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Après l’échec avec Washington, l’Iran se tourne vers Poutine : les dessous d’une rencontre cruciale
Crédit: Kremlin.ru, CC BY 4.0 , via Wikimedia Commons

Moscou-Téhéran : un rendez-vous au sommet

credit : lanature.ca (image IA)

Dans un contexte de tensions internationales exacerbées, le président russe Vladimir Poutine s’apprête à recevoir lundi le chef de la diplomatie iranienne. Cette rencontre s’inscrit dans une intense activité diplomatique menée par l’Iran pour consolider ses soutiens, notamment face à Washington. L’annonce a été faite par le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, et rapportée par l’agence de presse Tass.

Ce face-à-face intervient près de trois semaines après l’instauration d’un cessez-le-feu qui a mis fin à quarante jours de combats opposant l’Iran à Israël, allié des États-Unis. Moscou se positionne ainsi comme l’un des principaux appuis de la République islamique. Selon l’ambassadeur d’Iran, Kazem Jalali, qui s’est exprimé sur le réseau social X, cette rencontre se déroulera à Saint-Pétersbourg, une information que l’agence russe n’a cependant pas confirmée.

L’ambassadeur a souligné que l’Iran et la Russie présentaient « un front uni » face aux « forces hégémoniques mondiales » qui s’opposent aux pays aspirant « à un monde exempt d’unilatéralisme et de domination occidentale ». Une déclaration qui ancre cette visite dans une logique de bloc contre l’influence américaine.

L’intense ballet diplomatique du ministre iranien

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credit : Hossein Zohrevand, Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

Avant de se rendre en Russie, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a multiplié les contacts. Son périple a débuté vendredi à Islamabad, au Pakistan, pays qui joue un rôle de médiateur avec Washington. Il y a rencontré le puissant chef de l’armée, Asim Munir, ainsi que le Premier ministre, Shehbaz Sharif. Un rendez-vous avec des émissaires américains, qui semblait un temps envisagé, ne s’est finalement pas concrétisé.

Poursuivant sa tournée, Abbas Araghchi s’est ensuite envolé pour Oman, où il s’est entretenu avec le sultan Haitham ben Tariq. Leurs discussions ont notamment porté sur le détroit d’Ormuz, actuellement sous un double blocus iranien et américain. « En tant que seuls États riverains d’Ormuz, nous nous sommes focalisés sur les moyens d’assurer un transit sûr, dans l’intérêt de tous nos chers voisins et du monde entier », a écrit le ministre sur X après cette entrevue.

Le ministre iranien a également eu un échange téléphonique avec son homologue turc, Hakan Fidan, avant de retourner au Pakistan, puis de prendre la direction de la Russie dimanche. Selon l’agence de presse iranienne Fars, Téhéran aurait profité de ces échanges pour transmettre, via le Pakistan, des « messages écrits » à Washington. Ces messages définiraient les « lignes rouges » de l’Iran concernant son programme nucléaire et la situation dans le détroit d’Ormuz.

Washington affiche sa fermeté

credit : lanature.ca (image IA)

Face à cette offensive diplomatique, la position de Washington reste inflexible. Les tentatives de relance des discussions, ébauchées début avril dans la capitale pakistanaise, se sont pour l’instant heurtées à la fermeté affichée par les deux camps. Un signe tangible de ce blocage : le président américain Donald Trump a annulé samedi le déplacement prévu au Pakistan de son gendre Jared Kushner et de son envoyé spécial Steve Witkoff.

Interrogé dimanche sur la chaîne Fox News, Donald Trump a été très clair sur sa stratégie. « J’ai dit que nous n’allions plus faire » de négociations directes avec l’Iran, a-t-il déclaré. Il a ensuite lancé un message direct aux dirigeants iraniens : « S’ils veulent parler, ils peuvent venir vers nous, ou ils peuvent nous appeler, nous avons de très bonnes lignes téléphoniques sécurisées ».

Concernant le conflit, le président américain s’est montré confiant, ajoutant : « Nous avons fait du très bon boulot, cela va se terminer bientôt, et nous serons très victorieueux ». Par ailleurs, samedi soir, alors qu’il assistait au gala annuel des correspondants de la Maison-Blanche à Washington, Donald Trump a écarté tout lien entre la guerre et l’irruption d’un homme armé lors de l’événement.

Le détroit d’Ormuz, point névralgique des tensions

credit : lanature.ca (image IA)

Le détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce mondial, est au cœur des crispations. Avant le conflit, 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) de la planète transitaient par ce passage stratégique. Aujourd’hui, il est soumis à un double blocus imposé par les belligérants, paralysant une partie du trafic.

Dans ce contexte, l’armée américaine a annoncé avoir intercepté en mer d’Arabie un navire naviguant sous sanctions « pour des activités liées au transport de produits énergétiques iraniens ». Le bâtiment a été contraint de faire « demi-tour vers l’Iran sous escorte ». Selon le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, un total de « 37 navires ont été redirigés depuis le début du blocus » américain des ports iraniens.

La réponse de Téhéran ne s’est pas fait attendre. Le commandement des forces armées iraniennes a menacé les États-Unis d’une riposte militaire en cas de poursuite de ce qu’il qualifie d’actes de « piraterie ». La situation maritime reste donc explosive, chaque manœuvre pouvant être interprétée comme une provocation.

Au Liban, un cessez-le-feu de plus en plus fragile

credit : lanature.ca (image IA)

Pendant que la diplomatie s’active, la situation sur le front libanais demeure précaire. Des frappes israéliennes menées dans le sud du pays ont fait 14 morts, constituant le bilan quotidien le plus lourd depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu il y a neuf jours. Le ministère de la Santé libanais a précisé que deux enfants figuraient parmi les victimes et que 37 autres personnes avaient été blessées.

De son côté, l’armée israélienne a rapporté la mort d’un de ses soldats et les blessures de six autres lors de combats au Liban. Les deux camps se rejettent la responsabilité de cette escalade. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a accusé le Hezbollah pro-iranien de saper la trêve. « Les violations du Hezbollah démantèlent de fait le cessez-le-feu », a-t-il affirmé. Le mouvement chiite a rejeté ces accusations, assurant qu’il continuerait à riposter aux « violations continues » d’Israël.

Cette trêve, dont Donald Trump avait annoncé jeudi la prolongation pour trois semaines, semble donc particulièrement fragile. Depuis la réouverture des hostilités par le Hezbollah le 2 mars, le Liban a recensé plus de 2500 personnes tuées par les opérations israéliennes. Depuis le début du cessez-le-feu, le 17 avril, au moins 36 personnes ont perdu la vie.

Selon la source : tvanouvelles.ca

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