Aller au contenu
Des explorateurs océaniques découvrent une montagne sous-marine secrète… puis d’étranges créatures apparaissent
Crédit: Courtesy of the Schmidt Ocean Institute

Une ascension impossible au cœur de l’océan

credit : Courtesy of the Schmidt Ocean Institute

L’ascension du mont Olympe en Grèce représente un exploit accompli par plus d’un million de personnes. Réaliser cette même prouesse sous la surface de l’eau relève de l’impossible à l’heure actuelle, mais une récente découverte vient raviver l’imagination des explorateurs marins.

Au cours d’une expédition de 28 jours menée à la fin de l’été 2024, une équipe d’océanographes dirigée par le Schmidt Ocean Institute a mis au jour une montagne sous-marine massive dans les profondeurs de l’océan Pacifique. L’équipage naviguait à bord du navire de recherche Falkor (too), un nom fantaisiste inspiré du célèbre dragon de la chance du film L’Histoire sans fin.

Cette formation géologique atteint une hauteur vertigineuse de 3 109 mètres. Selon un communiqué de presse de l’institut, ce sommet immergé dépasse de 200 mètres le mont Olympe, mesuré de la base au sommet. À l’échelle urbaine, cette élévation représente environ quatre fois la taille du plus haut bâtiment du monde, le Burj Khalifa situé à Dubaï.

Cartographie numérique d’un monde enfoui

credit : lanature.ca (image IA)

La découverte a eu lieu le long de la dorsale de Nazca, une région abritant toute une chaîne de montagnes sous-marines, située à environ 900 milles à l’ouest de la côte chilienne. Pour repérer ce pic dépassant tous les autres, l’équipage a utilisé un système de sonar fixé sous la coque du navire, permettant de cartographier numériquement la zone avec une grande précision.

« Les ondes sonores descendent et rebondissent sur la surface, et nous mesurons le temps qu’il leur faut pour revenir et être mesurées. À partir de là, nous obtenons une très bonne idée (de la topographie des fonds marins) », a expliqué Jyotika Virmani, directrice exécutive de l’institut, lors d’un entretien accordé à CNN.

La surface de la Terre est recouverte à 71 % par les fonds marins. Pourtant, seulement 26 % de cette vaste étendue a été cartographiée avec un niveau de résolution élevé, en incluant les données de cette récente mission. Outre ce sommet principal, les océanographes ont étudié neuf autres caractéristiques de la région. Ils ont notamment observé un jardin de corail tentaculaire s’étendant sur la taille de trois courts de tennis, situé sur une montagne voisine plus petite.

Des jardins antiques explorés par les robots

credit : Courtesy of the Schmidt Ocean Institute

Les pentes rocheuses des montagnes de la dorsale de Nazca, à l’image d’autres reliefs similaires à travers les océans, offrent un habitat idéal pour d’anciens jardins de coraux et d’éponges. La vie marine peut s’y développer en restant largement à l’abri des perturbations. Afin d’explorer ces zones inaccessibles à l’homme, les chercheurs ont déployé un robot sous-marin pour accompagner leur travail de cartographie.

Cette approche technologique a permis de faire des découvertes fauniques majeures. L’équipe a pu observer un calmar Promachoteuthis. Cette espèce s’avère si rare que toutes les connaissances préalables à son sujet provenaient d’une petite poignée de spécimens collectés à la fin des années 1800.

« Les monts sous-marins du Pacifique Sud-Est abritent une diversité biologique remarquable », a déclaré Alex David Rogers, directeur scientifique d’Ocean Census, dans un communiqué de presse publié par le Schmidt Ocean Institute.

Pieuvres fantomatiques et créatures extravagantes

credit : lanature.ca (image IA)

Les observations biologiques ne se sont pas arrêtées aux calmars d’un autre siècle. Les chercheurs ont croisé la route d’une pieuvre Caspar. Il s’agit de la toute première apparition confirmée de ce céphalopode particulier dans les eaux du sud de l’océan Pacifique.

Le robot a ensuite capturé les images de siphonophores Bathyphysa. Ces organismes marins aux formes curieuses sont plus couramment, et de manière plutôt ridicule, surnommés « monstres volants de spaghettis », une description qui s’avère particulièrement appropriée à leur apparence étonnante.

Cette mission correspondait à la troisième expédition de l’année 2024 menée par l’institut dans cette région spécifique des fonds marins. Lors des deux voyages précédents, les équipes de recherche avaient déjà documenté plus de 150 espèces jusqu’alors inconnues de la science.

Comprendre et protéger des écosystèmes invisibles

credit : lanature.ca (image IA)

Les scientifiques impliqués dans ces expéditions sur la dorsale de Nazca nourrissent de grandes attentes quant aux retombées de leur travail. Ils espèrent que les résultats obtenus permettront de faire avancer les politiques visant à sauvegarder ces espaces du monde naturel. Bien qu’ils échappent à notre regard quotidien, ces milieux méritent d’être protégés au même titre que les environnements terrestres visibles.

« Nous avons exploré environ 25 monts sous-marins sur les dorsales de Nazca et de Salas y Gómez », a précisé Tomer Ketter, co-scientifique en chef et technicien marin du Schmidt Ocean Institute, dans le même communiqué de presse.

« Nos découvertes soulignent la remarquable diversité de ces écosystèmes, tout en révélant simultanément les lacunes dans notre compréhension de la façon dont les écosystèmes des monts sous-marins sont interconnectés. Nous espérons que les données recueillies lors de ces expéditions aideront à informer les futures politiques, en sauvegardant ces environnements immaculés pour les générations futures », a-t-il conclu.

Selon la source : popularmechanics.com

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu