le sujet est « nettement limitée » et que les effets chroniques de l’exposition humaine et de la toxicité « restent incomplètement caractérisés ». Il est important de rappeler que la majorité des travaux scientifiques examinés ici reposent sur des tests sur les animaux ou des expériences sur des cellules en laboratoire. Néanmoins, leur conclusion est claire : « Les MPs/NPs, en tant que contaminants environnementaux omniprésents, infiltrent les humains par de multiples voies d’exposition, traversent les barrières biologiques et s’accumulent dans le système nerveux central – constituant un nouveau risque environnemental pour la pathogenèse de la maladie de Parkinson ».

Cette menace potentielle ne se limite pas au cerveau. D’autres études relient ces polluants à des problèmes de fertilité, à la résistance aux antimicrobiens ou encore à des troubles cardiovasculaires. Parallèlement, certains scientifiques appellent à la prudence, arguant que la contamination des échantillons et les faux positifs sont trop fréquents dans ce domaine de recherche. Les auteurs de cette nouvelle étude appellent donc à une action multiple : réduire la pollution plastique, améliorer la gestion des déchets et trouver des alternatives biodégradables.

Face au vieillissement de la population mondiale, le fardeau des maladies neurodégénératives comme Parkinson risque de s’alourdir. Comprendre pleinement la menace des micro et nanoplastiques devient donc une priorité. Comme le concluent les chercheurs, « les recherches futures doivent comparer systématiquement comment les propriétés des MPs/NPs – y compris la taille, la forme, la charge de surface, le type de polymère et l’état de dégradation – influencent les voies liées à la maladie de Parkinson ». L’étude a été publiée dans la revue npj Parkinson’s Disease.

Selon la source : sciencealert.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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