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Agents iraniens au Canada : 239 visas annulés, une seule expulsion
Crédit: credit : lanature.ca (image IA)

Un bilan qui interroge

Depuis novembre 2022, le gouvernement d’Ottawa a procédé à la révocation de 239 visas appartenant à des individus considérés comme proches du régime iranien. Pourtant, derrière ce chiffre significatif se cache une réalité plus complexe : sur l’ensemble de ces personnes, une seule a été effectivement expulsée du territoire canadien. Deux autres font l’objet d’une mesure de renvoi.

Ces données, communiquées par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), soulèvent des questions sur l’efficacité des mesures mises en place. La situation alimente aujourd’hui un vif débat politique, l’opposition officielle s’inquiétant de la présence de centaines d’autres agents potentiels qui résideraient toujours au pays.

Les chiffres officiels d’Ottawa

L’ASFC a fourni un aperçu détaillé de son action. Au total, 174 enquêtes ont été ouvertes. Sur ce nombre, soixante-dix-neuf ont déjà été closes. Les raisons invoquées sont que les individus concernés n’étaient finalement pas présents sur le territoire canadien ou qu’ils n’étaient pas identifiés comme de hauts responsables du régime iranien.

Parallèlement à ces enquêtes, l’accès au Canada a été formellement interdit à 32 personnes en raison de leurs liens avérés avec les mollahs. L’agence précise que les dossiers restants se trouvent à différentes étapes de traitement, sans donner plus de détails sur les délais attendus pour leur résolution.

Un bras de fer au Parlement

La question de la présence iranienne au Canada est devenue un sujet de confrontation à la Chambre des communes. Lundi, le député conservateur Pierre Paul-Hus a lancé une charge directe contre le gouvernement : « On estime que 700 membres du Corps des gardiens de la révolution islamique [CGRI] se la coulent encore douce au Canada ». Cette déclaration fait suite à la désignation par Ottawa du CGRI comme entité terroriste en juin 2024.

Face à ces accusations, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, a assuré que des mesures étaient en cours. « Ses membres en subissent les conséquences. Ils ont déjà été expulsés. Plusieurs font actuellement l’objet d’une procédure d’expulsion », a-t-il affirmé. D’autres cas spécifiques ont été cités par l’opposition. La députée conservatrice Michelle Rempel Garner a mentionné la présence au pays de Mahdi Nasiri, décrit comme un propagandiste du régime. Son chef, Pierre Poilievre, a ajouté qu' »un chef de police de Téhéran a été vu en train de s’entraîner dans un centre de conditionnement physique de Richmond Hill ».

Le nombre exact de ces individus au Québec reste inconnu. La présence de l’ex-ministre iranien de la Santé, Hassan Ghazizadeh Hashemi, avait toutefois été signalée à Montréal en 2023, illustrant la portée nationale du phénomène.

Intimidations, complots et disparitions

Au-delà du débat politique, des événements concrets témoignent d’une menace active sur le sol canadien. En 2023, une enquête de Global News révélait que près de 700 agents soutenus par Téhéran opéraient au Canada, avec pour mission d’intimider et de menacer les dissidents iraniens.

Plusieurs cas graves ont depuis été rendus publics. Le mathématicien Massod Masjoody est porté disparu à Burnaby, en Colombie-Britannique, depuis début février. La GRC a indiqué qu’elle craignait un assassinat et qu’elle recherchait activement son corps. En 2024, c’est un complot visant à assassiner l’ancien ministre de la Justice Irwin Cotler qui a été déjoué à Montréal. Fondateur du Centre Raoul Wallenberg pour les droits de la personne, M. Cotler bénéficiait d’une protection rapprochée depuis plus d’un an au moment des faits et continue d’être protégé.

S’exprimant auprès du Canadian Jewish News, Irwin Cotler a appelé à une réponse plus ferme : « Le Canada devrait engager des poursuites contre les responsables du CGRI qui se trouvent sur son sol. Nous en avons expulsé un, mais nous devrions poursuivre ces personnes ».

Une menace qui « compromet la sécurité du pays »

Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) a officiellement reconnu la gravité de la situation. Dans un rapport de 2024, le service a souligné que les activités hostiles menées par l’Iran « compromettent la sécurité du Canada et de sa population et bafouent ses valeurs démocratiques et sa souveraineté ».

Le SCRS prévenait alors que cette menace risquait de s’intensifier avec le temps. Le rapport précisait que « l’Iran vise également les intérêts israéliens et juifs dans le cadre de la guerre de l’ombre qu’il mène en permanence contre Israël ».

Cette alerte a trouvé un écho récent à la Chambre des communes. Lundi, les députés de la région de Toronto, Vincent Ho et Roman Baber, ont établi un lien entre l’Iran et les tirs qui ont visé trois synagogues de la Ville Reine ces derniers jours, illustrant l’actualité brûlante de cette menace.

Selon la source : journaldemontreal.com

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