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Pourquoi 6 vaccins ne sont plus recommandés pour les enfants
Crédit: shutterstock / freepik

Un virage radical dans la politique vaccinale américaine

lanature.ca (image IA)

Le système de santé américain connaît une transformation notable depuis le changement de présidence. Dans le cadre de son second mandat débuté en janvier 2025, Donald Trump a initié plusieurs réformes impactant le secteur scientifique et médical, de la reclassification du cannabis à la nomination d’un responsable de la santé controversé.

Une nouvelle étape majeure vient d’être franchie. Le gouvernement a annoncé qu’il ne recommanderait plus six des dix-sept vaccins pédiatriques jusqu’alors préconisés. Cette décision, portée par une personnalité publiquement sceptique à l’égard de la vaccination, suscite une vive inquiétude. D’autant plus que, selon les publications du CDC (Centers for Disease Control and Prevention), trois des vaccins désormais écartés ont permis d’éviter près de 2 millions d’hospitalisations et plus de 90 000 décès au cours des trois dernières décennies.

La justification officielle : s’aligner sur les autres nations

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La nouvelle liste de recommandations a été publiée par le CDC le lundi 5 janvier. La décision ferait suite à une évaluation des risques des médicaments et à une volonté de « prise de décision clinique partagée » entre parents et médecins. Le Département de la Santé et des Services sociaux a précisé que ces changements découlaient d’un « examen scientifique des données sous-jacentes, comparant le calendrier de vaccination des enfants et adolescents américains avec ceux des nations développées homologues ».

Le président Trump a qualifié ce choix comme étant « enraciné dans l’étalon-or de la science ». De son côté, le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, Robert Kennedy Jr., a déclaré : « Nous alignons le calendrier vaccinal américain pour les enfants sur le consensus international tout en renforçant la transparence et le consentement éclairé ». Le département affirme avoir comparé les États-Unis à 20 pays, dont la Grande-Bretagne, le Canada, le Danemark et l’Australie, révélant que le programme américain comportait plus de doses et de vaccins. L’objectif était de se rapprocher du modèle danois, qui recommande la vaccination contre 10 maladies.

Quels sont les vaccins concernés par ce changement ?

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À partir de 2026, six vaccins ne seront plus recommandés de manière généralisée pour les enfants. Selon le CDC, il s’agit des vaccins contre l’hépatite A, l’hépatite B, la grippe (influenza), les méningococcies, le rotavirus et le virus respiratoire syncytial (VRS).

Les vaccins qui resteront largement recommandés pour tous les enfants sont ceux protégeant contre la rougeole, les oreillons, la rubéole, la polio, la coqueluche, le tétanos, la diphtérie, l’Haemophilus influenzae de type B (Hib), les pneumococcies, le papillomavirus humain (HPV) et la varicelle. Cependant, des exceptions sont prévues.

Pour les enfants présentant des facteurs de risque élevés, les vaccins contre le virus respiratoire syncytial (VRS), l’hépatite A, l’hépatite B, la dengue, ainsi que les méningocoques ACWY et B seront toujours proposés. Par ailleurs, les vaccins contre la Covid-19, la grippe et le rotavirus pourront être administrés à la discrétion des parents et des médecins.

Une levée de boucliers du corps médical

Cette révision du calendrier vaccinal a déclenché une vague de critiques de la part des professionnels de santé, qui s’alarment des conséquences potentielles. L’Académie Américaine de Pédiatrie (American Academy of Pediatrics) a qualifié la décision de « dangereuse et inutile », comme le rapporte la BBC. Le ton est encore plus grave chez certains praticiens.

« Ils vont ramener la souffrance et la mort », a déclaré le Dr Sean O’Leary au journal The Times. « Je ne dis pas cela avec la moindre hyperbole, c’est exactement ce qui va se passer. » Un sentiment partagé par le Dr Nada Mallick, doublement certifiée en pédiatrie générale et en soins intensifs pédiatriques à l’Hôpital National pour Enfants. Interrogée par le New York Post, elle s’est inquiétée des virus hivernaux potentiellement mortels pour les enfants : « Cela soulève des préoccupations de santé publique — en particulier pour la grippe et le VRS — alors que nous entrons dans le pic de la saison hivernale, où les infections respiratoires sont déjà en augmentation ».

Critique de la comparaison : « Les États-Unis ne sont pas le Danemark »

L’argument central du gouvernement, basé sur la comparaison avec le Danemark (un pays de 6 millions d’habitants face aux 340 millions d’Américains), a été vivement critiqué. Le Dr Andrew D. Racine, président de l’Académie Américaine de Pédiatrie, a exprimé son désaccord sans détour. « Les États-Unis ne sont pas le Danemark, et il n’y a aucune raison d’imposer le calendrier de vaccination danois aux familles américaines. L’Amérique est un pays unique, et la population, l’infrastructure de santé publique et le risque de maladie du Danemark diffèrent grandement des nôtres », a-t-il affirmé.

Le Dr Racine a poursuivi en soulignant les risques d’une telle décision. « À une époque où les parents, les pédiatres et le public recherchent des orientations claires et des informations précises, cette décision malavisée sèmera davantage de chaos et de confusion et érodera la confiance dans les vaccinations. » Il a conclu par une phrase sans appel : « Ce n’est pas ainsi que l’on rendra notre pays plus sain. »

Selon la source : apnews.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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