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Des archéologues ont découvert une pièce de 440 ans ayant marqué l’emplacement perdu d’une colonie condamnée
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une fondation figée dans le temps

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Au sud extrême du Chili, une pièce de monnaie de cérémonie en argent est restée dissimulée sous la première pierre d’une église pendant 440 ans. Cet objet avait été déposé avec précaution lors de la fondation de la colonie espagnole nommée Rey Don Felipe. Le navigateur espagnol et fondateur de la colonie, Pedro Sarmiento de Gamboa, avait placé cet artefact à cet endroit précis le 25 mars 1584.

Cette fondation n’a pas vu la lumière du jour depuis lors, jusqu’à ce qu’une équipe d’archéologues la découvre récemment. La trouvaille offre désormais aux chercheurs l’opportunité d’éclairer l’histoire de cet établissement disparu depuis longtemps. Ces spécialistes espèrent que cette monnaie apportera de nouvelles données sur la création de ce lieu fondé dans des conditions extrêmes.

Les enjeux stratégiques et la fin tragique du campement

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L’établissement de Rey Don Felipe s’inscrivait dans un contexte de querelles entre les Espagnols et les Anglais concernant le contrôle de l’Amérique du Sud. La découverte d’un passage à la pointe sud du continent représentait pour ces deux nations une opportunité d’assurer une position stratégique avantageuse. Les Espagnols ont alors revendiqué les terres situées des deux côtés du détroit pour y créer leur colonie.

L’existence de ce campement établi « aux confins de la Terre » fut de courte durée. La pièce déposée n’a apporté aucune fortune aux 350 colons présents sur place. La grande majorité d’entre eux a perdu la vie en l’espace de quelques années, l’établissement subsistant moins de trois ans face aux conditions rudes du site.

Environ trois ans plus tard, le navigateur anglais Thomas Cavendish a exploré cette même zone. Face à la destruction des habitants du campement, il a rebaptisé le site Puerto del Hambre, nom signifiant « Port de la Famine ». Le lieu est ensuite lentement tombé dans l’oubli historique. Le Musée historique national précise à ce sujet : « Pendant des siècles, l’emplacement exact de sa fondation est resté une simple référence dans les documents historiques. »

Une localisation validée par des technologies de pointe

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La redécouverte du site a nécessité l’intervention d’une équipe dédiée d’archéologues. Ces chercheurs ont eu recours à des systèmes de géolocalisation de haute précision couplés à une détection de métaux avancée. Cette approche visait à cartographier l’ensemble de la zone pour mettre en évidence les emplacements justifiant des fouilles approfondies.

L’un des points identifiés par ces équipements contenait la fameuse pièce. L’objet a été localisé directement dans les vestiges de l’église fondatrice du campement vieux de 440 ans. Il reposait sur une pierre, exactement là où Pedro Sarmiento de Gamboa l’avait déposé lors de l’inauguration de la colonie.

Une déclaration conjointe traduite, émanant du Centre d’études historiques et des sciences humaines du Chili et de l’Université australe du Chili, décrit les circonstances de cette exhumation : « Le plus impressionnant, c’est qu’elle a été découverte à l’endroit et dans la position exacts décrits par Sarmiento dans ses écrits sur le détroit de Magellan : reposant sur la surface d’une pierre à l’intérieur de la petite église qu’ils avaient construite. »

Les caractéristiques d’une devise à portée mondiale

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L’artefact mis au jour est une pièce en argent connue sous l’appellation de « real de a ocho ». Elle a été frappée à Potosi, une ville minière située dans l’actuelle Bolivie. Ses deux faces présentent des gravures distinctes : une croix de Jérusalem d’un côté et les armoiries de Philippe II de l’autre.

Cette monnaie est identifiée par les experts comme l’une des toutes premières devises véritablement mondiales. À cette époque, elle circulait de manière courante à travers l’Europe, les Amériques et l’Asie. Pedro Sarmiento de Gamboa avait documenté par écrit le dépôt de cette pièce lors de la création de la ville, consignant cet acte officiel.

La précision des textes laissés par le navigateur espagnol n’en est pas à sa première confirmation. En 2019, des archéologues s’étaient déjà appuyés sur ses écrits pour localiser deux canons en bronze sur le site de la colonie. La découverte de cette pièce de cérémonie en argent vient renforcer de manière matérielle l’exactitude de ses archives.

De nouvelles perspectives pour l’exploration du site

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La récupération de cette pièce de monnaie marque un point de départ inédit pour l’exploration de Rey Don Felipe. L’équipe de chercheurs prévoit d’étudier l’histoire des autres structures du site. Leurs investigations se porteront notamment sur les maisons et les zones de stockage, dont certaines figurent sur une carte datant du 16e siècle parvenue jusqu’à notre époque.

Soledad Gonzalez Diaz, chercheuse principale du projet et historienne à l’Université Bernardo O’Higgins de Santiago, s’est exprimée auprès du média Live Science au sujet de cette avancée. Elle déclare : « Cette découverte offre un point de convergence rare et puissant entre les sources écrites et les preuves archéologiques. »

L’historienne ajoute une dimension structurelle aux recherches en cours. Elle complète son analyse en indiquant que la trouvaille « aide non seulement à confirmer l’emplacement et la disposition des structures clés au sein de l’établissement, mais ouvre de nouvelles possibilités pour reconstruire l’organisation spatiale [de celui-ci]. »

Selon la source : popularmechanics.com

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