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Le « Saint Graal des épaves » repose toujours sous l’eau, avec un trésor vertigineux estimé à 17 milliards de dollars
Crédit: lanature.ca (image IA)

Le Saint Graal des océans toujours intact

Considéré comme le Saint Graal des océans, le galion espagnol San Jose repose silencieusement à environ 1 970 pieds sous la surface de l’eau, au large des côtes de la Colombie. Découverte en 2015, cette épave conserve à son bord ce que les experts qualifient de naufrage le plus riche du monde. La cargaison, intacte au fond de la mer, est évaluée aujourd’hui à 17 milliards de dollars.

Ce trésor faramineux se compose d’environ 200 tonnes d’or, d’argent et de pierres précieuses non taillées. Une grande partie de cette richesse se présente sous la forme de pièces de monnaie, représentant dix années d’impôts collectés dans les Amériques et destinés à la Couronne.

La localisation de ce site sous-marin a immédiatement déclenché une bataille juridique pour la garde de l’épave, opposant la Colombie à l’Espagne. Depuis sa découverte, le butin monumental du San Jose est demeuré hors d’atteinte, préservé par les profondeurs marines.

La technologie au service de l’archéologie

credit : lanature.ca (image IA)

La compréhension de ce site exceptionnel a franchi une nouvelle étape avec une étude publiée en 2025 dans la revue Antiquity. L’utilisation de véhicules télécommandés (ROV) a permis aux chercheurs de s’approcher des fonds marins. Ces appareils ont capturé des images détaillées du champ de débris, confirmant que le navire localisé en 2015 est bien le très recherché San Jose, entouré d’un nombre incalculable de pièces éparpillées sur le fond marin.

Daniela Vargas Ariza, archéologue maritime à l’École navale des cadets Almirante Padilla de Carthagène et à l’Institut colombien d’anthropologie et d’histoire de Bogota, a dirigé ces recherches. L’observation minutieuse des monnaies taillées dans des lingots d’or ou d’argent a révélé des détails cruciaux sur les pratiques de l’époque.

« Parmi les découvertes clés figurent des pièces de monnaie frappées à la main, de forme irrégulière — connues sous le nom de cobs en anglais et de macuquinas en espagnol — qui ont servi de monnaie principale dans les Amériques pendant plus de deux siècles, » écrit l’auteure principale de l’étude. Ces objets constituaient le moyen privilégié par les Espagnols pour transporter de grands volumes de richesses des Amériques vers l’Europe.

L’anatomie d’un trésor minutieusement observé

L’évaluation du nombre exact de pièces visibles reste difficile en raison de la nature complexe de l’environnement sous-marin. Les photographies en haute résolution prises par le ROV ont néanmoins permis d’isoler certaines de ces cobs. Les données recueillies indiquent qu’elles présentent un diamètre moyen de 1,3 pouce et pèsent 27 grammes.

L’iconographie de ces pièces apporte un éclairage précis sur leur origine. Une face affiche une croix de Jérusalem, composée d’une grande croix centrale accompagnée de quatre croix plus petites, ainsi qu’un bouclier orné d’un château et de lions, le tout entouré d’une bordure en pointillés. Sur l’autre face, le motif central met en évidence les colonnes d’Hercule se dressant au-dessus des vagues de la mer.

Selon les chercheurs, le dessin spécifique de ces vagues constitue un élément d’identification permettant d’attribuer la frappe à la Monnaie de Lima. Les bordures des pièces portent les marques martelées d’un essayeur, un expert chargé de tester la pureté du métal avant sa mise en circulation.

Des indices temporels et matériels irréfutables

credit : lanature.ca (image IA)

Les éléments relevés sur les macuquinas appuient l’hypothèse selon laquelle l’épave est bien celle du San Jose. Les caractéristiques de ces monnaies ont aidé à tracer la route du navire, suggérant que le métal provenait des mines péruviennes. La frappe de pièces d’or à la Monnaie de Lima avait débuté en 1696.

« Cette étude de cas souligne la valeur des pièces de monnaie en tant que marqueurs chronologiques clés dans l’identification des épaves, en particulier celles de la flotte de la Tierra Firme, » précise Daniela Vargas Ariza. Le naufrage sur ce site s’est nécessairement produit après 1707, année de frappe des pièces découvertes.

D’autres objets repérés sur le fond marin viennent corroborer cette chronologie du début du XVIIIe siècle. Les chercheurs ont identifié de la porcelaine chinoise datant de la période Kangzi, comprise entre 1662 et 1722 après J.-C. Des inscriptions relevées sur un canon en bronze indiquent quant à elles l’année 1665.

Une route maritime au monopole absolu

credit : lanature.ca (image IA)

L’identification formelle du galion s’appuie sur une mise en contexte historique rigoureuse. En 1706, le vice-roi Marques de Castelldosrius arrive au Pérou. Sa mission consiste à relancer la foire de Portobello et à expédier vers la péninsule ibérique les impôts accumulés au cours de la décennie écoulée.

À la fin de l’année 1707, des marchands et des fonctionnaires péruviens se rendent à Puerto Perico, sur la côte pacifique du Panama. Ils y rejoignent la flotte de la Tierra Firme, sous le commandement du galion San Jose. Ce navire détient alors le monopole du transport des trésors royaux entre l’Amérique du Sud et la péninsule ibérique.

Après la tenue de la foire de Portobello, le San Jose lève l’ancre en direction de Carthagène. Il transporte des marchandises et des métaux précieux, incluant les cobs envoyées par Castelldosrius. « Le galion San Jose », concluent les auteurs, « est le seul navire qui correspond à ces caractéristiques. »

L’ultime bataille et l’engloutissement

credit : lanature.ca (image IA)

Les amas de pièces identifiés par le ROV faisaient partie intégrante de ce trésor royal expédié depuis le Pérou. Le 8 juin 1708, une flotte de 18 navires quitte le port de Carthagène pour entreprendre la traversée vers l’Espagne. Ce voyage s’inscrit dans un climat géopolitique sous tension, marqué par la guerre de Succession d’Espagne.

Le convoi est intercepté par une escadre composée de cinq navires de guerre britanniques. Une violente bataille au canon s’engage alors entre les flottes rivales, les tirs britanniques frappant directement le navire espagnol de 150 pieds de long.

L’affrontement connaît un dénouement foudroyant lorsque les projectiles atteignent les réserves de poudre à canon du San Jose. L’explosion qui s’ensuit disloque la structure du galion, l’entraînant immédiatement vers les profondeurs marines avec l’intégralité de sa richesse inestimable.

Selon la source : popularmechanics.com

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