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Référendum au Québec : cette peur qui empêche de poser les vraies questions
Crédit: lanature.ca (image IA)

La question qui revient, encore et encore

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C’est devenu une sorte de rituel médiatique. Dès que Paul St-Pierre Plamondon se présente devant un micro, la question tombe, inévitable : pourquoi s’obstiner à vouloir un référendum alors que la population, sondages à l’appui, n’en semble pas désireuse ? La suggestion sous-jacente est claire et souvent formulée sans détour : le chef du Parti Québécois pourrait s’assurer une majorité écrasante en octobre s’il renonçait à cette idée. Pourquoi un tel entêtement ?

Cette interrogation répétée soulève une question plus large sur le rôle d’un homme politique. Doit-il défendre ses convictions profondes ou doit-il se conformer à l’injonction des enquêtes d’opinion ? À force d’être posée en boucle, la question initiale finit par solidifier une perception. Un résultat de sondage, par nature circonstanciel, se métamorphose en une vérité quasi religieuse, une certitude éternelle : les Québécois ne voudraient pas de référendum. Un point c’est tout.

Cette mécanique médiatique installe l’idée que ce refus serait immuable, comme s’il était impossible qu’il puisse un jour changer. Le débat semble clos avant même d’avoir commencé, figé par la force de la répétition.

L’obsession qui n’en est pas une

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Cette focalisation constante sur le processus référendaire donne l’impression que Paul St-Pierre Plamondon serait un obsédé du sujet. Pourtant, en y regardant de plus près, il en parle finalement très peu. Lorsqu’il aborde la question nationale, son discours se concentre bien davantage sur le fond, c’est-à-dire l’indépendance elle-même, que sur la forme, le référendum.

Mais un conditionnement collectif, nourri par ce qui est décrit comme une propagande fédéraliste, semble avoir pris le dessus. Un réflexe de peur s’est installé. Le simple mot « référendum » est désormais associé à un moment terrifiant, voire catastrophique. Un événement dont un esprit de responsabilité commanderait de s’éloigner à tout prix.

Le référendum, un bouclier contre les vrais enjeux

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L’évocation du référendum devient alors un outil pratique. Elle permettrait aux politiciens qualifiés de « lâches » de se dérober face à une question pourtant simple : pourquoi le Québec ne devrait-il pas être pleinement maître de son destin ? Cette stratégie de l’évitement permet d’esquiver une série d’interrogations fondamentales sur la place du Québec au sein de la fédération canadienne.

Plusieurs de ces questions restent ainsi sans réponse. Pourquoi Ottawa devrait-il décider de l’usage des ressources québécoises ? Pourquoi le Québec doit-il faire valider par la Cour suprême fédérale les lois adoptées par son Assemblée nationale ? Ces questions de fond sont balayées par la simple évocation du spectre référendaire. Le débat se déplace sur le terrain de l’émotion et de la peur plutôt que sur celui des arguments.

La discussion s’étend même à des considérations sociales et culturelles. Les politiciens se sentent-ils encore au Québec lorsqu’ils visitent Montréal, une métropole perçue comme de plus en plus anglicisée ? Ont-ils envie que Laval suive le même chemin que Montréal, et que les banlieues du « 450 » s’alignent ensuite sur Laval ? La grande ruse du « pas de référendum » sert, dans cette analyse, à fuir le réel. Il est donc suggéré qu’il faudrait déconstruire cette mécanique qui fabrique une peur collective et installe un interdit politique absolu.

Le Canada, un miroir inversé ?

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Une autre méthode serait employée par le « régime canadien et ses sbires » pour contrer l’idée d’indépendance : celle de la procrastination éternelle. L’idée serait d’admettre que, oui, peut-être, un jour, on en reparlera. Mais pas maintenant. Ni demain, ni après-demain. Car ce n’est jamais le bon moment.

Pour illustrer ce propos, une comparaison est établie avec le Canada lui-même. Si le Canada imaginait sa propre souveraineté menacée par les États-Unis (une hypothèse jugée peu probable par l’auteur, qui précise « ce qui n’est pas le cas, mais passons »), dirait-il : « je défendrai ma souveraineté plus tard, pour l’instant, je dois m’occuper du coût de l’essence, des routes défoncées, ou des autres problèmes qui relèvent partout sur terre de la vie ordinaire des sociétés » ? La réponse est non.

Le Canada défend sa souveraineté sans attendre, car il la considère comme un bien essentiel, le plus important de tous. Cette attitude contraste vivement avec celle qui serait attendue du Québec, suggérant un traitement différencié.

Se libérer d’un débat falsifié

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Cette différence de traitement amène à une conclusion : les Québécois seraient apparemment considérés comme différents du reste de l’humanité. On semble prêt à leur concéder une certaine autonomie, et même ce qui est qualifié de « nationalisme champêtre », mais pas un véritable pays. L’indépendance totale serait perçue comme un projet trop grand pour eux, alors même qu’elle est considérée comme fondamentale pour les autres peuples.

Face à ce constat, un appel est lancé. Il s’agit de se libérer de ce qui est décrit comme un débat public falsifié. L’objectif final serait de permettre au Québec de retrouver sa propre réalité, loin des peurs fabriquées et des faux-fuyants politiques.

Selon la source : journaldemontreal.com

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