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Une mère et sa fille viennent de découvrir la plus grande colonie de corail au monde
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une lueur d’espoir venue des profondeurs

Depuis quarante ans, les nouvelles concernant les coraux sont au mieux alarmantes, au pire désastreuses. Face à la hausse des températures des océans, ces écosystèmes vitaux subissent un blanchissement à l’échelle planétaire. Pourtant, au milieu de ce sombre tableau, une découverte inattendue vient redonner un peu d’optimisme à la communauté scientifique et aux amoureux de la mer.

En Australie, un duo mère-fille a mis au jour une colonie de corail d’une taille spectaculaire. Plus remarquable encore, cette formation semble prospérer, résistant aux fléaux qui déciment ses congénères à travers le monde, du réchauffement climatique à la violence croissante des tempêtes marines. Une exception qui pourrait détenir de précieuses informations pour l’avenir.

Les coraux, un trésor mondial en péril

Pour comprendre l’importance de cette découverte, il faut mesurer l’ampleur de la crise. Depuis 1985, l’Administration nationale océanique et atmosphérique américaine (NOAA) surveille à distance la santé des coraux via son programme Coral Reef Watch. Le bilan est lourd. Quatre épisodes majeurs de blanchissement mondial ont été recensés, dont le plus grave s’est achevé l’année dernière. Une étude majeure a révélé qu’environ 14 % des récifs coralliens de la planète ont disparu uniquement entre 2009 et 2018.

Au-delà de leur beauté stupéfiante, ces écosystèmes sont fondamentaux. Ils abritent 25 % de toute la vie marine, protègent les littoraux des tempêtes et jouent un rôle essentiel dans l’approvisionnement alimentaire mondial. Leur destruction progressive a déclenché une cascade d’initiatives, de plans stratégiques et même des tentatives scientifiques de la dernière chance, comme la congélation cryogénique de certains spécimens dans l’espoir d’un avenir plus clément.

La trouvaille d’une mère et sa fille

Cette bouffée d’air frais nous vient donc d’Australie, le champion incontesté du monde corallien avec près de 3 000 récifs individuels, la plupart intégrés à l’écosystème de la Grande Barrière de Corail. Selon la BBC, un nouveau spécimen vient de s’ajouter à cette liste déjà impressionnante. La découverte a été faite par Jane Pope et sa fille Sophie Kalkowski-Pope, alors qu’elles plongeaient dans le cadre d’une opération de science citoyenne baptisée Great Reef Census.

Elles sont tombées sur un massif de Pavona clavus, ou corail « omoplate », une variété pierreuse que l’on trouve dans le monde entier et qui forme habituellement des colonies d’environ 10 mètres (33 pieds) de diamètre. Celle-ci était bien plus grande. « C’était à perte de vue sous l’eau », a confié au Guardian Sophie Kalkowski-Pope, qui est également coordinatrice des opérations marines pour l’ONG Citizens of the Reef, organisatrice du recensement. « Ces magnifiques prairies ondulantes, avec des poissons partout, de superbes anémones, c’est un véritable haut lieu de la vie. »

Une cartographie aux dimensions record

Conscientes d’avoir trouvé quelque chose d’exceptionnel, les deux femmes ont regagné la civilisation pour avertir Citizens of the Reef. L’organisation est alors revenue sur le site avec un équipement spécial pour mesurer la colonie et en construire des modèles 3D. Les résultats sont vertigineux : le récif mesure environ 111 mètres (365 pieds) de long et couvre près de 4 000 mètres carrés (43 055 pieds carrés), soit environ la moitié d’un terrain de football standard.

D’après Citizens of the Reef, cela fait de ce récif de P. clavus « la plus grande colonie de corail documentée et cartographiée au monde à ce jour ». Cette cartographie n’est pas une simple curiosité. C’est un outil essentiel pour suivre l’évolution d’un système récifal au fil des ans, aidant les scientifiques à mieux comprendre l’impact du changement climatique sur les coraux à l’échelle mondiale.

Le mystère de sa résilience

Une question brûle désormais les lèvres des chercheurs : comment un si grand récif a-t-il pu survivre presque indemne aux assauts des tempêtes et du changement climatique ? Des preuves préliminaires suggèrent que la colonie est située dans une zone bénéficiant de forts courants de marée et d’une faible exposition aux vagues cycloniques, ce qui signifie que les grandes tempêtes de la région ont un impact réduit.

Même s’il s’agit d’une trouvaille exaltante, ce récif reste une exception face aux perspectives mondiales plutôt sombres. « J’ai su dès la minute où nous nous sommes mises à l’eau que c’était quelque chose de spécial », a déclaré Sophie Kalkowski-Pope dans un communiqué de presse. Elle ajoute : « Des découvertes comme celle-ci sont importantes car le récif recèle encore tant d’inconnues, et nous ne savons pas ce que nous risquons de perdre. »

Selon la source : popularmechanics.com

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