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Comment les réseaux de champignons bavards diffusent vos secrets d’urination publique
Crédit: Scientific Reports (2026). DOI: 10.1038/s41598-026-42673-y

Le réseau caché qui s’étend sous nos pieds

Avez-vous déjà entendu dire que les champignons étaient capables de bavarder et de transmettre des informations à leurs voisins ? Sous les formes familières en parapluie que nous observons sur le sol des forêts, se cache une réalité bien plus complexe.

Il existe un réseau souterrain dissimulé qui permet à ces organismes de communiquer entre eux de manière continue. Ce maillage interconnecté, que nous négligeons souvent et qui porte le nom de réseau mycélien, constitue en réalité le corps principal du champignon.

Tout comme le feraient des commérages, les données peuvent se propager à travers ces réseaux mycéliens. La complexité de ces connexions tentaculaires est telle qu’il reste encore de nombreuses zones d’ombre sur la manière dont cette communication fonctionne véritablement au cœur du sol.

Écouter les échanges grâce à des électrodes

credit : lanature.ca (image IA)

Pour sonder ces échanges subtils, une équipe de recherche dirigée par Yu Fukasawa, professeur associé à l’université du Tohoku, a mis en évidence le flux d’informations électriques à travers les champignons. Les scientifiques ont fixé des électrodes sur 37 spécimens de champignons ectomycorhiziens.

Ce dispositif a permis aux chercheurs de mesurer la réponse de ces organismes à diverses applications d’eau ou d’urine. Les résultats de ces relevés ont montré que, sous certaines conditions précises, les champignons augmentaient ou diminuaient leurs niveaux de communication.

Cette étude qualifiée de remarquable, dont les conclusions ont été publiées dans la revue Scientific Reports, révèle le comportement détaillé de la façon dont ces organismes communiquent directement sur le terrain, dans leur environnement naturel.

Une affinité chimique inattendue

credit : lanature.ca (image IA)

Les champignons ectomycorhiziens examinés lors de cette recherche font partie d’un groupe écologique spécifique appelé champignons ammoniacaux. Ces derniers ont la particularité de s’activer en présence d’une forte concentration d’ammoniac dans le sol forestier.

L’urée, qui est un composant chimique de l’urine, se trouve être un précurseur de l’ammoniac. Cette transformation chimique peut donc stimuler la croissance de ces spécimens particuliers. Pour le dire simplement, ils aiment l’urine, ou plutôt l’un des produits chimiques en lesquels elle se transforme au contact de la terre.

Afin de mieux comprendre la dynamique de cette communication, les chercheurs ont fait le choix d’utiliser l’urine comme déclencheur potentiel. L’expérience a été menée sur des champignons cultivés localement dans la ville de Kami, située dans la préfecture de Miyagi.

Les variations subtiles des signaux électriques

credit : lanature.ca (image IA)

Yu Fukasawa a appliqué de l’eau du robinet ou de l’urine sur la terre entourant les champignons pour observer leur réaction immédiate. L’analyse des données relatives à la dynamique électrique des 37 spécimens a révélé des variations importantes de comportement.

Les résultats différaient selon plusieurs facteurs : si l’on ajoutait de l’eau du robinet ou de l’urine, si l’application ciblait une zone concentrée ou une zone étendue, selon la distance spatiale séparant les champignons, et selon leur distance génétique, c’est-à-dire leur degré de parenté défini par une analyse génomique.

L’expérience consistait à alterner l’application d’eau et d’urine chaque jour. Lorsqu’ils appliquaient de l’eau autour d’un champignon en particulier, le flux d’informations augmentait. Une diminution a toutefois été constatée les jours où de l’urine a été appliquée. De même, l’ajout d’eau sur une zone plus vaste réduisait le flux d’informations.

Comprendre la logique de la communication forestière

credit : lanature.ca (image IA)

Les raisons exactes qui poussent les champignons à adopter un tel schéma de transmission continuent de fasciner la communauté scientifique. Yu Fukasawa apporte un éclairage direct sur l’interprétation de ces réactions face aux différents fluides.

« Il est fascinant de réfléchir aux raisons pour lesquelles les champignons communiquent de cette façon », déclare Fukasawa. « Par exemple, appliquer de l’eau sur tous les champignons peut signifier qu’il n’est pas nécessaire de partager des informations puisque le réseau entier sait déjà ce qui se passe, ce qui pourrait expliquer pourquoi le flux d’informations a diminué dans cette situation. »

Ces résultats indiquent que les champignons forestiers peuvent modifier de manière flexible leur flux d’informations électriques en réponse à diverses perturbations. Ces découvertes pourraient contribuer à résoudre les mystères entourant la communication électrique chez les champignons, notamment pour déterminer quel type d’activité les signaux électriques mesurés dans cette étude sont censés déclencher.

Selon la source : phys.org

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