Une sortie médiatique très attendue, une réaction cinglante
Après dix jours de frappes américano-israéliennes en Iran, la première conférence de presse de Donald Trump était scrutée de près. Mais pour l’économiste Georges Ugeux, ancien vice-président de la Bourse de New York, les déclarations du président manquent cruellement de substance et de courage. Une analyse sans concession livrée lundi soir lors de son passage à l’émission Le Bilan.
L’actuel PDG de Galileo Global Advisors n’a pas mâché ses mots pour qualifier la prestation présidentielle. Selon lui, la communication de Donald Trump ne serait qu’une façade masquant une forme d’impuissance. Il pointe un décalage flagrant entre les annonces martiales et les actions finalement menées, une posture qu’il critique ouvertement.
Des promesses sans lendemain ?
Au cœur de la critique de Georges Ugeux se trouve le sentiment d’une parole non suivie d’effets. Il estime que le discours tenu n’est pas à la hauteur de la gravité de la situation géopolitique. Une déception qu’il a exprimée de manière directe et sans détour sur le plateau de l’émission diffusée sur la chaîne LCN.
L’économiste a résumé sa pensée par une formule choc : « Ce sont des propos de lâche. C’est quelqu’un qui annonce qu’il va faire toute une série de choses et qui finit uniquement par supprimer le sommet ». Pour lui, cette intervention s’apparente donc plus à un exercice de communication qu’à une véritable démonstration de force ou de stratégie claire face à la crise.
Un « bourbier iranien » et un échec de l’administration
Pour cet économiste belge installé aux États-Unis, la situation actuelle au Moyen-Orient représente rien de moins qu’un « échec complet » de l’administration Trump. Il dresse un constat pessimiste sur les possibilités de résolution rapide du conflit, loin des assurances affichées par le pouvoir en place.
Georges Ugeux met en garde contre tout optimisme excessif. Sortir de la crise iranienne s’annonce, selon lui, bien plus complexe que ne le laissent entendre les discours officiels. « Il n’est pas question que l’on parvienne à se sortir du bourbier iranien facilement. Ça ne va pas pouvoir se produire comme ça », a-t-il affirmé, soulignant la complexité du dossier.
Le paradoxe des prix du pétrole aux États-Unis
Sur le front économique, Georges Ugeux aborde une apparente contradiction. Alors que la tension monte au Moyen-Orient, il souligne qu’aucune raison technique ne justifie une augmentation des prix du pétrole sur le sol américain. Le pays a en effet atteint une forme d’indépendance énergétique.
Pourtant, les consommateurs pourraient voir les prix à la pompe grimper. L’ancien vice-président de la Bourse de New York explique ce mécanisme : « La réalité c’est qu’aux États-Unis, nous prenons les prix mondiaux, donc si les prix mondiaux montent, le pétrole ici augmente également. Alors que les États-Unis sont totalement dans une situation où ils ne dépendent absolument pas de l’étranger pour le pétrole ». Le marché local reste donc exposé aux soubresauts du marché global.
Un impact politique et des marchés en attente
Le PDG de Galileo Global Advisors anticipe des répercussions politiques. Il s’attend à ce que ce conflit au Moyen-Orient pèse sur les résultats de Donald Trump lors des élections de mi-mandat prévues pour novembre 2026. Une « grande déception » serait en train de gagner l’électorat, un sentiment que les enquêtes d’opinion confirment selon lui : « On sent, et les sondages le donnent parce qu’ils sont quand même assez convergents, c’est qu’il y a une grande déception pour le moment ».
Face à la stratégie de communication du président, qu’il qualifie de « show », Ugeux estime que l’opinion publique n’est pas dupe : « il essaie de toutes les manières du monde de faire son show ce qu’il fait très bien, on sait que c’est sa grande particularité, mais les gens ne sont pas naïfs ». Concernant les marchés financiers, il prévoit une stabilisation à moyen terme et conseille la prudence. « Aujourd’hui, comme investisseur, je n’agis pas, je ne vends pas, j’attends. Je laisse passer la bourrasque et on verra ce qu’il se passe après l’ouragan », a-t-il conclu.
Selon la source : journaldemontreal.com